Archives de Tag: vie

Réparer les vivants de Katell Quillivéré

reparer-les-vivants-katell-quillivere

Simon a 16/17 ans. Sa vie c’est le surf et Juliette. Un matin, alors que le jour dort encore, il part avec ses deux amis pour une séance de surf dans une mer déchaînée. Le retour en voiture est fatal à Simon qui ne portait pas sa ceinture de sécurité. Là, sur ce lit d’hôpital, Simon semble endormi, son visage est serein malgré la multitude de tuyaux qui entrave son corps. Un corps encore chaud que les machines autour de lui maintiennent en vie.

À plusieurs centaines de kilomètres de là, une femme attend une greffe qui pourrait la sauver.

Adapté du livre de Maylis de Kerangal sorti en 2014 (vous pouvez retrouver mon billet au sujet de ce livre ici) et portant le même titre, ce film m’a fait le même effet que le roman. Un uppercut. Un film ramassé en 1h40, dense, fort, très documenté et porté par une kyrielle d’acteurs qui tous ont leur importance sans qu’aucun ne phagocyte l’autre. Chacun est le maillon d’une chaîne entre mort et vie. Au-delà de l’incommensurable chagrin de ses parents, Simon va vivre et faire vivre d’autres histoires, d’autres personnes. Tout le talent de Katell Quillivéré est ici, dans cette capacité qu’elle a à faire d’un événement dramatique une pulsion de vie qui diffuse tout autour d’elle. La mort génère de la rencontre et c’est la vie qui circule à travers tous ces êtres.

Vous sortirez du cinéma à coup sûr bouleversé, chamboulé, étrillé mais convaincu qu’il est crucial de faire connaître à vos proches votre souhait quant au don de vos organes en cas de mort cérébrale. Après avoir vu Réparer les vivants, on ne peut que vouloir donner.

Pour voir la bande-annonce : c’est par là …

 

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans ça tourne!, Tous azimuts

La vie est un écho

Crédit photo : Arosoft - Istockphoto.com

Crédit photo : Arosoft – Istockphoto.com

« La vie est un écho ; ce que tu envoies, te revient, ce que tu sèmes, tu le récoltes, ce que tu donnes, tu l’obtiens et ce que tu vois dans les autres, existe en toi ». Zig Ziglar, conférencier américain (1926-2012).

Poster un commentaire

Classé dans Durant ce siècle ou avant, ils ont dit..., Tous azimuts

Caresse du soir

Crédit photo - Kitty-Fotolia

En fouinant dans ma bibliothèque, j’ai retrouvé un livre de poèmes imprimé sur un vieux papier. Un livre portant le numéro 4 sur les 75 édités dans les années 70 par l’imprimerie Lamarsalle. Je l’ai ouvert au hasard…

Caresse du soir

« La caresse du soir glisse sur les prairies,

Se mêle à la fumée aux toits des métairies.

Déjà la fin du jour estompe l’horizon

Et le bruit de nos pas se meurt sur le gazon

De l’enclos où s’endort, paisible, chaque feuille,

Où le monde passé des souvenirs accueille.

A monter le sentier nous sommes seuls, allons

Là-haut près du vieux mur ; coteaux, clochers, vallons,

Nous offrent, du lointain, la paix crépusculaire

Dans un silence ombreux que l’automne accélère.

Bleutée, une vapeur s’exhale des sillons

D’où monte, frémissant, l’humble chant des grillons.

Un ultime reflet sur l’herbe des allées.

Les dernières lueurs du couchant sont allées

Vers un autre Orient, pour d’autres yeux ouverts…

… Pierres du vieux jardin, maison, cher univers !

Heureux qui peut, au cours de sa besogne austère,

Revoir en sa mémoire un petit coin de terre,

Héritage sacré transmis par les anciens

Dont l’amour a forgé ces nœuds magiciens

Qui les font vivre encore après leur vie éteinte !

O Prière du soir d’une cloche qui tinte ! »

Germaine Berthier-Barudio, Dans les champs de la vie.

Poster un commentaire

Classé dans Les extraits

Fragonarde

Je lis très souvent plusieurs livres en même temps. En règle générale, il s’agit d’un roman et d’un livre qui se lit en picorant, d’un chapitre à l’autre, d’un poème à l’autre, d’une définition à l’autre. En parallèle de Une odyssée américaine de Jim Harrison, je lis également le livre de Bernard Pivot Les mots de ma vie chez Albin Michel. Loin d’être une autobiographie – Bernard Pivot a toujours dit et écrit qu’il n’écrirait jamais sa biographie -, l’animateur d’Apostrophes et de Bouillon de culture a souhaité évoquer les mots de sa vie. Au fil des pages, il égrène ses mots à lui, ses mots intimes, ses mots professionnels. Un ensemble de mots qui, au final, pourrait bien former une vie, mais par petites touches, subtiles, comme un tableau.
Extrait, page 158 :  » Fragonarde : joli mot inventé par Colette pour désigner une femme sensuelle, avec des rondeurs, telle que Fragonard les a peintes dans ses tableaux libertins et scènes galantes : « Telle beauté que nous avons, nous ses aînées de quinze ou vingt ans, connue délicieusement camuse, la lèvre courte, une fossette à chaque coin de bouche, et fragonarde comme pas une, nous la retrouvons (…) grandie, osseuse, avec un profil de cheval luxembourgeois » (Marianne, 9 novembre 1932). Qu’elles étaient pulpeuses et lascives, nos fragonardes d’une nuit, d’un été ou d’une année! La chambre exhalait des odeurs de sucs jaillis des grottes, de peaux frottées à l’impatience, puis caressées au savoir, d’amour exalté par l’amour. Un dernier coup d’oeil avant de tirer la porte, sur les draps chiffonnés à la Fragonard… » Bernard Pivot.

Poster un commentaire

Classé dans Les critiques, Les extraits

Instinct

J’ai pris cette photo chez un client. J’aime assez. Je la trouve apaisante. Par association d’idées, je la mets en rapport avec le livre que je lis en ce moment « Le grand voyage de la vie, un père raconte à son fils », entretien entre Tiziano Terzani, grand reporter italien et son fils Folco. Au crépuscule de sa vie, rongé par la maladie, Tiziano Terzani, qui s’est retiré de longues années pour méditer, donne rendez-vous à son fils dans la campagne toscane, là où se trouve la maison familiale, pour évoquer ce qu’a été sa vie, tout en la mettant en perspective avec le mystère de la Vie avec un grand V. Je vous en dirai plus lorsque je l’aurai terminé. En attendant, voici un extrait qui résonne fort en moi.

Tiziano Terzani à son fils : « Chaque vie a sa voie qui lui est propre mais le plus drôle, c’est qu’on ne s’en aperçoit que lorsqu’elle est finie. On se retourne et on se dit « Ah mais tiens, il y a un fil ! » Tout au long de sa vie, on ne le voit pas ce fil, pourtant il est là. Toutes les décisions que l’on prend, tous les choix que l’on fait, sont déterminés – croit-on –  par notre libre arbitre mais ça aussi c’est un mensonge. Nos actes sont déterminés par quelque chose que l’on porte en nous et qui n’est autre que notre instinct, et peut-être par quelque chose que tes amis indiens nomment le karma, terme avec lequel ils expliquent tout, même ce que, nous, nous considérons comme inexplicable. Ce concept a sans doute un fondement car certains événements de notre vie ne s’expliquent pas autrement que par une accumulation d’actes – des mérites aussi bien que des fautes – commis dans des vies précédentes. »

1 commentaire

Classé dans Déclic, Les extraits