Archives de Catégorie: Tous azimuts

La chaîne de Belledonne enneigée

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Vendredi soir dernier, la chaîne de Belledonne émerge de la brume…

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Classé dans Tous azimuts, Déclic, La photo de la semaine

Ni loi, ni travail

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Sur les murs de Grenoble, près de l’arrêt de tram Chavant. Une version moderne du « Ni Dieu, ni maître » ?

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Du nègre littéraire au ghostwriting

Ghostwriter

Crédit photo : Fotolia | TwilightArtPictures

Vous connaissez les « nègres littéraires » bien sûr ? Ceux qui prêtent leur plume en cachant leur nom pour permettre à d’autres de faire les paons avec de fausses plumes ! Sans doute l’Académie française pourrait-elle envisager de changer cette expression un peu trop teintée de colonialisme. Passons sur ce point.

Mais savez-vous qu’il existe aussi le terme « Métis » pour désigner la même pratique ou presque ? La différence réside dans le fait que le nom du « métis » en question apparaît dans le livre, sur la couverture ou sur la page de garde. Sorte d’entre-deux, entre dire clairement et ne pas dire. Enfin, ces dernières années ont vu l’apparition en France d’un terme anglais : le « ghostwriting ». Il est issu du mot « Ghost » qui signifie fantôme et du verbe « write », écrire. Une sorte d’écriture ou d’écrivain fantôme. Ce terme est surtout utilisé dans le milieu des entreprises pharmaceutiques et dans le monde médical. Il désigne là aussi des publications signées par de grands noms, des chercheurs, des scientifiques. Mais ces derniers n’en sont pas les auteurs et surtout sont rémunérés juste pour prêter leur nom. Une façon pour les entreprises pharmaceutiques de s’acheter une crédibilité. Concernant des études pharmaceutiques dont l’objectif est en règle générale de démontrer que tel ou tel produit est efficace ou que tel ou tel produit est totalement inoffensif pour la santé comme, par exemple, dans l’affaire du Glyphosate, la pratique est un peu plus gênante voire carrément scandaleuse.

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Numéro Une de Tonie Marshall

Numéro Une de Tonie Marshall

La quarantaine, ingénieure, Emmanuelle Blachey mène une brillante carrière chez le géant de l’énergie, jusqu’à accéder au comité exécutif. Un jour, elle est contactée par un réseau de femmes d’influence qui lui propose de l’aider à prendre la tête d’une entreprise du CAC 40, faisant ainsi d’elle la première femme à un tel poste. La proposition est tentante mais en acceptant cette dernière, Emmanuelle Blachey, pourtant rompue à l’exercice des hautes sphères aussi politiques que médiocres, ne sait pas qu’elle s’est engagée dans une guerre qui ne dit pas son nom.

Excellent film que ce Numéro Une qui montre à la fois l’envers du décor de ces entreprises-pieuvres tout comme le machisme ambiant qui y règne. Emmanuelle Devos, décidément excellente, y campe une femme intelligente, sensible qui semble prendre conscience de ses capacités et des obstacles qu’elle a eu à franchir jusque-là au fur et à mesure des oppositions qu’elle rencontre dans cette nouvelle conquête. Mais la force de ce film réside aussi dans les seconds rôles. Les aficionados des films de Xavier Dolan apprécieront de retrouver l’une des actrices fétiches du réalisateur, Suzanne Clément, tout comme Benjamin Biolay, Sami Frey ou encore Richard Berry.

Et maintenant la bande-annonce…

 

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Au revoir là-haut d’Albert Dupontel

 

Au-revoir-là-haut-Credit Laurent Lufroy-photo-JérômePrébois

Copyright : L. Lufroy | Photo :J. Prébois

 

Adapté du roman éponyme de Pierre Lemaître, Au revoir là-haut d’Albert Dupontel narre l’arnaque aux monuments aux morts de deux anciens Poilus, ressuscités des tranchées. L’un, Albert, est aide-comptable, l’autre, Édouard, issu d’une famille bourgeoise, dessine. Si le premier ne retrouve à son retour ni sa femme, ni son travail, le second, à qui il manque le bas du visage, refuse de rentrer chez lui où l’attend son père avec qui il a un vieux contentieux, et sa sœur.

Les critiques ne sont pas tendres avec le dernier film d’Albert Dupontel. Et pourtant ! Albert Dupontel parvient à merveille à embarquer le spectateur dans la vie de ces deux hommes que rien ne prédestinait à se rencontrer et qu’un champ de bataille et les horreurs de la guerre vont lier à jamais. Plus que les décors ou la supposée « gloutonnerie esthétique » d’Albert Dupontel, je veux retenir de ce film la belle histoire d’amitié qu’il raconte, la dénonciation – une fois de plus – de la boucherie qu’a été la guerre de 14-18 et le peu de soutien que ces jeunes gens, convoqués sous les drapeaux sans avoir leur mot à dire, ont reçu à leur retour. Le tout est très bien interprété, tant les premiers rôles que les seconds avec un Niels Arestrup, dans le rôle du père d’Édouard, comme toujours excellent. Et toujours cette tendresse infinie et touchante d’Albert Dupontel pour les gens de peu.

Pour voir la bande-annonce…

 

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Vous reprendrez bien un peu de Stax ?

Hier, France Inter a célébré les 60 ans du légendaire label Stax, concurrent de la Motown dans les années 60-70, tous deux valorisant la musique noire américaine.

En ce mardi matin tout frissonnant, je vous propose d’écouter Walk on by d’Isaac Hayes, que vous connaissez très certainement.

Et si cela ne vous suffit pas ou si vous voulez découvrir ou redécouvrir les titres produits par Stax, voici une play-list de 50 titres concoctée, en juillet dernier, par Djubaka et Jean-Baptiste Audibert, de la maison France Inter. Un vrai bonheur pour les oreilles et pour le reste du corps. Allez, c’est le moment de prendre une pause !

Walk on by, Isaac Hayes

 

Pour la play-list, c’est ici.

 

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Et soudain, la liberté d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent

Et soudain, la liberté Evelyne Pisier-Caroline Laurent

Évelyne Pisier est décédée le 9 février dernier. C’est pourtant son livre que je viens de lire, un formidable livre qu’elle avait commencé à réécrire sous une forme romanesque avec l’aide de sa jeune éditrice, Caroline Laurent. Toutes deux se sont rencontrées au cours du dernier trimestre 2016. À ce moment-là, la première approche de ses 75 ans. La seconde a tout juste 28 ans. Entre les deux – et il y a aussi quelque chose de formidablement romanesque dans leur rencontre – comme une évidence. Parce que l’amitié ne se soucie pas de l’âge.

Alors, quand Évelyne Pisier tire sa révérence, c’est Caroline qui reprend le flambeau et termine ce qu’elles avaient commencé à quatre mains. Et le résultat est bouleversant.

L’histoire d’Évelyne Pisier, sœur aînée de l’actrice Marie-France Pisier, est tout simplement incroyable et témoigne d’une époque tout aussi incroyable : de la fin des colonies françaises à nos jours, en passant par la révolution cubaine, Mai 68, le combat pour les droits des femmes. En parallèle, s’y ajoute ce que Caroline Laurent a appris, compris à travers sa relation, d’abord de travail et très vite d’amitié, avec Évelyne Pisier. Elle y raconte aussi la résonance que la vie d’Évelyne Pisier a avec la sienne, même à près d’un demi-siècle d’écart.

L’écriture est sensible et l’on se laisse emporter par cette histoire de femmes indépendantes et engagées, une histoire virevoltante, dramatique et joyeuse à la fois que le titre de ce roman nous laisse présager avant même d’avoir lu la quatrième de couverture.

Extrait, page 13 : « Ce devait être un rendez-vous professionnel, un simple rendez-vous, comme j’en ai souvent. Rencontrer un auteur que je veux publier, partager l’urgence brûlante, formidable, que son texte a suscitée en moi. Puis donner des indications précises : creuser ici, resserrer là, incarner, restructurer, approfondir, épurer.

Certains éditeurs sont des contemplatifs. Doigts longs et fins de sélénite ; esprit apaisé ; jardin zen et râteau miniature. J’appartenais à l’autre famille, celles des éditeurs garagistes, heureux de plonger leurs mains dans le ventre des moteurs, de les sortir tachées d’huile et de cambouis, d’y retourner voir avec la caisse à outils. Mais là, ce n’était pas n’importe quel texte, et encore moins n’importe quel auteur.

Sur mon bureau encombré de documents et de stylos était posé le manuscrit annoté. Pour une fois, ce n’étaient ni le style ni la construction qui avaient retenu mon attention mais bien la femme que j’avais vue derrière. En refermant l’ouvrage, une sensation étrange s’était mise à ondoyer en moi, de mon cœur à ma tête, de ma tête à mon cœur ; boule de feu aux contours bleutés. L’intuition de la rencontre à venir sans doute. J’ai ramassé mon courage pour l’appeler, « Allô ? », répondu sans respirer : « Allô bonjour madame Pisier ? »

Sa voix rauque était chaude ; enveloppante. Plus je lui parlais, plus ma peur se déliait, se détendait, comme on le dit d’un tissu trop raide ; devenait adrénaline. Son récit m’avait bouleversée. Elle était étonnée, n’y croyait vraiment pas, « ah bon ? ah bon ? », j’avais l’impression de voir ses doutes se matérialiser devant moi et étrangement, chacun d’entre eux renforçait ma détermination. Il fallait faire de cette histoire un livre. Nous nous sommes donné rendez-vous pour le vendredi suivant. Avant de raccrocher, j’ai senti qu’elle souriait au bout du fil. » Caroline Laurent.

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