Archives de Tag: Rabelais

Picrocholine

« Ce devait être la grand-messe des sociaux-démocrates européens, cela vire à la guerre picrocholine entre socialistes français ». Picrocholine ! Le mot n’est-il pas « choli » ? Merci à Cédric Pietralunga, journaliste au journal Le Monde, pour nous rappeler que cette locution existe ! Une guerre picrocholine désigne « une querelle, un conflit dont les causes paraissent obscures, dérisoires voire ridicules» selon l’excellent site du centre national des ressources textuelles et lexicales que je vous recommande chaudement – www.cnrtl.fr. Le terme « picrocholine » (XVIe siècle) est une déclinaison de Picrochole, l’un des personnages de Rabelais, « au nom formé à partir du grec pikros, « piquant, amer » et kholê, « bile ». Il ne s’emploie guère que dans la locution guerre picrocholine

Pas de photo pour ce billet difficile à illustrer. Cependant, je trouve assez amusant de trouver sur Google images la photo très expressive d’un certain Nicolas S. lorsque je tape « Picrocholine ».

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« Jouer les saintes Nitouche »

Crédit photo : Diane39 -Istockphoto.com

Crédit photo : Diane39 -Istockphoto.com

C’est l’actualité – la NSA écoutant les conversations des Français et, apprend-on ce matin, Angela Merkel elle-même, sans doute pour obtenir la recette du kaesekuchen –  qui m’incite à choisir cette expression aujourd’hui. J’aurais aussi pu choisir « Prendre des airs de vierges effarouchées » qui a, peu ou prou, le même sens.

C’est François… Rabelais qui l’a popularisée au XVIe siècle, avec son Gargantua. L’expression désignait les femmes – celles qui n’y touchent pas – qui jouent les prudes en société, mais qui, une fois la porte fermée, se comportent de manière très différente ! De nos jours, cette expression s’applique aussi bien aux femmes qu’aux hommes, vous l’aurez compris. L’espionnage – quelle que soit la forme qu’il prend – est une pratique courante et la France excelle dans ce domaine. Passons à autre chose !

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« Prendre la lune avec les dents »

Crédit photo: The modern canvas / Fotolia.com

Vous vous imaginez prendre la lune avec les dents ? Vous l’aurez compris, cette expression très imagée signifie « tenter l’impossible ». Elle a été utilisée par Rabelais dans Pantagruel en 1532 et se transformera au XIXe siècle en « demander la lune » ou « décrocher la lune », expressions encore très utilisées aujourd’hui.

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Mouton de Panurge

Crédit photo: Lee Torrens/Fotolia.com

Qui n’a jamais utilisé cette expression ? Le mouton de Panurge désigne celui ou celle qui suit aveuglément une décision, un groupe, sans se poser de questions. Mais sait-on à quoi ou à qui elle fait référence. Disons-le, c’est parce que j’ai utilisé cette expression cette semaine que je me suis soudainement posée la question : « mais au fait qui était Panurge ? ». Le Petit Robert ne nous informe pas sur le sujet (normal me direz-vous puisqu’il s’agit du dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française et non de celui des noms propres) pas même lorsqu’on cherche à « mouton ». Le « mouton noir » ou le « mouton enragé » y tiennent une belle place mais celui de Panurge est absent. Alors ? Panurge ? Compagnon de Pantagruel, ce personnage a été créé par François Rabelais. Parti sur un bateau au « Pays des lanternes », Panurge veut se venger d’une altercation qu’il a eue avec le propriétaire d’un troupeau de moutons. Le dit propriétaire étant sur le bateau avec Panurge, ce dernier lui propose de lui acheter sa plus belle bête, le chef du troupeau. Chèrement acquis, celui-ci est jeté par dessus bord par Panurge, sans plus de cérémonie. Surpris et déroutés, les autres membres du troupeau suivent sans se poser de questions. Dindenault, le propriétaire, s’accroche à ses bêtes mais elles sautent avec une telle vigueur qu’il ne peut rien faire et passe par dessus bord à son tour. Tous se noient et Panurge est vengé. De quoi réfléchir à deux fois pour ne pas boire la tasse, non ?

« Soudain, je ne sais comment, le cas fut subi, je n’eus loisir de le considérer, Panurge, sans autre chose dire, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons, criant et bêlant en pareille intonation, commencèrent à se jeter et à sauter en mer après, à la file. La foule était à qui le premier y sauterait après leur compagnon. Il n’était pas possible de les en empêcher, comme vous savez du mouton le naturel, toujours suivre le premier, quelque part qu’il aille ». Rabelais, Pantagruel: Le Quart Livre, chapitre VIII.

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