Archives de Catégorie: Tous azimuts

L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May

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En Écosse, un policier est envoyé sur l’île sur laquelle il a grandi afin de prêter main forte aux policiers sur place dans le cadre d’une enquête dont la mise en scène en rappelle une autre sur laquelle il travaille à Édimbourg.

Premier tome de cette trilogie écossaise, L’île des chasseurs d’oiseaux est un polar bien ficelé et très documenté qui entraîne le lecteur dans une Écosse aux rites ancestraux qui se chauffe à la tourbe, parle encore le gaélique et pratique le sabbat chrétien. Dans une atmosphère humide et brumeuse, Peter May perd le lecteur sur de fausses pistes, l’intrigue par des dialogues sibyllins et lui assène le coup de grâce à la toute fin, dans une scène qu’on imagine volontiers sur grand écran. Et l’on s’accroche à son livre comme à l’éperon d’une falaise pour ne pas tomber à notre tour.

Magistral !

Paru en 2009, L’île des chasseurs d’oiseaux peut se lire séparément des deux autres livres que sont L’homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu, quand bien même le lecteur y retrouve le policier Fin Macleod.

Extrait, page 98 : « Fin remontait la route en direction du village. Le vent lui soufflait doucement dans le visage. Il jeta un coup d’œil en bas de la colline et vit, au loin, Gunn qui se dirigeait vers Port of Ness pour récupérer la voiture. Il sentit quelques gouttes de pluie, mais le ciel, bien que menaçant, était déjà en train de se dégager et il se dit qu’en fait, il n’allait peut-être pas pleuvoir.

On avait beau être en août, quelqu’un avait allumé un feu. La brise lui amenait l’odeur caractéristique de la tourbe en train de se consumer, riche, à la senteur fumée. Cela le ramena vingt, trente ans en arrière. Il trouvait cela extraordinaire de voir à quel point il avait changé pendant cette période alors qu’ici, là où il avait grandi, presque rien n’avait changé. Il avait l’impression d’être un fantôme hantant son propre passé, errant dans les rues de son enfance. Il s’attendait presque à se voir, accompagné d’Artair, surgir au coin de la rue à côté de l’église, juchés sur leurs bicyclettes en direction du Bazar au pied de la colline, pour y dépenser leur argent de poche du samedi. » Peter May.

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Barbara de Mathieu Amalric

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Amateurs et amatrices de biographies sagement ordonnancées, méthodiquement cadrées, agencées, orchestrées, n’allez pas voir Barbara. Vous risqueriez d’être profondément déçus !

Plus qu’à la vie de l’artiste c’est à sa personnalité que Mathieu Amalric s’intéresse. Et le résultat est prodigieux et troublant tant, à un moment donné, le spectateur ne sait plus qui de la vraie – le film comporte des extraits de tournées de Barbara – ou de la fausse – Jeanne Balibar interprète le rôle d’une actrice, Brigitte, à qui l’on demande de tenir le rôle de Barbara… construction en abîme, résultat vertigineux – est la véritable Barbara, celle qui a tout donné à son public. De l’histoire de sa vie, on apprend peu de choses mais qu’importe, Barbara est là, sous nos yeux, ses chansons aussi et son interprétation toujours aussi poignante. Chacun y retrouvera les souvenirs qui lui sont propres de « Il pleut sur Nantes » à « L’aigle noir » en passant par « Dis, quand reviendras-tu ? » et « Göttingen » en version allemande s’il vous plaît.

Pour voir la bande-annonce, c’est par là :

Pour le plaisir, Barbara en 1962 :

 

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The system only dreams in total darkness de The National

À découvrir ce matin, le magnifique morceau The system only dreams in total darkness du groupe américain The National, issu de leur dernier album Sleep Well Beast, tout aussi magnifique. Guitares affutées, percussions bien dosées, piano et voix envoûtants. Un album intense qui fait jaillir toutes sortes d’émotions. Bref, un album qui nous renvoie à notre condition d’être humain : fort et fragile à la fois.

 

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Bella ciao

En cette journée de mobilisation contre l’inique loi Travail que beaucoup essaient de vendre aux salariés comme une avancée sans précédent propre à redonner un coup de « booster » à la France dont le redémarrage économique tarde à venir, je vous propose d’écouter Bella Ciao. Mais pas la version connue des partisans. Plutôt celle interprétée, a cappella s’il vous plaît, par l’inclassable Juliette en octobre 2016 sur les ondes de France Inter dans l’émission d’Augustin Trapenard. Il s’agit de la version des Mondine, ces ouvrières journalières italiennes qui travaillaient toute la journée dans les rizières, pieds nus, l’eau jusqu’aux genoux et le dos courbé. Bref, des conditions tout à fait idéales !

Moment de grâce sur le plateau de France Inter. Merci Juliette !

Enfin, je tiens à disposition de tous ceux (qu’ils soient pour, contre ou indifférents à cette loi) qui le demanderont le très intéressant article de Dan Israel et Manuel Jardinaud, journalistes à Mediapart, publié le 2 septembre dernier et intitulé « Loi travail : ce que le gouvernement fait aux salariés ». Qu’on ne s’y trompe pas, la loi Travail ne redonnera pas du souffle à la France sur le plan économique. En revanche, elle fragilisera un peu plus les salariés. Merci Manu ! Ne descends pas tout de suite…

 

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État de siège #2

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11 septembre 2017 · 6 h 03 min

État de siège #1

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10 septembre 2017 · 20 h 40 min

120 battements par minute de Robin Campillo

120 battements par minute

Grand prix du Festival de Cannes 2017, 120 battements par minute retrace les années d’activisme politique d’Act Up Paris au début de la décennie 90 alors même que le sida fait des ravages et qu’aucun gouvernement ne daigne réellement s’intéresser à cette pandémie. Pandémie dont beaucoup estiment, à l’époque, qu’elle ne concerne qu’une catégorie de personnes (gays, toxicos, prostituées) vivant en marge de la société. En parallèle, Robin Campillo met en scène la rencontre, lors d’une des réunions hebdomadaires de l’association, de Sean et Nathan. L’un est séropositif, l’autre pas.

Honni par les uns qui le trouve trop lacrymal et stéréotypé, encensé par les autres, 120 battement par minute ne peut sans doute laisser personne indifférent. Personnellement, je suis ressortie du cinéma dans un état de sidération. 120 battements par minute a l’intérêt de témoigner d’une époque – pas si lointaine – où la sexualité entre personnes du même sexe était taboue et de mettre en lumière des « invisibles » aux yeux d’une société soi-disant bien-pensante. Vingt-sept ans plus tard, la société a un peu évolué mais pas tant que cela, les gays sont un peu plus visibles – encore que là aussi, il existe une différence entre les hommes et les femmes -, sans doute un peu mieux acceptés – bien que cela dépende des milieux -, des programmes de prévention ont été mis en place – du moins dans les pays développés -, les recherches sur le sida ont progressé. La maladie continue cependant de tuer 2 millions de personnes chaque année.

Pour voir la bande-annonce…

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