Archives de Catégorie: Lu dans la presse

Espèce d’idiome !

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Quand vient l’été, les journaux papier s’allègent quelque peu… comme si l’actualité se mettait elle-même en congés ! Les quotidiens nationaux et régionaux doivent pourtant sortir chaque jour. C’est l’occasion pour eux de proposer des articles et des angles un peu différents… dont cette rubrique, dans le journal Le Monde, « Espèce d’idiome » tenue par Muriel Gilbert, correctrice dans le quotidien et auteure de Que votre moustache pousse comme la broussaille ! Expressions des peuples, génie des langues aux éditions Ateliers Henry Dougier, paru en 2016. Hier, elle a offert aux lecteurs du Monde des variantes colorées des expressions « Prendre la poudre d’escampette » et « Pétaouchnok ». Le Français utilise cette dernière expression pour désigner un endroit lointain, très lointain, aussi loin que possible. De temps à autre, il en change pour dire la même chose avec les expressions « Tataouine », « Diable vauvert » ou encore « Trifouillis-les-Oies ». Le Belge dit plutôt : « Houte-si-Plou » ou « Macapète » alors que l’Espagnol part loin « là où Jésus-Christ perdit le béret », le béret pouvant se muer en « soulier », « pantoufle » ou « briquet ». Dans le même esprit, le Chilien dit qu’il va « là où le diable a perdu son poncho ». Et le Québécois, que dit-il ? Qu’il s’en va à « Saint-Profond-des-Meumeu ». Poétique, non ?

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La Corse, à la vie, à la mort

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Capture d’écran du site Le Monde

À découvrir dans M, le magazine du Monde, un très intéressant article signé Antoine Albertini, rédacteur en chef adjoint au quotidien Corse-Matin et correspondant du Monde sur l’île de Beauté. Intéressant à deux titres. D’abord parce que l’angle choisi pour traiter ce papier prend le contrepied des articles que l’on pourrait s’attendre à lire en ce moment alors que les vacances d’été ont démarré. Qui ne s’est pas dit un jour « je partirais bien en Corse cette année ? ». La Corse, terre idéale de vacances, soleil et dépaysement garantis. Ensuite pour l’analyse elle-même. Sans concession. Oui, la Corse est belle. Mais ce n’est pas sous ce jour qu’Antoine Albertini a voulu nous la montrer. La Corse d’Antoine Albertini est celle des règlements de compte et des balles perdues, celle qui compte plus de morts en 29 ans que de « militaires tués au cours d’opérations extérieures menées par l’armée française depuis 1963 » : environ 700 personnes ! Dans cet article qui commence par une promenade au cœur du vieux Bastia, Antoine Albertini égrène les morts : ici un instituteur sans histoire, quelques pâtés de maisons plus loin, un militant nationaliste. Certaines des victimes lui étaient proches, comme cet ancien camarade de classe. Au-delà de cette litanie macabre, Antoine Albertini pose la question de la place de la violence dans la société corse. Une violence qui, admet le journaliste, fait sans doute partie de la culture corse.

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Un vélo dans la tête

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Crédit Istockphoto | Saintho

Ah le mois de juillet ! L’été qui s’installe, les villes qui se vident en même temps que les plages se couvrent de corps pour le moins dénudés, enduits ou pas de crème solaire et … le tour de France bien sûr !

Si j’aime le vélo, je ne me lancerais ni dans l’analyse des performances des coureurs, ni dans celle du parcours de Düsseldorf aux Champs Élysées. En revanche, je vous recommande vivement les chroniques qui paraissent dans la version en ligne du journal Le Monde. Tour à tour assurées par Olivier Haralambon, auteur et ancien cycliste amateur, Guillaume Martin, équipe Wanty-Groupe Gobert, auteur d’un mémoire de master de philosophie sur Nietzsche [on appréciera la performance lorsqu’on a une étape de tour de France dans les mollets !] et Antoine Vayer, entraîneur, ces chroniques sont une réjouissance. Elles invitent le lecteur dans et hors du peloton en lui proposant des angles inédits, une vision à contre-courant de ce que la compétition cycliste a donné à voir ces dernières années, entre dopage et néologisme du type « à l’insu de mon plein gré ». Elles présentent en outre un autre intérêt : celui de nous donner une envie furieuse de grimper sur un vélo pour éprouver le corps et la tête car le corps seul ne suffit pas dans une compétition sportive.

Extrait de l’article d’Olivier Haralambon, paru ce jour sur lemonde.fr dans lequel le cycliste amateur s’interroge sur les images prises durant les différentes étapes, au plus près des coureurs, grâce à des drones ou des caméras embarquées, qui fixées sur un cintre, qui accrochées à une selle de vélo : « Ce qui est visé, c’est donc le spectacle total : qui donnerait à la fois le point de vue en surplomb, sur le corps serpentin du peloton, et celui de chacun des coureurs. Ainsi vit-on apparaître de très prometteuses petites vidéos. Et ce qui m’attriste n’est pas qu’elles soient restées insurpassées (parce que leur qualité suppose un gros travail de réalisation), mais qu’il y ait une illusion au principe même de cette compilation de toutes les perspectives possibles. Filmer depuis le cintre ou le casque d’un coureur et reproduire plus ou moins fidèlement ce qui apparaît dans son champ visuel, ça n’est pas encore se glisser dans sa peau, se substituer à lui ou vivre à sa place. La dimension visuelle n’épuise pas l’épaisseur des images, qui concernent tous nos sens : elles sont olfactives, tactiles, auditives, bien sûr. Et toutes laissent un goût sur la langue, on le sait. D’essence ou de madeleine, c’est selon. Ce qui se donne à la caméra n’est que ce que l’écume est à la vague. Cette façon d’accorder plus de réalité au spectacle qu’au spectateur qu’on est soi-même incite à la paresse : pour s’approcher de ce que vivent les acteurs, il faut produire un effort. D’imagination, ­certes, mais un effort bel et bien ».

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Mon cœur de Pauline Bureau

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Capture d’écran du site de la compagnie La part des anges

Je vous invite à écouter ou réécouter l’émission L’heure bleue sur France Inter, produite et réalisée par Laure Adler. Elle était consacrée ce soir à la pièce de théâtre de Pauline Bureau, intitulée Mon cœur. Interprétée sur la scène du théâtre des Bouffes du Nord du 16 mars au 1er avril dernier, la pièce tourne désormais un peu partout en France et c’est heureux, tant le sujet est à la fois poignant et scandaleux.

Après Emmanuelle Bercot et son excellent film La fille de Brest (bande-annonce visible ici) cette jeune auteure et metteuse en scène s’est emparé du scandale du Mediator, médicament coupe-faim produit par les laboratoires Servier. Un médicament, qui, à ce jour, a provoqué environ 2000 morts en France. La dernière victime en date est d’ailleurs décédée ce dimanche 23 avril. A la différence d’Emmanuelle Bercot qui raconte le courage d’Irène Frachon, médecin pneumologue au centre hospitalier universitaire de Brest à l’origine de la dénonciation de ce scandale, Pauline Bureau s’est intéressée aux victimes et c’est leur regard que porte la pièce tout en interrogeant le système sanitaire en France, la faiblesse de la justice face à un arsenal surpuissant d’avocats représentant les laboratoires Servier, la compromission voire la corruption de certains responsables très haut placés invités à fermer les yeux mais également la société tout entière à travers l’injonction adressée aux femmes de rester longilignes toute leur vie durant.

Une émission vibrante d’authenticité et de courage. Par les temps qui courent, un tel cadeau ne se refuse pas.

A votre poste ! => L_heure_bleue_France_Inter

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America

Magazine-America

4 numéros par an pendant 4 ans. C’est ce que nous proposent Eric Fottorino, fondateur du journal Le 1 et François Busnel, journaliste, critique littéraire, producteur et animateur de l’émission La Grande Librairie avec le magazine America. A chaque fois, 192 pages d’enquêtes, de reportages et d’entretiens écrites par des auteurs américains et français pour découvrir, analyser, mieux comprendre l’Amérique de Donald Trump.

C’est dès maintenant en kiosque et en librairie à 19€ le numéro.

Et pour accompagner ce billet, je vous propose d’écouter l’un des magnifiques morceaux du groupe de folk rock américano-britannique des années 70, America, I need you, issu de l’album America sorti en 1971. Une pépite !

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« Manterrupting »

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Crédit photo : Fotolia | Giorgiomtb

Derrière ce néologisme anglais, contraction du mot « man » (homme) et « interrupting » (action d’interrompre quelqu’un), se cache une habitude très masculine… Le fait d’interrompre les femmes lorsqu’elles prennent la parole. Constat basé sur une observation par-ci par-là et mu par une rage féministe précisément le 8 mars déclaré journée internationale des droits des femmes ? Point du tout.

Une série d’études – dont la première remonte à 1975 et a été menée sur le campus de l’université de Santa Barbara en Californie – montre en fait que le « manterrupting » « est une règle qui gouverne tous les échanges entre hommes et femmes, qu’ils aient lieu dans les bureaux, les cafés, les écoles ou les familles » écrit la très rigoureuse Anne Chemin, dans le supplément Idées du journal Le Monde daté du 4 mars dernier.

Un exemple facile à vérifier ? Lors du troisième débat télévisé des primaires de la droite et du centre, Nathalie Kosciusko-Morizet, loin d’être une novice en politique, a été interrompue pas moins de 27 fois contre 9 pour Alain Juppé, 10 pour Jean-François Copé, 11 pour Jean-Frédéric Poisson, 11 pour Bruno Le Maire et 12 pour François Fillon et Nicolas Sarkozy.

Une tendance qui ne s’exprimerait que dans le milieu politique ? Là encore, pas du tout ! En 2015, deux chercheurs américains, Adrienne B. Hancock et Benjamin A. Rubin, ont analysé 80 conversations entre 40 participants – 20 femmes et 20 hommes. Les sujets de conversation sont volontairement « neutres » c’est-à-dire choisis pour éviter d’emblée un « étiquetage féminin ou masculin ». Résultats publiés dans le Journal of Language and Social Psychology : au cours d’une conversation de trois minutes, les femmes interrompent les hommes une fois contre 2,6 fois pour les hommes. Même constat dans les entreprises. Les résultats – publiés en 2012 – de l’étude réalisée par l’experte en psychologie sociale américaine, Victoria L. Brescoll, qui consistait à demander à 156 personnes de noter sur une échelle de 1 à 7 la compétence, l’efficacité, l’avenir professionnel et l’aptitude au leadership de deux types de manageurs, sont édifiants. D’un côté les manageurs qui « parlent beaucoup, se mettent en avant et font volontiers état de leurs opinions personnelles ». De l’autre, ceux qui sont « discrets et s’expriment peu en réunion ». Les hommes de cette deuxième catégorie ont été jugés comme peu aptes à diriger. En revanche, ceux du premier type ont obtenu de très bonnes notes. Sans doute logique ! Oui mais non ! Car lorsque ce sont des femmes qui s’expriment beaucoup, y compris leurs opinions personnelles, elles obtiennent de très mauvaises notes alors que celles qui se montrent plus discrètes réalisent de bons scores !

Bref, la lutte pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes n’est pas terminée. Article disponible sur demande en passant par ce blog !

Et en bonus, je vous invite à consulter le très intéressant site Les Glorieuses et à acheter ou consulter le magazine Le 1 du jour intitulé « Sexisme feu sur les clichés ».

Et n’oubliez pas chères femmes du monde, aujourd’hui, votre journée se termine à 15h40 car vu la différence de salaire qui existe encore à poste égal, entre les hommes et les femmes, après 15h40, vous travaillez gratos !

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Où l’on se préoccupe enfin des règles orthographiques et typographiques !

Historical letterpress types, also called as lead letters. These kind of letters were used in Gutenberg presses. These letters were the beginning of typography. And were used in typesetting

Crédit photo : Fotolia | Spr

Coup de chapeau au site Cap Com cette semaine, le réseau de la communication publique et territoriale, qui rappelle quelques règles orthographiques et typographiques en matière de nom de communes. En effet, selon l’association des maires de France, 35% des noms des communes nouvelles parus à ce jour dans le Journal officiel ne sont pas conformes aux règles orthographiques et typographiques en vigueur : abus des majuscules, traits d’union manquants, fautes d’orthographe ! Autant d’erreurs qui posent des problèmes d’identification des communes, de doublons, de contresens historiques et/ou géographiques et de traitement informatique. Or, pour corriger les erreurs en question, cela nécessite un décret du Conseil d’État après avis de la commission consultative pour la révision du nom des communes… Allez, épargnons le Conseil d’État, il a bien d’autres choses à faire !

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