Archives de Tag: livre

« C’est un page turner »

a woman is reading a book and holding coffee

Crédit photo : Fotolia | Alina

Peut-être n’avez-vous jamais entendu cette expression anglophone visiblement de plus en plus utilisée dans le monde littéraire, d’après ce que j’ai pu lire. Lorsqu’on dit d’un livre que « c’est un page turner » (prononcez « pedge teurneur »), cela signifie que c’est un livre palpitant qui nous amène à « tourner les pages » justement, dans un mouvement d’impatience tant on a envie de connaître la suite de l’histoire. Potentiellement, pour un éditeur, cela signifie aussi que c’est un livre qui a de grandes chances de bien se vendre. Ne reste plus qu’à trouver un équivalent français de cette expression mais il ne semble pas que l’on soit parti pour cela. En témoignent déjà le « best-seller » passé dans l’usage courant ou encore, au cinéma, le « blockbuster »… Et vous, lisez-vous un « page turner » en ce moment ?

Publicités

1 commentaire

Classé dans Le mot de la semaine, Tous azimuts

Continuer de Laurent Mauvignier

Continuer-Laurent-Mauvignier.png

Jeune adolescent de 17 ans, Samuel est à la dérive. Tout comme sa mère, Sybille, divorcée, qui ne sait plus comment s’y prendre avec lui. Fragile, se sentant débordée de toute part et terriblement seule, elle tente pourtant le tout pour le tout et décide d’emmener son fils au fin fond de l’Asie centrale, dans les contrées kirghizes pour un voyage initiatique de plusieurs mois à dos de cheval.

Le roman de Laurent Mauvignier sorti en août 2016 est à l’image du Kirghizistan : sauvage et brut. L’écriture est nerveuse comme sur le qui-vive, à l’instar de ces deux êtres qui ne savent plus s’écouter, se parler, prêts à s’invectiver à la moindre occasion, ravalant leurs colères, déceptions et hontes. Un roman poignant qui ne parle en réalité que d’amour. Mais pour mieux le faire émerger, il faut parfois aller au bout de soi-même, continuer, dans le plus total dépouillement.

Extrait, page 142 : « Alors Sybille se penche vers lui, très proche, son visage très près du sien. Elle entend son souffle et laisse sa main, ses doigts juste devant la bouche de Samuel, pour que son haleine lui caresse les doigts, ce souffle léger qui s’échappe d’entre ses lèvres ; elle observe comme elle n’a pas pu le faire depuis des années ses traits, sa bouche charnue et rouge, ses yeux fermés et toujours ses cils si grands, presque des cils de femme, des cils qui tenaient des siens et qu’il avait toujours eus, même bébé il avait des cils immenses. Elle le regarde et elle est heureuse de le voir dormir comme il est, sans colère, sans être sur la défensive, sans haine ni jugement contre elle – car peut-être que c’est ce qui est le plus dur : l’impression que chaque fois qu’il la regarde, ce n’est pas pour la voir, elle, comme elle est, mais pour la juger, pour lui prêter des intentions qu’elle n’a pas, pour lui faire un procès qu’elle a perdu d’avance. » Laurent Mauvignier.

Poster un commentaire

Classé dans Les critiques, Les extraits, Tous azimuts

Si le livre…

Livre-Mirmande-6760

3 Commentaires

Classé dans Déclic, La photo de la semaine

L’Ivre de Rufus

Couverture l'Ivre de Rufus-2-C’est un petit livre rouge…paru aux Editions Oscar Tango. Un petit livre qu’on croirait édité à compte d’auteur, avec sa reliure (faite main ?) tant il ne ressemble pas aux autres livres qui occupent les étagères des libraires. Sur sa couverture, l’image – ostensiblement collée, au format 5,5 x 14 cm – du comédien Rufus en tee-shirt blanc et chapeau de paille. Ce livre constitue son premier recueil de poésies, écrites à partir de bribes de notes prises ici et là. Les mots qui s’y expriment sont bruts, tombent comme des couperets, ne s’embêtent pas avec la bienséance, le « politiquement correct ». Ils ont, pour moi, quelque chose à voir avec l’amour la première fois : violent, intense, empressé, rugueux, maladroit. Très beau recueil … avec en prime la dédicace de Rufus !

Extrait, page 7 : « Stop !

Je rêve trop fort

Il me faut rentrer chez moi

Le bonheur au creux de la main

Je l’ai mangé sans doute.

La journée est enceinte

De la nuit qui tombe.

Je meurs en m’endormant

C’est ridicule de parler aux anges

Car mes larmes sont des pierres

J’ai cherché des absents

Et méconnu les présents

Les mots sont inutiles

C’est le cœur qui dessine. » Rufus.

Poster un commentaire

Classé dans Les critiques, Les extraits

L’esprit de l’écrivain

« L’esprit de l’écrivain se regarde au miroir que lui livre la presse. Si le papier et l’encre se conviennent, si la lettre est d’un bel œil, si la composition est soignée, la justification exquisément proportionnée, la feuille bien tirée, l’auteur ressent nouvellement son langage et son style. Il se trouve de la gêne et de l’orgueil. Il se voit revêtu d’honneurs qui peut-être ne lui sont pas dus. Il croit entendre une voix bien plus nette et plus ferme que la sienne, une voix implacablement pure articuler ses paroles, détacher dangereusement tous ses mots. Tout ce qu’il écrivit de faible, de mol, d’arbitraire, d’inélégant parle trop clair et trop haut. C’est un jugement très précieux et très redoutable que d’être magnifiquement imprimé ». Paul Valéry in Les deux vertus d’un livre.

 

Poster un commentaire

Classé dans Durant ce siècle ou avant, ils ont dit...