Et PRAF dans ta gu… !

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Crédit photo : Fotolia | Cécile02

PRAF ! C’est l’acronyme du jour ou plutôt de ces deux derniers jours puisque sa visibilité soudaine coïncide avec la sortie du livre du politologue Brice Teinturier. Les PRAF désignent, pour l’auteur, ceux qui n’en ont « Plus Rien À Faire » voire, dans un langage un peu plus trivial, « Plus Rien À Foutre ». De quoi ? D’une parole politique vide de sens ne sachant que promettre sans jamais tenir, d’un système démocratique à bout de souffle que d’aucuns qualifient de plus en plus souvent de « démocrature »… Ce qui en dit long sur la manière dont fonctionneraient la France et ses élites. Des PRAF donc, qui seraient de plus en plus nombreux et dont le vote ou le non vote pourrait avoir une importance cruciale lors de la prochaine élection présidentielle.

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Incroyable presse !

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À voir jusqu’au 25 mars à la bibliothèque d’étude et du patrimoine de Grenoble (celle qui se trouve près de l’arrêt de tram Chavant) l’exposition Incroyable presse, une histoire mouvementée entre liberté et censure.

Une exposition très bien construite sur l’histoire de la presse écrite française d’information générale, de sa naissance au 17e siècle avec La Gazette, l’un des plus anciens journaux publiés en France (fondé par Théophraste Renaudot avec l’appui de Richelieu) à nos jours. Histoire complexe, riche, d’une presse écrite flirtant avec les hommes de pouvoir selon les époques et les titres, cible de la censure, tantôt honnie, tantôt sanctifiée. Une presse qui n’a cessé de se réinventer au fil des évolutions technologiques.

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Ma banquière…

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Certains font le mur, d’autres écrivent dessus. Plutôt que de les raser, la tête dans les épaules et les yeux rivés au sol, je les photographie. Pour, peut-être, donner de l’écho à ce murmure…

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Les demeurées de Jeanne Benameur

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La Varienne et Luce. Luce et La Varienne. La mère et la fille. La fille et la mère. Un bloc d’amour brut. Comme un diamant tout juste sorti de la mine. Au village, tout le monde surnomme la Varienne, « la demeurée ». Sa fille l’est donc aussi pensent les « bonnes gens ». Qu’importe, La Varienne et Luce vivent très bien comme elles sont et n’ont pas besoin des autres. Entre elles, tout passe par les sens : les odeurs, les couleurs, le toucher… Peu d’échanges verbaux, peu d’échanges de regards mais quelque chose de fusionnel, de viscéral. Un jour pourtant, La Varienne s’entend dire que l’école est obligatoire et que Luce doit y aller. Et c’est à Mademoiselle Solange que revient la tâche d’instruire Luce. Pour la mère et la fille, c’est un déchirement. Luce va d’abord résister. S’instruire c’est trahir sa mère, entrer dans un monde qu’elle ne connaît pas. Mais les mots sont entrés en elle…

Magnifique livre de Jeanne Benameur. Un livre ramassé en 81 pages d’une puissance incroyable, à l’écriture brute un peu comme l’histoire de La Varienne et de Luce. Histoire d’un amour fusionnel à la fois nourrissant et destructeur, histoire d’un apprentissage de l’ouverture au monde par la lecture et l’écriture. Les mots sont vivants. On en ressort éreinté et bouleversé.

Extrait, page 36 : « Mademoiselle Solange a poussé la porte de la maison. Jamais cette porte n’a eu de clef. Jamais personne d’autre qu’elles deux ne l’a ouverte.

L’institutrice est au seuil de ce monde. Immobile.

Elle a un sourire que Luce ne lui a jamais vu, le sourire de qui s’excuse. La Varienne reste plantée à la fenêtre comme si tout danger ne pouvait venir que de là. Luce est venue la tirer par son tablier. Elle l’entraîne vers la porte ouverte. C’est le geste de fermer qui pousse le bras de la femme mais ce corps présent, là, dans l’ouverture, la stupéfie.

L’institutrice franchit le seuil.

Elle s’adresse à Luce, n’ose pas faire autrement. C’est une salutation. Luce se tait.

Mademoiselle Solange regarde La Varienne, elle demande si elle peut s’asseoir, elle a des choses importantes à dire, cela va prendre un peu de temps, elle espère ne pas déranger mais c’est très important… Elle parle encore. La voix est douce, insistante. Personne ne lui répond.

La petite finit par tirer une chaise.

Mademoiselle Solange s’assoit.

Dans ses yeux, l’étroitesse du logis se mesure. La maison n’est plus la maison. Comment le sera-t-elle encore un jour ? Quelqu’un est entré. » Jeanne Benameur.

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À la romaine, la cuisine de la Dolce Vita d’Eleonora Galasso

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Vous aimez l’Italie et en particulier Rome ? Vous aimez cuisiner ? Alors vous aimerez ce magnifique livre de cuisine italienne et notamment romaine. Des recettes – du petit-déjeuner au creux de minuit – qui ne nécessitent pas des ingrédients à n’en plus finir – et pas seulement des plats de pâtes -, des photos signées David Loftus qui magnifient ces dernières ainsi que la ville éternelle et ses traditions. Chaque recette est précédée d’un texte donnant à mieux connaître la culture italienne qu’elle soit culinaire ou non. Un vrai bonheur pour les yeux, la tête et les papilles qui vous donne juste envie de partir à Rome !

Extrait, page 79 pour la recette « Fritta di spaghetti » : « À Rome, « qui n’se butta gniente » signifie « on ne jette rien ici ». Jadis, pour le déjeuner, on posait au centre de la table un énorme plat de spaghetti al sugo, en sauce, pour rassasier tout le monde. Les restes éventuels revivaient sous forme de frittata. Glissée entre deux tranches de pain, la frittata di spaghetti, quintessence de ces petits plats, constitue un excellent sandwich à pique-nique (comme les pains rosettes de la page 69) : le panino con la frittata est un classique romain depuis des décennies.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur Eleonora Galasso et ce qu’elle fait, vous pouvez aussi consulter son blog, ici et si la recette de Frittata di spaghetti vous intéresse, écrivez-moi !

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Ce qui ne se dit jamais

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D’un promontoire même s’il n’est pas de terre, regarder devant, regarder au loin, regarder la vie qui bat, s’époumone et vibre. Saisir chaque instant, respirer à suffoquer, savourer chaque seconde comme si c’était la dernière, regarder et comprendre l’autre dans sa vérité et sa nudité la plus entière et lui dire l’essentiel. Ce qui ne se dit jamais ou si peu et qui se nomme amour.

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Le détroit du Loup d’Olivier Truc

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Laponie norvégienne. Détroit du Loup. Alors que le printemps pointe doucement ses bourgeons et que les heures d’ensoleillement n’en finissent plus de s’allonger, les éleveurs de rennes se préparent à faire traverser le détroit du Loup à leurs bêtes. Mais c’est soudain l’accident. Erik Steggo, jeune éleveur, se noie dans le tourbillon créé par la ronde des rennes au beau milieu du détroit. Un accident ? Vraiment ? Et si la mort d’Erik Steggo servait une autre cause comme celle des groupes pétroliers cherchant absolument à s’approprier les terres sur lesquelles paissent les troupeaux de rennes ? Et si la mort du maire d’Hammerfest avait un lien avec celle de l’éleveur ? Autant de questions que Klemet et Nina, deux membres de la police des rennes, vont très vite se poser…

J’ai retrouvé avec grand plaisir les héros du précédent livre écrit par Olivier Truc, Le dernier lapon, ainsi que l’atmosphère si particulière qui règne au-dessus du cercle polaire. Le rythme est toujours aussi lent mais l’intrigue est bien menée et permet aux lecteurs de découvrir et de comprendre tant la culture sami que les intérêts économiques et financiers qui se jouent dans cette partie du globe où la bêtise le dispute à la cupidité.

Un très bon roman à lire bien calé dans un canapé, loin de toute zone de turbulence, pour en apprécier la profondeur.

Extrait, page 36 : « Ils trouvèrent facilement Anneli, même si la marche dans la neige molle les fatigua. La jeune femme surveillait seule ses bêtes. Elle est presque plus blonde que moi, remarqua Nina avec étonnement. Elle avait de longs cheveux raides tombant sous les épaules, des lèvres charnues et de jolies pommettes. Le vent leur battait le visage. Anneli se tenait sur un rocher surplombant la petite vallée tachetée de bouleaux nains. Elle marqua un léger étonnement en voyant les policiers arriver, mais en même temps elle savait bien que la police des rennes allait toujours se renseigner quand des troupeaux étaient en retard ou en avance sur les périodes de transhumance. Une façon de prévenir les conflits entre éleveurs pour des questions d’accès aux pâturages. Anneli leur fit signe, d’un air enjoué. Quand ils furent assez près, elle chuchota d’un air plein d’excitation, leur faisant signe de s’approcher encore jusqu’au rocher.

– Regardez, une femelle va mettre bas.

On y voyait encore bien. Nina attrapa les jumelles et elle assista au précieux moment. Klemet était resté en retrait. Nina devrait se charger d’annoncer la nouvelle à la jeune femme.

– Le souffle du vidda appelle les jeunes rennes à la vie, murmurait Anneli tout à côté de Nina.

La policière voyait le jeune faon s’ébrouer, maladroit sur ses fines pattes. Elle sentait le souffle de la jeune femme dans son oreille.

– La sève ancestrale les traverse déjà, tu vois comme d’instinct ils trouvent leur mère et comment leur mère d’instinct s’inquiète déjà. Sais-tu qu’une mère apeurée abandonne son petit ? Le silence est leur premier voile de tendresse. Toute la magie de la vie se joue en cet instant.

Doux et purs, pensait Nina, émue par les mots d’Anneli. Le moment n’en était que plus insupportable. Elle se retourna vers Klemet, tapi dans l’ombre. Il lui fit un signe de la tête. Nina prit délicatement la main d’Anneli, et elle lui raconta. » Olivier Truc.

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