Se croire sorti de la cuisse de Jupiter

Ça ne vous aura pas échappé : le prénom Jupiter est revenu à la mode ! Et je prendrais bien le pari que dans neuf mois, les services d’état-civil constateront une recrudescence de petits Jupiter…Pas sûr que cela favorise la croissance économique de la France et la baisse du chômage. Mais bon, passons.

Jupiter donc. Jupiter et sa cuisse ! Mais qu’a-t-elle donc ? En fait, Jupiter, dieu romain, qui n’est autre que Zeus dans la mythologie grecque, aime à « glisser l’accordéon dans le valseur » (si je puis me permettre cette expression argotique !) et si possible avec des humains. Oui des humains ! Je vous rappelle que Jupiter-Zeus est un dieu donc pas un humain. De son accouplement avec Sémélé, l’une des filles du fondateur de Thèbes, naît Dionysos. Enfin, pas tout à fait encore, puisque la femme de Zeus, Hera, folle de jalousie, va voir Sémélé et lui soutient que Zeus n’est, en réalité, pas un dieu mais un horrible monstre. La pécheresse, étant enceinte, s’en inquiète et demande très vite à Zeus de se montrer dans sa nudité (à l’époque il ne devait pas y avoir de lumière, il est donc tout à fait probable que Zeus ait « ébouriffé le chignon » de madame dans le noir !), histoire de vérifier à qui elle a ou a eu à faire ! Sûr de sa toute puissance, Zeus s’exécute, faisant alors jaillir tout autour de lui une myriade d’éclairs que Sémélé ne peut supporter. Tant et si bien qu’elle finit par brûler vive. Heureusement Zeus réussit à extirper l’enfant en gestation dans le ventre de sa mère et ne sachant où le mettre, le place … dans sa cuisse ! Et c’est ainsi que naquit quelques mois plus tard Dionysos de la cuisse de Zeus-Jupiter !

Avec un tel passif, on comprend mieux pourquoi ceux qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter manquent totalement d’humilité. Non, c’est vrai, quoi ! Un peu de compassion dans ce monde de brutes !

Pour le plaisir, la bande-annonce du film de Philippe de Broca, On a volé la cuisse de Jupiter, avec Philippe Noiret et Annie Girardot, 1978, tant de souvenirs !

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Ascenseur pour l’échafaud, Miles Davis

Je n’ai guère écouté les hommages rendus à Jeanne Moreau hier. Pas envie. C’est par la musique de Miles Davis que j’ai connu Jeanne Moreau et le film qui l’a révélée. Bien des années plus tard, je l’ai retrouvée dans le film de Luc Besson, Nikita (1990), où elle interprète, Amande, une femme d’un certain âge qui va ré-apprendre à Nikita, jouée par Anne Parillaud, l’art de la féminité. J’ai gardé en mémoire une ou deux citations de ce film qui ont spontanément rejailli hier, avec la voix si caractéristique de Jeanne Moreau, bien sûr : « Il y a deux choses qui sont sans limite, la féminité et les moyens d’en abuser » ou encore, Amande s’adressant à Nikita, lors de leur première rencontre : « Ma chère enfant pour le moment vous ne ressemblez pas à grand-chose. […] mais si nos efforts sont répétés et mutuels, et si le ciel nous est clément, nous finirons sûrement par vous donner forme humaine, étape intermédiaire et néanmoins nécessaire avant de devenir l’essentiel de l’homme : une femme ».

Pour le plaisir des oreilles et en souvenir de Jeanne Moreau :

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Espèce d’idiome !

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Quand vient l’été, les journaux papier s’allègent quelque peu… comme si l’actualité se mettait elle-même en congés ! Les quotidiens nationaux et régionaux doivent pourtant sortir chaque jour. C’est l’occasion pour eux de proposer des articles et des angles un peu différents… dont cette rubrique, dans le journal Le Monde, « Espèce d’idiome » tenue par Muriel Gilbert, correctrice dans le quotidien et auteure de Que votre moustache pousse comme la broussaille ! Expressions des peuples, génie des langues aux éditions Ateliers Henry Dougier, paru en 2016. Hier, elle a offert aux lecteurs du Monde des variantes colorées des expressions « Prendre la poudre d’escampette » et « Pétaouchnok ». Le Français utilise cette dernière expression pour désigner un endroit lointain, très lointain, aussi loin que possible. De temps à autre, il en change pour dire la même chose avec les expressions « Tataouine », « Diable vauvert » ou encore « Trifouillis-les-Oies ». Le Belge dit plutôt : « Houte-si-Plou » ou « Macapète » alors que l’Espagnol part loin « là où Jésus-Christ perdit le béret », le béret pouvant se muer en « soulier », « pantoufle » ou « briquet ». Dans le même esprit, le Chilien dit qu’il va « là où le diable a perdu son poncho ». Et le Québécois, que dit-il ? Qu’il s’en va à « Saint-Profond-des-Meumeu ». Poétique, non ?

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Fendre l’armure d’Anna Gavalda

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Anna Gavalda revient sur les étals des libraires avec non pas une mais sept histoires. Sept histoires écrites à la première personne du singulier. Sept histoires de gens ordinaires, c’est-à-dire de personnes dans lesquelles les lecteurs que nous sommes – dans le métro, le bus, le train, sur le canapé, au fond d’un lit, dans une salle d’attente – peuvent se reconnaître. Certains sont un peu plus cabossés par la vie que d’autres, tous ont quelque chose d’infiniment touchant et c’est précisément ce qui m’a plu dans ces sept nouvelles. Comme l’histoire – La maquisarde – de ces deux femmes qui se rencontrent dans un bar. L’une est veuve, l’autre aime un homme marié, ou encore l’histoire – Le fantassin – de cet homme d’affaires que sa femme quitte parce qu’il n’est jamais là, trop accaparé par son travail, et qui, un soir, dans un hôtel à Séoul, évoque Louis son voisin de pallier. Il y a de l’humanité dans ces nouvelles, de l’empathie, sans pour autant tomber dans le pathos. Bien sûr, les détracteurs de toujours d’Anna Gavalda s’en sont donné à cœur joie. Certains avec une telle hargne – Eric Chevillard dans Le Monde – qu’on en vient à s’interroger sur les ressorts de cette animosité. Serait-il jaloux du succès qu’Anna Gavalda aura assurément avec ce livre ?

Extrait, page 188 : « Louis. Me revoilà. Plusieurs mois ont passé et me revoilà aujourd’hui plus calme et moins grossier, mais je me pose toujours les mêmes questions, vous savez… Je me pose les mêmes questions et j’en arrive toujours à la même conclusion : vous me manquez l’ami. Vous me manquez terriblement. Comment aurais-je pu imaginer que vous me manqueriez autant ? Ce n’est pas une expression, je ne dis pas « Vous me manquez » comme je viendrais me plaindre à vous d’un manque de sommeil, de soleil, de courage ou de temps, je vous le dis comme s’il me manquait une part de moi-même. La meilleure peut-être. La seule paisible et la plus bienveillante. La mieux veillante. Vous me veillez aujourd’hui comme vous aviez veillé sur moi il y a deux ans. Deux ans, Louis, deux ans. Comment est-ce possible ? D’avoir mis tant de vie dans si peu de jours …»

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A nickel and a nail de Don Bryant

À découvrir en ce vendredi soir qui fleure bon les vacances ce magnifique morceau de Don Bryant, A nickel and a nail, issu de l’album Don’t give up on love (Ne renonce pas à l’amour). De la soul du sud des États-Unis comme on les aime, mélange de gospel et de blues, rappelant tout à la fois Otis Redding et Al Green. Sorti au printemps dernier, cet album est le deuxième de la carrière musicale de Don Bryant, 75 ans depuis le mois d’avril (respect !). Le premier est sorti en 1969. Un album qu’il dédie à sa femme, la chanteuse Ann Peeble.

 Allez, arrêtez tout et laissez-vous cueillir par ce morceau à la sensualité exacerbée.

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De l’éditeur au lecteur

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Reçu ce jour par La Poste directement de l’éditeur, l’excellent La Clé à molette à Montbéliard, au lecteur, le quatrième opus de Frédérique Germanaud, après La Chambre d’écho, Quatre-vingt-dix motifs et Vianet. Plaisir à venir certain.

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Lyon, une ville à vivre

Ce soir, aux alentours de 21h00. En traversant le Rhône.

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