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De l’éditeur au lecteur

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Reçu ce jour par La Poste directement de l’éditeur, l’excellent La Clé à molette à Montbéliard, au lecteur, le quatrième opus de Frédérique Germanaud, après La Chambre d’écho, Quatre-vingt-dix motifs et Vianet. Plaisir à venir certain.

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Vianet. La lettre de Frédérique Germanaud

Vianet La lettre de Frédérique Germanaud

Une femme reçoit une lettre d’une société de gestion d’immeubles à propos d’un logement vacant depuis plus d’un an. C’est le moment pour elle de se confronter à son passé, à ce qu’elle a laissé en jachère, à ses choix et ses non choix.

Magnifique livre de Frédérique Germanaud ! Mieux : envoûtant ! Tout en sensibilité et en subtilité. Loin des grandes villes, Frédérique Germanaud emmène ses lecteurs en Pays de Loire dans un univers où les silences sont rois, la lenteur un art de vivre, l’introspection, un passage obligé. Les mots d’une grande justesse – on les croirait créés pour ce livre spécifiquement -, rendent la frontière entre lecteur et narratrice de plus en plus ténue au fil de ce roman qu’on imagine volontiers autobiographique. Là n’est cependant pas l’important. Vianet. La lettre est un récit puissant écrit par une fine observatrice de la condition humaine.

Ce livre a été publié par La Clé à molette, jeune maison d’édition montbéliarde et indépendante qui affiche fièrement et en rouge l’outil du même nom sur sa couverture. Si son catalogue est encore peu fourni, il est assurément réfléchi et reflète, sans nul doute, la sensibilité de son créateur (La clé à molette).

Extrait, page 21 : « Nous jouons nos vies en permanence. Ceux de la nuit tombée un peu plus que les autres. Ce n’était pas du désir que je ressentais pour ces hommes, juste un moyen de mettre fin à mon inattention un moment, de retrouver un corps, de dormir un peu mieux. Une manière aussi de marquer les saisons : il y a eu l’homme dont les chaussures écrasaient la neige fraiche, celui qui avait laissé des traces de pluie sur le parquet. Celui qui se promenait en débardeur, laissant voir un tatouage papillon. Nulle nécessité dans la rencontre ni dans la séparation, cela se faisait ainsi, sans pensée inutile ». Frédérique Germanaud.

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