Archives de Tag: Le Monde

Picrocholine

« Ce devait être la grand-messe des sociaux-démocrates européens, cela vire à la guerre picrocholine entre socialistes français ». Picrocholine ! Le mot n’est-il pas « choli » ? Merci à Cédric Pietralunga, journaliste au journal Le Monde, pour nous rappeler que cette locution existe ! Une guerre picrocholine désigne « une querelle, un conflit dont les causes paraissent obscures, dérisoires voire ridicules» selon l’excellent site du centre national des ressources textuelles et lexicales que je vous recommande chaudement – www.cnrtl.fr. Le terme « picrocholine » (XVIe siècle) est une déclinaison de Picrochole, l’un des personnages de Rabelais, « au nom formé à partir du grec pikros, « piquant, amer » et kholê, « bile ». Il ne s’emploie guère que dans la locution guerre picrocholine

Pas de photo pour ce billet difficile à illustrer. Cependant, je trouve assez amusant de trouver sur Google images la photo très expressive d’un certain Nicolas S. lorsque je tape « Picrocholine ».

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Avec Philip Roth de Josyane Savigneau

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Qui a déjà lu quelques romans de Philip Roth pourrait s’attendre, en saisissant ce livre sur les rayonnages de la bibliothèque, à une biographie de l’auteur. Un document fourni, détaillé, s’attachant peut-être à l’enfant qu’il a été, l’environnement dans lequel il a grandi, pour mieux comprendre l’adulte et l’œuvre de ce grand et prolifique écrivain américain né dans le New Jersey et aujourd’hui âgé de 83 ans. Point du tout ! Et Josyane Savigneau, écrivain et journaliste au journal Le Monde, auteur de cet opus, prévient les lecteurs dans un avant-propos tout en expliquant les circonstances dans lesquelles l’idée de ce livre est née. Ce n’est donc pas « une esquisse de biographie », ni une « étude littéraire » quand bien même il y est beaucoup question de ses livres et des personnages qu’il a construits en un peu plus de cinquante ans. Josyane Savigneau raconte plus de vingt années de rencontres – à New York ou dans le Connecticut – avec Philip Roth à raison d’une fois par an. Une prouesse quand on sait que Philip Roth nourrit une aversion pour les journalistes littéraires – cela fait néanmoins partie du personnage- et Josyane Savigneau gardera longtemps un souvenir cuisant de leur première rencontre. C’est donc une vision très personnelle de Philip Roth que Josyane Savigneau donne à connaître aux lecteurs, une lecture en creux où affleure l’admiration pour l’écrivain et pour l’homme, terriblement complexe, volontiers caustique, aimant désarçonner ses interlocuteurs – pour mieux se protéger ? -, mélangeant savamment le vrai et le faux – ce qu’il fait aussi dans ses romans. Une légende de son vivant. Rare !

Extrait, page 39 : « Me revenaient en mémoire, bien sûr, les récits des uns et des autres. Il déteste les journalistes, et les expédie en vingt minutes, quand enfin il accepte de les recevoir. Il est toujours de mauvais humeur. Si tu étais une jeune femme, passe encore, il aime séduire. Toi, tu es bien trop vieille pour lui : dès qu’elles ont atteint la trentaine, ça ne l’intéresse plus. Mais rien n’aurait pu me faire renoncer. Me voilà donc à New York, pour une semaine ? Dès mon arrivée, le lundi, j’appelle Roth, qui semble un peu étonné que je sois venue. Il me fixe rendez-vous le surlendemain dans son appartement de l’Upper West Side de Manhattan et me demande mon numéro de téléphone. Le lendemain, il rappelle, pour déplacer la rencontre au même endroit, le vendredi. Je dois prendre l’avion pour Paris le samedi soir, et je commence à m’inquiéter. Nouveau coup de téléphone : finalement il propose justement le samedi, et dans sa maison du Connecticut. C’est une catastrophe, mon billet d’avion n’est pas échangeable. Mes délicieux amis américains, qui mettent leur appartement new-yorkais à ma disposition, me calment : ils m’emmèneront dans le Connecticut, ma valise sera dans le coffre, ils m’attendront et me conduiront à l’aéroport. Le samedi matin avant 8 heures, le téléphone sonne. Je me précipite. Au bout du fil, Philip Roth. Je reste interdite. « Ne vous inquiétez pas… – Mais si je m’inquiète. – Venez à 15 heures à mon appartement new-yorkais ». À quoi rime ce jeu de pistes depuis une semaine ? » Josyane Savigneau.

 

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L’empathie se développe en lisant

Bcher und Herz

Crédit photo : Fotolia | Jenny Sturm

C’est le bilan des études réalisées sur l’influence de la fiction sur notre capacité à comprendre les autres, publié hier dans la revue Trends in Cognitive Sciences. Son auteur, Keith Oatley, professeur de psychologie appliquée à l’université de Toronto le résume ainsi au journal Le Monde daté du 20 juillet 2016 : « La fiction accroît notre expérience sociale et nous aide à la comprendre ». Selon le professeur, c’est à la fois « l’histoire racontée – et la manière dont elle est racontée sur le plan littéraire – mais aussi les processus d’inférence que nous activons pour comprendre les personnages de roman et notre implication émotionnelle qui développerait notre empathie ». En conclusion, cet été, lisez, lisez, lisez !

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Ne pas se moucher du coude / du pied

The word ego written in cubes

Crédit photo : Birgit Korber | Fotolia

Cette expression m’a été inspirée grâce à un célèbre footballeur de nationalité suédoise ou plutôt grâce à la lecture de l’interview de ce dernier dans Le Monde de ce jour signée Stéphane Mandard et Rémi Dupré.

L’expression est apparue au XVIe siècle et signifiait « berner facilement ». Le verbe « moucher » avait le sens de « tromper », « duper ». La signification a changé au cours du XVIIe siècle, époque où les saltimbanques jouaient dans la rue, se contorsionnaient jusqu’à se passer le pied sous le nez comme s’ils allaient se moucher. Une agilité dont ne pouvait pas se prévaloir l’aristocratie. Celle-ci se mouchait avec un mouchoir et non avec leur pied, leur manche ou du coude ! Qu’on se le tienne pour dit, elle était éduquée, elle ! Une différence qui la distinguait de la plèbe donc.

« Ne pas se moucher du coude / pied » signifie donc « se prendre pour quelqu’un d’important, être imbu de sa personne ». D’autres expressions, plus ou moins triviales, ont le même sens, je suis sûre que vous en connaissez. Personnellement j’aime beaucoup celle-ci « ne pas se prendre pour la moitié d’un confetti ». En l’espèce, le footballeur en question est d’ores et déjà champion d’Europe voire du monde. Il a notamment déclaré : « je peux rendre François Hollande populaire si je veux ! ». Allez, on va dire que c’est du troisième degré, voire plus.

Il n’est pas interdit non plus de se poser la question de savoir pourquoi le journal Le Monde, dont la ligne éditoriale n’est pas principalement orientée vers le sport, a choisi de faire sa Une avec ce footballeur et de lui consacrer une double-page intérieure…

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La vente de livres en hausse !

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Crédit photo : Fotolia | Zix777

Bonne nouvelle à découvrir dans l’édition du 5 janvier du quotidien Le Monde : le chiffre d’affaires de l’édition française est en hausse après cinq années de baisse consécutive et alors même que les « autres industries culturelles » (aïe, ces deux mots mis côte-à-côte me heurtent !), comprenez la musique et la vidéo, sont en recul. Autre bonne nouvelle : les grandes surfaces qui ont largement augmenté ces dernières années leurs surfaces de ventes consacrées aux livres sont délaissées au profit des librairies, considérées comme des lieux à taille plus humaine. Si l’article ne fait pas état d’une étude expliquant les raisons de ce revirement, celles invoquées sont liées, entre autres, aux attentats de 2015 en France et ailleurs et à la volonté de mieux comprendre le monde qui nous entoure et ses bouleversements. « Quand les gens se posent des questions, le livre demeure une réponse adaptée » rapporte un libraire interviewé. 2016 commence bien ! Bonne année à tous !

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Histoire devient Histoire et Civilisations

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À quelques heures du 25 décembre, c’est d’une naissance ou plutôt d’une renaissance dont j’aimerais vous entretenir. N’ayez crainte, je ne vais pas vous parler de celle de Jésus-Christ… puisqu’il n’est pas né un 25 décembre ! – En fait, il serait plutôt né le 25 mars, du coup, l’expression « Noël au balcon, Pâques au tison » prend tout son sens !

De quelle renaissance s’agit-il donc ? De celle du magazine Histoire & Civilisations. Lancé par le groupe Le Monde en partenariat avec National Geographic, Histoire & Civilisations prend la suite du magazine Histoire National Geographic. Sa fréquence n’a pas changé : c’est toujours un mensuel. Sa ligne éditoriale non plus : Histoire & Civilisations nous propose de voyager dans le temps et de nous imprégner des grandes civilisations qui sont à l’origine du monde. Le premier numéro est sorti ce mois de décembre. Prix de vente : 5,95 €. Il fait écho à la collection de 30 ouvrages lancée par Le Monde en janvier dernier et parrainée par l’historien Jacques Le Goff, grand médiéviste, décédé en avril dernier.

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À main levée

Page d'accueil du blog d'Aurel

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À découvrir ce matin, À main levée, le tout nouveau blog du dessinateur de presse Aurel, de son vrai nom Aurélien Froment. Passionné de dessin et de politique, ce sont nos gouvernants, de droite comme de gauche, qu’il aime à croquer avec humour. Et il le fait bien ! La preuve :

http://aurel.blog.lemonde.fr/

Vous pouvez aussi découvrir ses reportages – il publie un reportage par an depuis 2007 dans Le Monde diplomatique -, ses dessins « animés » et ses BD sur www.lesitedaurel.com

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