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Des amis haut placés de Donna Leon

Couverture Des amis haut placés de Donna Leon

Quel lien y a-t-il entre la visite d’un fonctionnaire du bureau du Cadastre chez le commissaire Guido Brunetti pour des questions de permis de construire de son appartement et, quelques mois plus tard, le décès soudain et violent de ce même fonctionnaire, alors que ce dernier avait tenté de reprendre contact ? C’est ce que va tenter de comprendre le policier vénitien entre trafic de drogues, corruption et usuriers ayant pignon sur rue.

Donna Leon mène une fois de plus son intrigue avec brio, ne nous délivrant le nom du coupable qu’à la toute fin. J’ai retrouvé le commissaire Brunetti avec plaisir, dans une cité des Doges printanière. La cuisine et l’art de vivre à l’italienne y sont moins présents que d’habitude mais le tout constitue un bon moment récréatif avant d’entamer le dernier livre d’Edwy Plenel intitulé Pour les musulmans.

Extrait, page 50 : « Bien avant de devenir policier, Brunetti avait renoncé à croire – s’il y avait jamais cru – aux coïncidences. Il ne savait que trop bien que les choses n’arrivaient que parce que d’autres s’étaient produites avant. Et depuis qu’il était dans la police, s’était ajoutée la conviction que les liens qu’il soupçonnait entre les événements, au moins ceux qu’il était de son devoir d’examiner, étaient rarement innocents. Franco Rossi ne lui avait guère fait d’impression, sauf lorsqu’il avait été pris de panique ou presque devant l’invitation de Brunetti à regarder la fenêtre de son voisin par-dessus le balcon, et avait levé les mains en un geste défensif. À cet instant, et seulement à cet instant, il avait cessé d’être le fonctionnaire zélé couleur muraille ne sachant que réciter les articles du règlement d’urbanisme pour devenir, aux yeux du policier, un homme comme lui-même, avec toute la faiblesse qui fait de nous des êtres humains.

Il ne crut pas une seule seconde que Rossi était tombé de l’échafaudage. Il ne perdit pas davantage de temps à envisager la possibilité que l’appel téléphonique inachevé de Rossi ait concerné un problème mineur de son service, par exemple, quelqu’un essayant de faire approuver un permis de construire obtenu illégalement ». Donna Leon.

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Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon

Couverture Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon

Alors qu’il rêve de randonnées dans le Haut-Adige et de fraîcheur diurne et nocturne par cet été caniculaire à Venise, le commissaire Guido Brunetti se trouve dans l’obligation de renoncer à ses congés pour cause de meurtre. En effet, un greffier, pourtant considéré d’une grande probité, vient d’être assassiné et Brunetti soupçonne une sordide histoire de trafic d’influence.

J’ai apprécié cette pause polar après Expiations de Ian McEwan, livre quelque peu chargé émotionnellement qui m’a longtemps habité. Le commissaire Brunetti est fidèle à lui-même, il aime toujours les bons vins et se régale de plats simples et savoureux. Venise, ses places, ses cafés où l’on déguste des tramezzini, ses marchés et ses touristes sont également toujours présentes. L’intrigue est bien menée et l’Italie, dans ses us et coutumes, toujours étonnante. Un classique !

Extrait, page 101 : « Sur le chemin de la questure, prenant une fois de plus le vaporetto pour échapper au soleil, Brunetti réfléchit à l’échange qu’il venait d’avoir avec Paola et à ce qu’elle n’avait pas dit aux enfants au cours du déjeuner. Combien de fois avait-il entendu prononcer cette phrase, « Governo ladro » ? Et combien de fois avait-il acquiescé silencieusement à l’idée qu’ils étaient gouvernés par des voleurs ? Mais au cours des dernières années, comme si ce qui leur restait de retenue et de vergogne avait été vaincu, les dirigeants du pays n’essayaient pratiquement plus de faire semblant. Et l’un de ses anciens supérieurs, le ministre de la Justice, accusé de collusion avec la Mafia, n’avait eu besoin que d’un changement de gouvernement pour que son affaire disparaisse des journaux ainsi que, pour ce que Brunetti en savait, du prétoire.

Par tempérament et par formation, Brunetti savait écouter : les gens le sentaient tout de suite et, en sa compagnie, parlaient librement et souvent même sans réserve. Au cours de l’année passée, ce qu’il avait entendu de plus en plus dans la voix des uns et des autres – dans celle d’une femme se tenant à côté de lui sur le vaporetto ou dans celle d’un homme dans un bar – était un sentiment de plus en plus fort de dégoût pour ceux qui les dirigeaient. Et peu importait qu’ils aient voté ou non pour les politiciens qu’ils vilipendaient : ils auraient été ravis de les enfermer tous sans exception dans le Parlement et d’y mettre le feu. » Donna Leon.

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L’affaire Paola de Donna Leon

Couverture l'affaire Paola de Donna LeonRevoilà notre commissaire Brunetti ! Et quelle n’est pas sa surprise lorsqu’en pleine nuit il est appelé par son équipe lui demandant de venir très rapidement en raison de l’interpellation … de sa propre femme, Paola ! Révoltée contre le tourisme sexuel que proposerait une agence de voyages située sur le Campo Manin non loin de la Piazza San Marco, cette dernière a voulu attirer l’attention du public en brisant la devanture de la boutique. Un acte qui met le commissaire dans une situation délicate, d’autant plus que Paola réitère son geste quelques nuits plus tard. L’histoire se complique un peu plus lorsque le propriétaire de l’agence de voyages est retrouvé mort, étranglé, chez lui.

Je me suis replongée avec grand plaisir dans la série que consacre Donna Leon à l’un de ses personnages fétiches, Guido Brunetti. Si l’enquête progresse lentement, au rythme des gondoles pourrait-on dire, les descriptions de Venise sont toujours aussi magnifiques. Bien sûr, l’amateur de polars noirs, au suspense haletant, n’y trouvera pas son compte mais je suis convaincue qu’il ne faut pas lire les livres de Donna Leon pour les enquêtes qu’elle met en scène mais pour tout ce qu’elle explique autour de ces dernières. De la vie à Venise au fonctionnement de l’Italie en passant par la différence de coutumes, de visions, de culture entre le nord et le sud de ce beau pays, sans oublier l’omniprésence de la mafia.

Extrait, page 41 : « Une fois dehors, il prit la direction du Rialto, suivant l’itinéraire qu’il empruntait depuis des dizaines d’années et connaissaient  par cœur. La plupart du temps, il tombait sur quelque détail qui avait le don de l’amuser, entre son domicile et la Questure : une manchette particulièrement absurde à la une des journaux, une faute d’orthographe sur l’un des T-shirts de pacotille vendus dans les kiosques placés aux deux extrémités du marché, ou bien le premier arrivage d’un légume ou d’un fruit de saison attendu depuis longtemps. Mais, ce matin-là, il ne remarqua rien de spécial ou d’amusant tandis qu’il traversait les étals, franchissait le pont du Rialto, puis s’engageait dans le dédale de ruelles qui allaient le conduire jusqu’à son lieu de travail.

Pendant une bonne partie du trajet, ses pensées tournèrent autour de Ruberti et Bellini ; il se demandait si la fidélité à leur supérieur hiérarchique, un supérieur qui les avait traités avec mansuétude et compréhension jusqu’à maintenant, allait peser plus lourd que le serment de fidélité qu’ils avaient fait à l’Etat. Il supposa que oui, mais, lorsqu’il se rendit compte qu’une telle attitude se rapprochait de l’échelle de valeurs qui avait motivé le comportement de Paola, il s’obligea à penser à autre chose, préférant même s’attarder sur ce qui allait être l’épreuve de la journée : la neuvième « des convocations du personnel » que son supérieur hiérarchique, le vice-questeur Giuseppe Patta, alias « Il Cavaliere », avait cru bon d’instituer dans son fief vénitien, depuis qu’il avait assisté à une conférence d’Interpol, à son quartier général à Lyon ». Donna Leon.

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Un Vénitien anonyme

Un Vénitien anonyme de Donna Leon

C’est dans la torpeur d’un mois d’août à Venise que nous plonge cette nouvelle enquête du commissaire Brunetti. Un beau matin, près d’un abattoir de la banlieue de Venise, à Mestre, un équarrisseur découvre le cadavre d’un travesti. Défiguré, son identification est quasi impossible et la scène de crime ne présente que peu d’indices. Aidé du sergent Vianello, Brunetti ne tardera cependant pas à découvrir que l’homme au visage défoncé n’est autre que le directeur de la Banca di Verona. Une découverte qui mènera les deux policiers dans le rude milieu de la prostitution masculine sur fond de magouille financière.

Troisième roman de la série écrite par Donna Leon, Un Vénitien anonyme n’est sans doute pas le plus palpitant. Si la fin est intéressante dans la manière dont Brunetti s’y prend pour prouver la culpabilité d’une personnalité vénitienne, l’enquête traîne en longueur et mène le lecteur d’impasse en impasse. Donna Leon a cependant merveilleusement bien retranscrit l’ambiance d’un mois d’août à Venise, entre chaleur étouffante et odeurs nauséabondes qu’exhale le Grand Canal à cette période.

Extrait, page 27 : « Lorsque Brunetti quitta la pénombre de la questure, le soleil, dehors, lui tomba dessus comme une chape de plomb. Momentanément aveuglé par la lumière et ses reflets dans le canal, il prit à tâtons ses lunettes noires et les enfila. Il n’avait pas fait cinq enjambées qu’il sentait déjà la transpiration imbiber sa chemise et couler le long de son dos. Il tourna à droite, ayant décidé sur-le-champ d’aller prendre le quatre-vingt-deux à San Zaccaria, même s’il fallait pour cela marcher au soleil pendant une bonne partie du trajet. Les calli conduisant au Rialto avaient beau être toutes dans l’ombre des hauts immeubles, il lui aurait fallu le double de temps pour s’y rendre à pied, et l’idée de passer seulement quelques minutes de plus dehors lui était insupportable.

Lorsqu’il déboucha sur la Riva degli Schiavoni, il vit un peu plus loin, sur sa gauche, le vaporetto amarré au ponton et des gens qui en descendaient. Il se trouva alors confronté à un dilemme typiquement vénitien : soit il courait pour essayer d’attraper le bateau, soit il passait dix minutes sur l’embarcadère mouvant, pris en otage par le soleil, pour attendre le suivant. Il courut. Ses pieds martelaient déjà les planches de la rampe d’accès, lorsqu’il eut une deuxième décision à prendre : s’arrêter un instant pour composter son billet à la machine jaune, à l’entrée – et prendre le risque de rater le bateau – soit embarquer directement et payer un supplément de cinq cent lires. Puis il se souvint qu’il était en mission officielle et que, par conséquent, il se déplaçait aux frais de la ville. Le petit sprint de quelques dizaine de mètres avait suffi pour qu’il se retrouve inondé de sueur, et il préféra rester sur le pont pour offrir son corps au peu de brise créée par la nonchalante progression du vaporetto sur le Grand Canal. Il regarda autour de lui et vit les touristes à demi-nus, hommes et femmes en maillot de bain ou short, portant tout au plus un tee-shirt à col ouvert ; un instant il les envia, même s’il se savait incapable de se mettre dans une telle tenue ailleurs que sur une plage ». Donna Leon.

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La petite fille de ses rêves

La petite fille de ses rêves de Donna Leon

Si nous sommes toujours à Venise dans ce nouvel épisode des aventures du commissaire Brunetti, c’est au contact de la population rom que nous emmène Donna Leon. Sans misérabilisme, l’auteure américaine plonge le lecteur dans les difficiles conditions de vie des Roms et montre le sort réservé aux gens du voyage. A Venise ou ailleurs, ils ne sont pas les bienvenus.

Un matin pluvieux, le corps sans vie d’une petite fille est repéré dans les eaux du Grand Canal. Mises à part des égratignures aux mains, l’enfant ne semble pas avoir été battue et ses vêtements ne comportent pas de déchirures pouvant laisser penser qu’elle a été agressée. Aucune plainte n’a cependant été enregistrée à la questure concernant la disparition d’une petite fille.

Contrairement à ses précédents romans mettant en scène le commissaire Brunetti, le rythme de cette intrigue est très lent. Comme si Donna Leon nous invitait à nous mettre au diapason de son héros, touché au début du roman, par le décès de sa mère. C’est donc un Brunetti plus intimiste qu’elle nous donne à connaître, entre souvenirs d’enfance et leçons de vie, entre nostalgie et fureur de vivre et de transmettre, entre incompréhension face à la mort et questionnement sur le sens de la vie. Les personnages principaux n’ont pas réponse à tout, leurs enquêtes peuvent mener à des impasses et c’est aussi ce que j’aime dans les polars de Donna Leon, outre l’ambiance vénitienne.

Extrait, page 151 : « Brunetti aurait dû être amusé d’apprendre les relations qu’entretenait la signorina Elettra avec le clergé, mais le souvenir de la fillette, qu’on n’avait toujours pas identifiée, l’en empêchait. Les morts d’enfants équivalaient au vol de dizaines d’années, à la suppression de générations entières. Chaque fois qu’il apprenait le meurtre  d’un enfant, que ce soit lors d’un crime ou d’une guerre, d’une de ces guerres futiles qui les détruisaient par centaines ou par milliers, il comptait les années qui le séparaient de l’âge de soixante-dix ans et les ajoutaient au lot des années pillées. Son propre Etat avait ainsi volé des siècles ; d’autres avaient volé des millénaires, avaient piétiné les joies que ces enfants auraient pu connaître. Même s’ils avaient vécu une vie de misère et de souffrance, ils auraient eu une vie, non pas ce néant qui, pour Brunetti, se profilait derrière la mort.

Il retourna dans son bureau et, pour passer le temps en attendant les résultats de l’autopsie, relut plus attentivement les trois journaux qu’il avait pris avec lui. Quand il eut tourné la dernière page du troisième, tout ce qui lui restait était l’idée de ces soixante années de vie volées à la fillette que Vianello avait retirée des eaux du Grand Canal ». Donna Leon.

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Mortes-eaux

Mortes-eaux de Donna Leon

Ce n’est pas à Venise qu’a lieu cette nouvelle enquête du commissaire Brunetti mais à Pellestrina, une petite île située en face de la lagune vénitienne. Deux pêcheurs y sont retrouvés poignardés dans leur bateau, qu’on a pris soin d’incendier et de couler. Arrivé rapidement sur place, Guido Brunetti ne tarde pas à comprendre qu’un code de loyauté relie tous les pêcheurs entre eux. Pas un ne parle et encore moins à la police. Le commissaire décide alors de missionner sur place et incognito, Elettra, sa secrétaire. Habituée des lieux, il pense comme cette dernière qu’elle n’aura aucun mal à obtenir des informations. C’était sous-estimer les pêcheurs de palourdes. Un polar encore une fois rondement mené et un suspense qui monte au fil des pages. Ci-dessous une étude de caractère que j’ai particulièrement appréciée, celle de la voisine fouineuse.

Extrait, page 184 : « Personne ne répondit quand il frappa aux portes des deux maisons suivantes ; manque de réaction pouvant être dû à l’absence, mais aussi à un choix réfléchi. La troisième en revanche, s’ouvrit alors qu’il avait à peine fini de frapper, et offrit ce que Brunetti crut être, sur le moment, le rêve de tout policier qui enquête : la voisine fouineuse. Il la reconnut du premier coup d’œil à ses lèvres serrées, à ses yeux scrutateurs et à sa posture, légèrement inclinée vers l’avant. Un vrai prototype. Elle avait beau ne pas se frotter les mains, elle n’en donnait pas moins l’impression, par son sourire avide, d’éprouver une grande satisfaction : enfin quelqu’un qui allait partager son horreur scandalisée des actes terribles dont ses voisins s’étaient rendus coupables. Elle avait les cheveux ramassés en un petit chignon sur la nuque, les mèches récalcitrantes étant retenues par une pommade graisseuse parfumée. Si elle présentait un visage aux traits aigus, elle était par ailleurs rondelette, sa taille et ses hanches ne faisant qu’un. Par-dessus une robe noire que l’âge et de multiples lavages avait rendue verdâtre, elle portait un tablier souillé qui, des années auparavant, avait dû présenter un motif floral ». Donna Leon.

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De sang et d’ébène

De sang et d’ébène de Donna Leon

Encore un polar rondement mené par Donna Leon et son personnage principal, le commissaire Guido Brunetti ! Au cœur de Venise, sur le Campo San Stefano, alors que des touristes affluent et se pressent pour acheter quelques souvenirs, un vendeur à la sauvette d’origine africaine est assassiné à coup de silencieux. Un travail propre, à peine audible. Et d’ailleurs personne n’a rien vu. C’est avec ces maigres indices que le commissaire Brunetti commence son enquête que le vice-questeur lui demande, à mots couverts comme à son habitude, d’abandonner. C’est mal connaître Brunetti, d’autant que ce dernier retrouve chez la victime, un réfugié sans papier, des diamants non encore taillés. Comme tous les polars écrits par Donna Leon, un roman efficace qui se lit en quelques heures !

Extrait, page 208 : « Brunetti remarqua à peine les lions lorsqu’il arriva devant les portes de l’Arsenal, et entra directement dans le bar, cherchant des yeux le visage familier. Ne voyant pas Claudio, il consulta sa montre et constata qu’il n’avait mis que six minutes pour venir de la questure. Il commanda un café et se tourna pour faire face à la porte. Au bout de cinq minutes, il aperçut enfin la silhouette du bijoutier, soutenue par une canne, se profiler sur le pont rejoignant l’Arsenal.

Au bas du pont, Claudio alla se planter devant les lions de pierre qu’il se mit à étudier tranquillement, l’un après l’autre, comme s’il voulait graver leur tête et leur forme dans sa mémoire. Après quoi il retourna au pied du pont, regarda à gauche, à travers les portes de l’Arsenal, puis vers la lagune. Il repartit ensuite le long du canal, en direction du bacino. Qui l’aurait observé distraitement aurait pensé que l’homme à la canne était un amateur d’art intéressé par le secteur de l’Arsenal ; mais pour un policier, ce même individu vérifiait s’il n’était pas suivi. Claudio fit demi-tour et se dirigea vers le bar. Quand il entra, Brunetti le laissa décider de la méthode d’approche. Il vint se placer à côté de lui, au bar, sans le saluer. Lorsque le barman se tourna vers ce nouvel arrivant, celui-ci lui commanda un thé au citron ; après quoi il tira à lui l’édition du jour du Gazzettino qui traînait sur le bar. Brunetti commanda un second café. Claudio ne quitta pas le journal des yeux jusqu’à l’arrivée de son thé, le reposant à ce moment-là pour jeter un coup d’œil circulaire sur la place vide, avant de revenir sur Brunetti. « J’ai été suivi, hier après-midi ». Brunetti sucra son café et inclina la tête dans la direction de Claudio ». Donna Leon.

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