Archives de Tag: Eric Fottorino

America

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4 numéros par an pendant 4 ans. C’est ce que nous proposent Eric Fottorino, fondateur du journal Le 1 et François Busnel, journaliste, critique littéraire, producteur et animateur de l’émission La Grande Librairie avec le magazine America. A chaque fois, 192 pages d’enquêtes, de reportages et d’entretiens écrites par des auteurs américains et français pour découvrir, analyser, mieux comprendre l’Amérique de Donald Trump.

C’est dès maintenant en kiosque et en librairie à 19€ le numéro.

Et pour accompagner ce billet, je vous propose d’écouter l’un des magnifiques morceaux du groupe de folk rock américano-britannique des années 70, America, I need you, issu de l’album America sorti en 1971. Une pépite !

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Qui contrôle les médias ?

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C’est la question que pose l’hebdomadaire Le 1 sorti ce 23 novembre. Encore une fois un excellent numéro qui brosse un portrait édifiant de la presse de 2016 aux mains de ceux qui ont de l’argent et le pouvoir qui va avec.

Avec les regards éclairés et sans concession de Julia Cagé, économiste, Michel Onfray, philosophe, Denis Jeambar, ex-directeur de L’Express, Philippe Kieffer, journaliste et producteur, Aude Lancelin, journaliste, Patrick Eveno, historien et bien sûr les chroniques d’Eric Fottorino, Robert Solé et Laurent Greilsamer. En kiosque jusqu’à mercredi prochain !

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Le marcheur de Fès d’Éric Fottorino

Couverture Le Marcheur de Fès d'Eric FottorinoDans le Fès de 2013, Éric Fottorino marche dans les pas de son père naturel. Ce dernier aurait dû être du voyage pour lui montrer l’endroit où il a grandi, le mellah, le quartier juif, entrelacements de ruelles d’où s’échappent des senteurs d’épices, des appels à la prière, l’odeur âcre des peaux de bêtes qu’on nettoie de leur chair pour, plus tard, en faire du cuir. Mais Maurice Maman, autrefois Moshé-Moïse le Fassi, est rongé par le cancer. Il correspond donc par mail, depuis la France, avec Éric Fottorino, lui indiquant qui aller voir sur place, répondant aux questions que son fils, à la recherche de ses origines, lui pose. Un beau récit qui dit tout l’amour que porte l’auteur à son père, ce « père juif » repoussé par sa belle-famille catholique de Bordeaux qui l’empêcha d’élever son fils.

Extrait, page 13 : « Le marcheur de Fès, ce devait être toi. Ce sera moi. Je vais marcher plus vite, moins profond. Tu vas me guider à distance. Je t’enverrais de petits films, des photos. À mon tour de te chuchoter des histoires pour t’en rappeler d’autres. Ce sera sans doute inutile. La Fès qui vit dans ton souvenir n’existe plus. C’est étrange d’aller seul dans la ville où tu as fait tes premiers pas, maintenant que ton corps te lâche.

Je vais marcher pour toi, par procuration. Traverser le vieux mellah où Moshe-Moïse le Fassi est devenu Maurice le Français. Comme tous les tiens. C’est l’itinéraire d’une envie de France. Moins d’un kilomètre sépare le mellah de la ville nouvelle. Une marche vers l’Occident. Le contraire d’une marche forcée ou d’une longue marche. Une marche de rien du tout. Un petit kilomètre pour une vie rêvée puis réinventée entre deux mondes qui s’éloignaient l’un de l’autre, le Maroc et la France, les Juifs et les Musulmans. Déjà je sens la présence de ton père Mardochée, de ton grand-père Yahia le Berbère, qui épousa jadis Zohra Cohen, la nièce du grand rabbin Serfati de Fès. Je sais qu’il n’existe plus un seul juif au mellah, seulement des cicatrices à l’embrasure des portes, là où étaient jadis fixés les mezouza – ou plutôt les mezouzot, au pluriel – en signe de prière et de paix. On les retrouve entassées en vrac sur les tables poussiéreuses du musée attenant au cimetière, aux portes du mellah. » Éric Fottorino.

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Le n°1 du 1 est sorti !

Quel plaisir ce matin à 7h de me rendre chez le marchand de journaux pour lui demander s’il a reçu Le 1. La réponse a d’abord été « non, je ne crois pas » et puis finalement « si ! ». Après m’être acquittée de 2,80 euros, je monte dans le bus avec le journal sous le bras, tout excitée à l’idée de découvrir le dernier né de la presse française. Je ne suis pas déçue. D’abord son format : une seule feuille, 820 x 620 mm, un beau bébé plié en trois, à la mise en page aérée, permettant de « circuler » comme on l’entend et la présence photographique de Raymond Depardon. Un seul thème pour ce numéro selon la ligne éditoriale fixée par Eric Fottorino et son équipe et non des moindres : « La France fait-elle encore rêver ? ».

Pour répondre à cette question, des articles et témoignages de Costa Gavras, Andreï Makine, Radu Mihaileanu, Tahar Ben Jelloun, Erik Orsenna, J.M.G Le Clézio et bien d’autres encore ! Des textes littéraires et de la poésie. Bref, des plumes, des points de vue et des angles étayés, nourris à la cuillère d’une expérience personnelle, éclairés d’une lumière puissante mais non aveuglante et les mots d’Éric Fottorino.

Voici son édito, qu’il a choisi de ne pas placer en Une et qui ne vient pas se caler dans une rubrique intitulée platement « Éditorial » mais « Chose dite ». Ce court texte a pour titre « Expliquer c’est déplier ».

« C’est émouvant, un journal. Le bruit qu’il fait. Son toucher. Un journal tout neuf qui se déploie comme un oiseau sur sa grande aile de papier. Un journal pour aller loin. Avec de bons compagnons. Ce journal j’en ai rêvé. Avec Laurent Greilsamer et Natalie Thiriez, avec Henry Hermand. Comme dans Les Trois Mousquetaires, au début nous étions quatre. Des amoureux de presse, d’idées, de découvertes. Remplis de notre envie de raconter le monde pour mieux le comprendre. Cette feuille va prendre son envol, chargée de mots et d’émotions.

Chaque semaine, nous nous proposons d’éclairer un grand thème de l’actualité, à notre façon. Conscient que la racine latine d’expliquer n’est autre que… déplier. Un dépliage tout en littérature et en poésie, en philosophie, en anthropologie, en histoire et en géographie, en chiffres et en lettres. Déplier, c’est ouvrir. Voilà notre engagement : explorer toutes les facettes du réel.

Dans notre époque où le présent ne souffre ni passé ni avenir, le 1, se propose d’étirer le temps. Il veut offrir un espace de profondeur et de calme, accomplir l’unité du savoir, marier le sensible et le rationnel. Le 1 est un journal de questionnements. Tout ne s’explique pas, mais tout s’interroge. Les journaux informent. Le 1 se fait fort d’inspirer. Dans une approche instructive et non exhaustive. Donner des idées au lecteur, lui laisser le soin de se forger sa propre opinion. C’est notre offre, notre main ouverte, notre réponse à la vitesse qui égare et fait perdre connaissance » Éric Fottorino, directeur de la publication du 1.

Un seul regret, mineur : en plongeant littéralement mon nez dans le journal, je m’attendais à humer la senteur caractéristique du papier imprimé tout juste sorti des presses. Le 1 ne sent rien mais fleure bon le renouveau ! Merci Éric Fottorino !

pour en savoir plus sur Le 1 : http://www.le1hebdo.fr/

Pour voir le film du 1 :

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Eric Fottorino lance son journal papier

Crédit photo : Sati - Fotolia

Crédit photo : Sati – Fotolia

L’information est tombée cette semaine et il y a de quoi se réjouir ! Eric Fottorino, l’ancien directeur du journal Le Monde lancera, le 9 avril prochain, un nouvel hebdomadaire d’information, « Le 1 ». Romancier, homme de presse, Eric Fottorino, dans une interview au magazine L’Express parue le 11 mars dernier, dit ne pas accepter le déclin du papier et la fatalité du « tout numérique ». A la fragmentation de l’information, il oppose le sens et le retour à l’unité. D’où la création d’un nouvel hebdomadaire dont l’ambition est de se concentrer sur un seul et unique sujet. Il ajoute : « Le 1 se veut un journal décloisonné, transversal, sans rubriques, qui s’adresse à des lecteurs exigeants, à des gens qui ne se satisfont pas, ne se soucient pas, de l’écume du temps. Et qui acceptent que la vérité puisse être multiple, avoir plusieurs visages. Qui acceptent, également, que l’on mette sur le même pied le rationnel et le sensible, l’objectif et le subjectif. Bref, un journal d’idées, mais pas un journal d’opinion ».

Quant à l’objet lui-même, il pèsera 45 grammes, aura une pagination resserrée, un papier de qualité – chouette ! -, sera édité à 250 000 exemplaires et sera vendu en kiosque au prix de 2,80 euros. Seul le format est inconnu à ce jour mais Eric Fottorino promet un format inédit dans la presse mondiale !

Rendez-vous le 9 avril !

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Caresse de rouge d’Eric Fottorino

Couverture Caresse de rouge-Eric FottorinoDécidément Eric Fottorino a de la ressource !

Beau et effroyable livre que ce Caresse de rouge, l’histoire d’un homme, Félix Maresco, devenu père, puis rapidement père célibataire, mais qui ne sait comment s’y prendre parce que lui-même n’a jamais eu de modèle sous les yeux. Page après page, le lecteur découvre son apprentissage, ses bonheurs, ses peurs, ses doutes et sa souffrance aussi puisque son petit Colin, trois ans, a été fauché par un chauffard. Ce sont donc ses souvenirs que Félix convoque, ravivés par la disparition, dans un incendie, d’une jeune femme et de son enfant, alors qu’il est venu faire un état des lieux en tant qu’assureur. Lui qui avait soigneusement enfoui sa douleur se retrouve face à elle, sous le regard cru de ses collaborateurs et de ses voisins. Totalement ravagé.

Comme toujours, l’écriture d’Eric Fottorino est d’une précision chirurgicale, d’un rythme haletant, à la manière d’un polar. Fottorino fouille, tranche, sonde, déloge les peurs et les angoisses d’une plume acérée. Et ce n’est pas la seule ressemblance avec le polar. La fin est aussi stupéfiante qu’atroce.

Extrait, page 85 : « C’est difficile de tuer un dimanche. Avant, j’adorais le dimanche. Le croissant du matin, les courses chez le poissonnier. Sur le visage de mon fils, je lisais tous les horizons joyeux que lui ouvrait ma commande rituelle : un filet de Colin. Qu’il pût se changer en poisson, qu’un saumon blanc de l’Atlantique portât son prénom, voilà qui le remplissait d’une intense fierté. Sitôt englouti son colin-citron, nous partions à l’assaut du square Réjane armés de ballons, de pelles, de moules en forme d’étoile pour sculpter le sable mouillé. S’il avait l’humeur maritime, nous filions au bassin du Luxembourg. Colin était trop petit pour guider seul un bateau miniature avec la gaule. Mais lorsqu’il se plantait devant le stand des locations avec son air intraitable, je ne résistais jamais longtemps. On s’installait sur les rebords de cet océan circulaire. Le dimanche s’écoulait à l’ombre des palmiers sortis de l’orangerie. Colin suivait des yeux son beau navire et, moi, je suivais Colin, un grand bâton à la main, anticipant le point où notre embarcation viendrait cogner la butée de pierre. Nous avions appris lui et moi à nous passer de Marie. » Eric Fottorino.

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Un territoire fragile d’Eric Fottorino

Couverture Un territoire fragile-Eric Fottorino

Que vient faire Clara Werner en Norvège, à Bergen ? Elle, dont on apprend qu’elle a vécu plusieurs années sous le soleil écrasant de la médina de Fès. Bien sûr, elle est biologiste et ses compétences intéressent fortement l’institut océanographique de Norvège. Il y a pourtant autre chose. Clara Werner fuit un passé dont elle ne veut plus rien savoir mais son corps lui n’a rien oublié et lui rappelle qu’il ne suffit pas de quitter le pays dans lequel on vit pour guérir. Dans sa souffrance et sa solitude, elle rencontre « l’accordeur ». Son métier : accorder les corps. Leur rendre vie, souplesse, les mettre, autant que possible en accord avec ceux qui les incarnent.

Une fois de plus, Eric Fottorino frappe juste, avec sensibilité, délicatesse et force. Pas un mot de trop dans ce récit qui alterne, chapitre après chapitre, les pensées de Clara Werner et celles de l’accordeur dans une Norvège glaciale.

Extrait, page 18 : « Je me souviens du corps noué de Clara Werner, au début, chaque fibre tendue à rompre. Je lui ai dit : vous devriez essayer la nage. Elle a suivi mon conseil. La nage sur le dos, avec des mouvements très lents de bras, les mains tendues vers le ciel, surtout pas les poings serrés, les mains ouvertes, les doigts déliés, en veillant aux battements réguliers des pieds, pour ne pas boire la tasse ou, pire, couler comme une pierre. […] Deux ans de ma vie, jour après jour, j’ai remodelé ce corps en rébellion. Mes mains ont repris chaque ligne, les sillons profonds, la courbe des épaules, de la nuque, l’aplat de son dos et jusqu‘à l’arc de ses lèvres, de ses sourcils, la mâture de ses jambes, ses chevilles interminables, la déclive de ses pieds. J’ai pris sa tête entre mes mains comme je l’aurais fait d’un enfant, presque surpris de ne pas rencontrer les îles flottantes du commencement, les merveilleuses fontanelles où palpite l’aube de la vie. J’ai effleuré avec la pulpe de mes doigts les raccords imparfaits de blessures anciennes et vérifié l’enseignement de mon père ; les rides du front reproduisent les lignes de l’abdomen, c’est la preuve digitale que le ventre a une âme. » Eric Fottorino.

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