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Don Quichotte de Miguel de Cervantès

Don Quichotte-TNP

 

Étonnante et burlesque version que celle que nous proposent Christian Schiaretti, directeur du TNP et Jean-Pierre Jourdain qui a adapté la pièce de Miguel de Cervantès. C’est dans un studio de radio que prend place le célèbre roman médiéval du dramaturge et poète espagnol. Doivent y être interprétés pour les besoins de Radio France Mauve, une nouvelle radio du groupe Radio France, les huit premiers chapitres de Don Quichotte de la Manche. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Servis par des personnages hauts en couleur, de l’animatrice de l’émission, très parisienne, à l’imitateur venu d’un pays de l’Est capable de reproduire n’importe quelle langue sans la comprendre, cette pièce, qui respecte le texte original, fait passer un très agréable moment aux spectateurs. Un temps trompés par la mise en scène radiophonique, très réaliste, ils comprennent rapidement que tout ceci est une grande farce, une invitation à rêver, imaginer, sortir du cadre… un peu comme le héros de cette pièce, gentilhomme de la Manche dénommé Alonso Quichano qui, obsédé par les livres chevaleresques, se donne un surnom – Don Quichotte de la Manche – et part à travers l’Espagne sauver les opprimés et les sans droits, accompagné de son cheval Rossinante et de Sancho Panza, un paysan naïf.

Pour voir un extrait :

 

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Les mots du théâtre

Crédit photo – aerogondo – Fotolia.com

C’est une expérience que je veux partager avec vous aujourd’hui. Abonnée au TNP, j’ai appelé ce dernier ce jour pour régler une question de date de spectacle. La personne que j’ai demandée n’étant pas immédiatement disponible, l’hôtesse d’accueil m’a mise en attente… Quelle ne fût pas ma surprise d’entendre, pour une fois, une « musique » d’attente originale ! J’écris « musique » entre guillemets car en fait de mélodie, c’est la voix d’une femme à la diction parfaite qu’il m’a été donné d’entendre. Et c’est dans le creux de mon oreille que se sont déversés les mots du théâtre et leur signification. C’est ainsi que j’ai appris ce qu’était un « brigadier » au théâtre, une « bible » ou encore une « allemande ».

Une allemande – sans majuscule bien sûr – est une répétition en accéléré de la mise en scène d’une pièce. Les comédiens répètent le jeu de scène à un rythme très rapide et réalisent les déplacements importants ainsi que les entrées et les sorties de scène en ne disant que quelques répliques « point de repère » sur un ton neutre. L’objectif est de caler l’ensemble des déplacements par rapport aux lumières, au texte et au décor. L’allemande a lieu, le plus souvent, avant une première représentation dans un nouveau lieu. Elle complète l’italienne qui consiste, pour les comédiens, à réciter le texte intégral de la pièce à toute vitesse, d’une voix neutre et sans jeu de scène. Le but ici est d’entrainer la mémoire.

Plutôt sympa la « musique » d’attente, non ? J’ai presque regretté de ne pas pouvoir entendre la totalité du « message », puisque mon interlocutrice s’est rendue disponible assez rapidement !

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Ruy Blas

Pièce de Victor Hugo écrite en 1838, mise en scène par Christian Schiaretti

Bien que fort célèbre, je ne connaissais pas la pièce en cinq actes écrite par Victor Hugo. Ou plutôt si, mais à travers la vision comique de Gérard Oury dans son film La folie des grandeurs. L’histoire est simple : don Salluste, politicien espagnol, se voit chassé par la reine pour avoir abandonné sa servante après lui avoir fait un enfant. Condamné à l’exil, il a cependant le temps, juste avant de s’éclipser, d’ourdir un complot contre la reine, en instrumentalisant son laquais Ruy Blas, qu’il sait amoureux de cette dernière. Ruy Blas prendra donc la place de don César, le neveu de don Salluste. Voilà pour l’intrigue. Côté acteurs, Ruy Blas est servi par des acteurs magistraux, dont Robin Renucci dans la peau du sinistre don Salluste et Nicolas Gonzales, jeune acteur de la troupe du TNP, dans celle de Ruy Blas. Pour jouer don César, l’excellent Jérôme Kircher dont l’interprétation d’un seigneur déchu, qui a choisi de vivre avec les gueux, est à la fois drôle et touchante. Le tout donne une pièce de trois heures magnifiquement bien menée, alerte, aux accents comiques que n’aurait sans doute pas renier Gérard Oury. En filigrane, l’histoire d’une Espagne exsangue, pillée par ses seigneurs qui n’ont que mépris pour le peuple qu’ils saignent. Etrange modernité dans le climat économique et social actuel. Le public ne s’y est pas trompé hier. Le TNP, entièrement rénové après quatre ans de travaux, était plein. La « standing ovation » était amplement méritée.

Pour le plaisir une tirade de Ruy Blas. Que la langue française est belle !

Acte III, scène II, Ruy Blas s’adressant à la junte du Despacho Universal (conseil privé du roi) :

« O ministres intègres !

Conseillers vertueux, voilà votre façon

De servir, serviteurs qui pillez la maison !

Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,

L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !

Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts

Que d’emplir votre poche et vous enfuir après !

Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,

Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur,

L’Espagne et sa vertu, l’Espagne et sa grandeur,

Tout s’en va. – Nous avons, depuis Philippe Quatre,

Perdu le Portugal, le Brésil, sans combattre ;

En Alsace Brisach, Steinfort en Luxembourg ;

Et toute la Comté jusqu’au dernier faubourg ;

Le Roussillon, Ormuz, Goa, cinq mille lieues

De côte, et Fernambouc, et les Montagnes-Bleues ! »

Victor Hugo.

En bonus, la chronique de Vincent Josse sur France Inter le 18 novembre dernier à propos de Ruy Blas et du TNP. C’est à écouter à cette adresse :

christian-schiaretti-sur-france-inter-3449#more-3449

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