Archives de Tag: Frédérique Germanaud

De l’éditeur au lecteur

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Reçu ce jour par La Poste directement de l’éditeur, l’excellent La Clé à molette à Montbéliard, au lecteur, le quatrième opus de Frédérique Germanaud, après La Chambre d’écho, Quatre-vingt-dix motifs et Vianet. Plaisir à venir certain.

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Quatre-vingt-dix motifs de Frédérique Germanaud

Quatre-vingt-dix motifs de Frédérique Germanaud

Quels sont donc ces quatre-vingt-dix motifs ? « Trente séries de trois paragraphes en filiation » nous indique la quatrième de couverture. Mais de quels motifs parle-t-on ? De ceux qui ornent un tissu ou un papier ou de ceux qui justifient de faire ou de ne pas faire, d’être ou de ne pas être ? Ces trente séries qui sont autant de chapitre sont en filiation, oui, ils se succèdent, l’un engendrant l’autre, se font écho, peu à peu, dans la pesanteur et la lenteur d’un été caniculaire. Mais Frédérique Germanaud évoque aussi une autre filiation : ce rapport de famille qui lie un individu à une ou plusieurs personnes dont il est issu. En l’occurrence, ici, une fille – fraîchement séparé de son amant et sans descendance – à sa mère qui lui remet une « douzaine de photographies de mauvaise qualité dans une enveloppe vierge » après qu’on eut fêté son anniversaire. Voyage dans le temps, questionnement sur soi, sur ce qui nous appartient et ce qui nous a été légué, volontairement ou involontairement, dépositaire d’une mémoire qu’on aimerait oublier. Beau, très beau. Frédérique Germanaud distille encore une fois sa douce musique par petites touches et dans un mouvement très lent comme pour mieux nous permettre d’en saisir la portée.

Un livre toujours édité par La clé à molette !

Extrait, page 15 : « Je ne sais que faire de ces objets censés me rattacher à l’histoire familiale, me livrer un surcroît de présence au monde, compensant, bien insuffisamment à ses yeux, mon célibat et mon absence de descendance. Il faut lester ma légèreté mais la balance est difficile à équilibrer, biens matériels sur un plateau, temps sur l’autre. Les cailloux dans les poches de Virginia. Je n’ose rien dire, même pas remercier. L’enveloppe disparaît dans mes bagages. Il fut un temps où la mémoire n’était pas cette faculté personnelle destinée à conserver son passé, à reconstruire le cours de sa vie, à transmettre : elle appartenait au seul poète qui en usait pour célébrer les dieux et les exploits des guerriers valeureux. À sa discrétion, le souvenir ou l’oubli. Les poètes se sont fatigués d’avoir à célébrer, la parole s’est usée, la bouche s’est fermée. À chacun, dès lors, de veiller sur soi et ce qui constitue la trame du temps qu’il déroule, son fil d’Ariane plus ou moins emmêlé. » Frédérique Germanaud.

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Vianet. La lettre de Frédérique Germanaud

Vianet La lettre de Frédérique Germanaud

Une femme reçoit une lettre d’une société de gestion d’immeubles à propos d’un logement vacant depuis plus d’un an. C’est le moment pour elle de se confronter à son passé, à ce qu’elle a laissé en jachère, à ses choix et ses non choix.

Magnifique livre de Frédérique Germanaud ! Mieux : envoûtant ! Tout en sensibilité et en subtilité. Loin des grandes villes, Frédérique Germanaud emmène ses lecteurs en Pays de Loire dans un univers où les silences sont rois, la lenteur un art de vivre, l’introspection, un passage obligé. Les mots d’une grande justesse – on les croirait créés pour ce livre spécifiquement -, rendent la frontière entre lecteur et narratrice de plus en plus ténue au fil de ce roman qu’on imagine volontiers autobiographique. Là n’est cependant pas l’important. Vianet. La lettre est un récit puissant écrit par une fine observatrice de la condition humaine.

Ce livre a été publié par La Clé à molette, jeune maison d’édition montbéliarde et indépendante qui affiche fièrement et en rouge l’outil du même nom sur sa couverture. Si son catalogue est encore peu fourni, il est assurément réfléchi et reflète, sans nul doute, la sensibilité de son créateur (La clé à molette).

Extrait, page 21 : « Nous jouons nos vies en permanence. Ceux de la nuit tombée un peu plus que les autres. Ce n’était pas du désir que je ressentais pour ces hommes, juste un moyen de mettre fin à mon inattention un moment, de retrouver un corps, de dormir un peu mieux. Une manière aussi de marquer les saisons : il y a eu l’homme dont les chaussures écrasaient la neige fraiche, celui qui avait laissé des traces de pluie sur le parquet. Celui qui se promenait en débardeur, laissant voir un tatouage papillon. Nulle nécessité dans la rencontre ni dans la séparation, cela se faisait ainsi, sans pensée inutile ». Frédérique Germanaud.

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