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America

Magazine-America

4 numéros par an pendant 4 ans. C’est ce que nous proposent Eric Fottorino, fondateur du journal Le 1 et François Busnel, journaliste, critique littéraire, producteur et animateur de l’émission La Grande Librairie avec le magazine America. A chaque fois, 192 pages d’enquêtes, de reportages et d’entretiens écrites par des auteurs américains et français pour découvrir, analyser, mieux comprendre l’Amérique de Donald Trump.

C’est dès maintenant en kiosque et en librairie à 19€ le numéro.

Et pour accompagner ce billet, je vous propose d’écouter l’un des magnifiques morceaux du groupe de folk rock américano-britannique des années 70, America, I need you, issu de l’album America sorti en 1971. Une pépite !

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À moi seul bien des personnages de John Irving

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Adolescent dans les années 60 qui connaît quelques difficultés d’élocution, Bill Abott – il porte le nom de famille de son beau-père – se pose beaucoup de questions sur lui-même et notamment sur ce qu’il appelle ses « béguins contre nature ». Dans le même temps – une façon de se rassurer sur qui il est ? – il apprécie énormément Miss Frost, la bibliothécaire, au corps sculptural et aux « petits seins bourgeonnants » qui a suscité en lui, outre le désir charnel, sa vocation d’écrivain. Bref, Bill se cherche… avec drôlerie et émotion, dans une famille loufoque et trop silencieuse pour ne rien avoir à cacher et une Amérique très puritaine.

Plus d’un demi-siècle d’une vie américaine ! C’est ce que nous donne à connaître John Irving dans ce roman sorti en 2013. Je dois le dire, j’ai eu du mal à entrer dans ce livre. Il m’en a coûté quelque 80 pages durant lesquelles j’ai patienté, temporisé, me disant qu’un roman de John Irving ne pouvait pas ne pas être lu jusqu’au point final – oui, j’ai fait partie des aficionados du Monde selon Garp et voue donc à John Irving, quand bien même je n’ai pas lu tout ce qu’il a écrit, une grande admiration ! J’ai bien fait ! Car c’est une belle fresque que dessine ici John Irving avec pour thème central la sexualité et plus précisément l’homosexualité et la bisexualité, retraçant, avec réalisme, tant la liberté sexuelle des années 70 que l’effroyable et dramatique vague des années sida que les autorités de l’époque ont savamment ignoré, convaincues que la maladie ne pouvait concerner que les « déviants ». John Irving nous régale avec des personnages hauts en couleur et nous invite, avec humour et délicatesse, à respecter la différence car de la différence naissent d’autres possibles. Une ode au désir, au sens large, source de notre pulsion de vie.

Extrait, page 67 : « Le lutteur au corps superbe entre tous s’appelait Kittredge : torse glabre, pectoraux définis à l’excès – un héros de bandes dessinées. Une fine ligne de poils brun foncé, presque noirs, descendait de son nombril à son pubis, et il avait un pénis tout ce qu’il y a de plus mignon, qui se recourbait vers sa cuisse droite, inexplicablement. À qui demander ce que signifiait cette torsion ? Dans les douches, au gymnase, je baissais les yeux ; je n’osais guère regarder plus haut que ses jambes musclées et velues.

Il avait la barbe dure, mais une peau parfaite et il était généralement rasé de près. Sa beauté mâle me ravageait au plus haut point quand il portait une barbe de deux ou trois jours, qui le faisait paraître plus vieux que les autres élèves, voire que certains professeurs de la Favorite River – dont Richard Abott et Mr Hadley. Il jouait au foot à l’automne, et à la crosse au printemps, mais c’étaient les cours de lutte qui mettaient le mieux en valeur sa plastique de rêve, sport qui semblait en outre convenir à son agressivité naturelle ». John Irving.

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Carol de Todd Haynes

Carol de Todd Haynes

New York, hiver 1952. Thérèse, une jolie brune de moins de 30 ans qui se rêve photographe, est vendeuse dans un grand magasin de jouets. Arrive Carol, aussi blonde que Thérèse est brune, femme bourgeoise d’une quarantaine d’années à la recherche d’un cadeau pour sa petite fille. Une discussion s’engage entre les deux femmes que tout semble opposer. Échanges de regard, trouble manifeste, l’une semblant garder le contrôle alors que l’autre est comme hypnotisée. Carol oublie opportunément ses gants sur le comptoir. L’occasion pour Thérèse de les lui rapporter et de faire connaissance.

C’est avec brio que Todd Haynes filme une rencontre amoureuse entre deux femmes dans une Amérique pudibonde qui glorifie « la-mère-au-foyer-au-service-de-son-homme-qui-travaille-dur-pour-sa-famille ». L’interprétation de Cate Blanchett et de Rooney Mara est magistrale, tout en subtilité, avec un jeu de regards puissant, désarçonnant. Celles et ceux qui iraient voir ce film pour satisfaire une curiosité malsaine seront déçus : les scènes de sexe sont rarissimes et tournées avec une grande délicatesse. C’est sans doute là la force de ce film qui reconstitue magnifiquement bien l’ambiance des années 50. Tout sonne juste. Au sortir du cinéma, sensations étranges de revenir de loin, touchée par un amour si pur et si puissant.

Mention spéciale pour la musique du film et la photographie !

Pour voir la bande-annonce, c’est par ici :

 

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L’Amérique de Léonard Slatkin

Les 104 musiciens de l'ONL accordant leurs instruments juste avant de commencer

Chef d’orchestre réputé, le nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, Léonard Slatkin, nous a offert un fabuleux spectacle ce soir. Intitulé L’Amérique de Léonard Slatkin, qui sera joué durant trois semaines à l’auditorium de Lyon, il nous propose de nous faire découvrir des styles et des sons très « américains ». De l’univers de Copland, où l’on imagine sans mal de grandes contrées désertes et époustouflantes par leur gigantisme, à celui de Michel Camilo, avec des sonorités plus colorées et influencées par les Caraïbes, jusqu’à John Williams, célèbre notamment pour la musique du film Star Wars. Deux heures intenses conclues par une interprétation très personnelle de Carmen de Georges Bizet. A la texane ! Si vous ne savez pas quoi faire le 3 décembre à 18h ou le 10 décembre à 18h, rendez vous à l’auditorium de Lyon, vos oreilles et votre esprit ne le regretteront pas.

En prime, une superbe exposition photo dans le hall de l’auditorium. Elle présente les 104 musiciens de l’Orchestre national de Lyon avec leur instrument. Des clichés signés Sébastien Erome, talentueux photographe, avec qui j’ai eu le privilège de travailler il y a dix ans.

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