Archives de Catégorie: Le mot de la semaine

Espèce d’idiome !

26072017-Mot-expression-260717

Quand vient l’été, les journaux papier s’allègent quelque peu… comme si l’actualité se mettait elle-même en congés ! Les quotidiens nationaux et régionaux doivent pourtant sortir chaque jour. C’est l’occasion pour eux de proposer des articles et des angles un peu différents… dont cette rubrique, dans le journal Le Monde, « Espèce d’idiome » tenue par Muriel Gilbert, correctrice dans le quotidien et auteure de Que votre moustache pousse comme la broussaille ! Expressions des peuples, génie des langues aux éditions Ateliers Henry Dougier, paru en 2016. Hier, elle a offert aux lecteurs du Monde des variantes colorées des expressions « Prendre la poudre d’escampette » et « Pétaouchnok ». Le Français utilise cette dernière expression pour désigner un endroit lointain, très lointain, aussi loin que possible. De temps à autre, il en change pour dire la même chose avec les expressions « Tataouine », « Diable vauvert » ou encore « Trifouillis-les-Oies ». Le Belge dit plutôt : « Houte-si-Plou » ou « Macapète » alors que l’Espagnol part loin « là où Jésus-Christ perdit le béret », le béret pouvant se muer en « soulier », « pantoufle » ou « briquet ». Dans le même esprit, le Chilien dit qu’il va « là où le diable a perdu son poncho ». Et le Québécois, que dit-il ? Qu’il s’en va à « Saint-Profond-des-Meumeu ». Poétique, non ?

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Lu dans la presse, Tous azimuts

« Taillable et corvéable à merci »

2322046f-604b-413f-a7ba-a9f68c45a560

Crédit photo : Fotolia | Sergey Nivens

Qui ne connaît pas cette expression et le sentiment fort désagréable qui s’en dégage pour qui a vécu la situation ? En entreprise notamment. Mais connaît-on son origine ?

Le mot « taillable » vient de la taille. Pas celle qu’on décline en centimètres ou en mètres mais l’impôt. Celui que les serfs devaient payer à leur seigneur. Je vous l’accorde, cela remonte à quelques années. C’était au Moyen-Age. En ce qui concerne le terme « corvéable », il se rapporte bien sûr à la corvée c’est-à-dire à des jours de travail – non payés cela s’entend – que le serf devait là encore au seigneur. Le droit du travail et les conventions collectives n’existaient pas encore.

Reste, dans notre expression du jour, les mots « à merci » qui signifie « selon le bon vouloir » parce qu’en réalité, le serf était à la merci du seigneur.

Voilà comment on obtient l’expression « être taillable et corvéable à merci » qui signifie « être exploité », « être celui ou celle à qui l’on réserve les corvées ». Cela dit, rien ne nous y oblige et savoir dire « non » est important, ne serait-ce que pour l’estime de soi !

Poster un commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Tous azimuts

Alternatif

One sharpened blue pencil among many ones

Crédit photo Fotolia | Sarote

Il fût un temps, pas si éloigné, où le mot « alternatif » ou son apocope « alter » était prometteur de quelque chose de nouveau, de différent, quelque chose qui aurait pris des chemins de traverse, qui ne serait plus dans la « droite ligne du parti », qui serait tout sauf un « prêt-à-penser ». Bref, quelque chose qui donnerait à voir ce qu’il est devenu difficile de voir tant le matraquage de la même pensée unique est puissant, massif, stigmatisant pour celui ou celle qui ne pense pas pareil que le plus grand nombre. A tort ou à raison, ce mot s’est auréolé de qualificatifs positifs comme « solidaire », « humain » ou de notions qui mériteraient sans doute d’être précisées comme « anti-système », « anti-capitaliste »…

Le courant altermondialiste en témoigne tout comme celui de l’alter consommation.

C’était sans compter le vent mauvais qui souffle d’ouest en est, des rives des États-Unis à la pointe du Raz et plus loin encore dans les terres. C’était sans compter les « fake news » que Donald Trump affectionne tout comme le Front National en France et qui ont été traduits par ces termes : faits alternatifs. Les faits, différents effectivement, se parent soudain d’un voile de fausseté et de mensonge. Ils évoluent dans un monde parallèle à l’instar de ceux qui crient au complot permanent. C’en est fini de cet « alternatif » prometteur. Quel dommage alors que le mot « fake » aurait pu être traduit très différemment avec les termes « faux », « imposture », « imitation », « contrefaçon », « objet truqué »…

Poster un commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Tous azimuts

« Manterrupting »

cool grandma stands for her right

Crédit photo : Fotolia | Giorgiomtb

Derrière ce néologisme anglais, contraction du mot « man » (homme) et « interrupting » (action d’interrompre quelqu’un), se cache une habitude très masculine… Le fait d’interrompre les femmes lorsqu’elles prennent la parole. Constat basé sur une observation par-ci par-là et mu par une rage féministe précisément le 8 mars déclaré journée internationale des droits des femmes ? Point du tout.

Une série d’études – dont la première remonte à 1975 et a été menée sur le campus de l’université de Santa Barbara en Californie – montre en fait que le « manterrupting » « est une règle qui gouverne tous les échanges entre hommes et femmes, qu’ils aient lieu dans les bureaux, les cafés, les écoles ou les familles » écrit la très rigoureuse Anne Chemin, dans le supplément Idées du journal Le Monde daté du 4 mars dernier.

Un exemple facile à vérifier ? Lors du troisième débat télévisé des primaires de la droite et du centre, Nathalie Kosciusko-Morizet, loin d’être une novice en politique, a été interrompue pas moins de 27 fois contre 9 pour Alain Juppé, 10 pour Jean-François Copé, 11 pour Jean-Frédéric Poisson, 11 pour Bruno Le Maire et 12 pour François Fillon et Nicolas Sarkozy.

Une tendance qui ne s’exprimerait que dans le milieu politique ? Là encore, pas du tout ! En 2015, deux chercheurs américains, Adrienne B. Hancock et Benjamin A. Rubin, ont analysé 80 conversations entre 40 participants – 20 femmes et 20 hommes. Les sujets de conversation sont volontairement « neutres » c’est-à-dire choisis pour éviter d’emblée un « étiquetage féminin ou masculin ». Résultats publiés dans le Journal of Language and Social Psychology : au cours d’une conversation de trois minutes, les femmes interrompent les hommes une fois contre 2,6 fois pour les hommes. Même constat dans les entreprises. Les résultats – publiés en 2012 – de l’étude réalisée par l’experte en psychologie sociale américaine, Victoria L. Brescoll, qui consistait à demander à 156 personnes de noter sur une échelle de 1 à 7 la compétence, l’efficacité, l’avenir professionnel et l’aptitude au leadership de deux types de manageurs, sont édifiants. D’un côté les manageurs qui « parlent beaucoup, se mettent en avant et font volontiers état de leurs opinions personnelles ». De l’autre, ceux qui sont « discrets et s’expriment peu en réunion ». Les hommes de cette deuxième catégorie ont été jugés comme peu aptes à diriger. En revanche, ceux du premier type ont obtenu de très bonnes notes. Sans doute logique ! Oui mais non ! Car lorsque ce sont des femmes qui s’expriment beaucoup, y compris leurs opinions personnelles, elles obtiennent de très mauvaises notes alors que celles qui se montrent plus discrètes réalisent de bons scores !

Bref, la lutte pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes n’est pas terminée. Article disponible sur demande en passant par ce blog !

Et en bonus, je vous invite à consulter le très intéressant site Les Glorieuses et à acheter ou consulter le magazine Le 1 du jour intitulé « Sexisme feu sur les clichés ».

Et n’oubliez pas chères femmes du monde, aujourd’hui, votre journée se termine à 15h40 car vu la différence de salaire qui existe encore à poste égal, entre les hommes et les femmes, après 15h40, vous travaillez gratos !

1 commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Lu dans la presse, Tous azimuts

Et PRAF dans ta gu… !

pouch pen

Crédit photo : Fotolia | Cécile02

PRAF ! C’est l’acronyme du jour ou plutôt de ces deux derniers jours puisque sa visibilité soudaine coïncide avec la sortie du livre du politologue Brice Teinturier. Les PRAF désignent, pour l’auteur, ceux qui n’en ont « Plus Rien À Faire » voire, dans un langage un peu plus trivial, « Plus Rien À Foutre ». De quoi ? D’une parole politique vide de sens ne sachant que promettre sans jamais tenir, d’un système démocratique à bout de souffle que d’aucuns qualifient de plus en plus souvent de « démocrature »… Ce qui en dit long sur la manière dont fonctionneraient la France et ses élites. Des PRAF donc, qui seraient de plus en plus nombreux et dont le vote ou le non vote pourrait avoir une importance cruciale lors de la prochaine élection présidentielle.

Poster un commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Tous azimuts

Tromperie

USA Elections

Crédit photo : Fotolia | Nikola93

Selon le code de la consommation, « la tromperie désigne le fait de tromper un contractant, par quelque moyen ou procédé que ce soit, même par l’intermédiaire d’un tiers. (…). Le délit concerne généralement les rapports entre professionnels et consommateurs. Il peut toutefois s’appliquer entre particuliers ou entre professionnels.

La tromperie est une infraction intentionnelle qui suppose nécessairement la mauvaise foi de l’auteur que le juge apprécie au cas par cas en fonction des circonstances. Elle peut être déduite de toute action, allégation ou présentation susceptible de masquer la réalité, voire du fait de garder le silence sur certains défauts ou caractéristiques du produit ».

Poster un commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Tous azimuts

« Se taper des barres »

dark chocolate bars

Crédit photo : Fotolia – Jiri Hera

Cette expression argotique est apparue dans les années 2000. Principalement utilisée par les adolescents, elle signifie « rire, s’amuser » car ce sont des barres de… rires et non de shit dont parlent les ados. En même temps, le shit, ça peut aussi déclencher un fou rire ! Mais n’y voyez là aucune invitation à tester.

Mais pourquoi des « barres de rires » ? En référence à quoi ? … aux abdominaux, aussi appelés « barres de chocolat » qui se contractent lorsqu’on rit.

Poster un commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Tous azimuts