Archives de Catégorie: ça tourne!

Numéro Une de Tonie Marshall

Numéro Une de Tonie Marshall

La quarantaine, ingénieure, Emmanuelle Blachey mène une brillante carrière chez le géant de l’énergie, jusqu’à accéder au comité exécutif. Un jour, elle est contactée par un réseau de femmes d’influence qui lui propose de l’aider à prendre la tête d’une entreprise du CAC 40, faisant ainsi d’elle la première femme à un tel poste. La proposition est tentante mais en acceptant cette dernière, Emmanuelle Blachey, pourtant rompue à l’exercice des hautes sphères aussi politiques que médiocres, ne sait pas qu’elle s’est engagée dans une guerre qui ne dit pas son nom.

Excellent film que ce Numéro Une qui montre à la fois l’envers du décor de ces entreprises-pieuvres tout comme le machisme ambiant qui y règne. Emmanuelle Devos, décidément excellente, y campe une femme intelligente, sensible qui semble prendre conscience de ses capacités et des obstacles qu’elle a eu à franchir jusque-là au fur et à mesure des oppositions qu’elle rencontre dans cette nouvelle conquête. Mais la force de ce film réside aussi dans les seconds rôles. Les aficionados des films de Xavier Dolan apprécieront de retrouver l’une des actrices fétiches du réalisateur, Suzanne Clément, tout comme Benjamin Biolay, Sami Frey ou encore Richard Berry.

Et maintenant la bande-annonce…

 

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Au revoir là-haut d’Albert Dupontel

 

Au-revoir-là-haut-Credit Laurent Lufroy-photo-JérômePrébois

Copyright : L. Lufroy | Photo :J. Prébois

 

Adapté du roman éponyme de Pierre Lemaître, Au revoir là-haut d’Albert Dupontel narre l’arnaque aux monuments aux morts de deux anciens Poilus, ressuscités des tranchées. L’un, Albert, est aide-comptable, l’autre, Édouard, issu d’une famille bourgeoise, dessine. Si le premier ne retrouve à son retour ni sa femme, ni son travail, le second, à qui il manque le bas du visage, refuse de rentrer chez lui où l’attend son père avec qui il a un vieux contentieux, et sa sœur.

Les critiques ne sont pas tendres avec le dernier film d’Albert Dupontel. Et pourtant ! Albert Dupontel parvient à merveille à embarquer le spectateur dans la vie de ces deux hommes que rien ne prédestinait à se rencontrer et qu’un champ de bataille et les horreurs de la guerre vont lier à jamais. Plus que les décors ou la supposée « gloutonnerie esthétique » d’Albert Dupontel, je veux retenir de ce film la belle histoire d’amitié qu’il raconte, la dénonciation – une fois de plus – de la boucherie qu’a été la guerre de 14-18 et le peu de soutien que ces jeunes gens, convoqués sous les drapeaux sans avoir leur mot à dire, ont reçu à leur retour. Le tout est très bien interprété, tant les premiers rôles que les seconds avec un Niels Arestrup, dans le rôle du père d’Édouard, comme toujours excellent. Et toujours cette tendresse infinie et touchante d’Albert Dupontel pour les gens de peu.

Pour voir la bande-annonce…

 

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Loulou est enceinte

Depuis quelques années, les mini-séries diffusées sur le web ont la cote. Celle que nous propose Arte Creative en 11 épisodes de 4 à 6 minutes chacun est hilarante. Elle raconte l’histoire de Loulou.

Loulou, la trentaine libérée, déjantée, pas tout à fait encore adulte, entourée de ses trois inséparables amis, pas plus adultes qu’elle.

Loulou, donc, est enceinte. Une nouvelle à laquelle elle n’est pas du tout préparée et ses amis non plus !

Drôle, touchant et habile dans le traitement : « Être enceinte est une expérience de vie mais toutes les femmes ne le vivent pas de la même manière et ce n’est pas obligatoirement un « kiff de ouf » comme la société aime à le penser ! ».

Les acteurs sont formidables et le deuxième épisode avec François Morel et Noémie Lvovsky incarnant les parents de Loulou est tordant.

Pour voir la bande-annonce :

Le premier épisode – et les suivants – est à voir ici :

Loulou_sur_ArteCreative

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Barbara de Mathieu Amalric

Barbra-Mathieu-Amalric

Amateurs et amatrices de biographies sagement ordonnancées, méthodiquement cadrées, agencées, orchestrées, n’allez pas voir Barbara. Vous risqueriez d’être profondément déçus !

Plus qu’à la vie de l’artiste c’est à sa personnalité que Mathieu Amalric s’intéresse. Et le résultat est prodigieux et troublant tant, à un moment donné, le spectateur ne sait plus qui de la vraie – le film comporte des extraits de tournées de Barbara – ou de la fausse – Jeanne Balibar interprète le rôle d’une actrice, Brigitte, à qui l’on demande de tenir le rôle de Barbara… construction en abîme, résultat vertigineux – est la véritable Barbara, celle qui a tout donné à son public. De l’histoire de sa vie, on apprend peu de choses mais qu’importe, Barbara est là, sous nos yeux, ses chansons aussi et son interprétation toujours aussi poignante. Chacun y retrouvera les souvenirs qui lui sont propres de « Il pleut sur Nantes » à « L’aigle noir » en passant par « Dis, quand reviendras-tu ? » et « Göttingen » en version allemande s’il vous plaît.

Pour voir la bande-annonce, c’est par là :

Pour le plaisir, Barbara en 1962 :

 

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120 battements par minute de Robin Campillo

120 battements par minute

Grand prix du Festival de Cannes 2017, 120 battements par minute retrace les années d’activisme politique d’Act Up Paris au début de la décennie 90 alors même que le sida fait des ravages et qu’aucun gouvernement ne daigne réellement s’intéresser à cette pandémie. Pandémie dont beaucoup estiment, à l’époque, qu’elle ne concerne qu’une catégorie de personnes (gays, toxicos, prostituées) vivant en marge de la société. En parallèle, Robin Campillo met en scène la rencontre, lors d’une des réunions hebdomadaires de l’association, de Sean et Nathan. L’un est séropositif, l’autre pas.

Honni par les uns qui le trouve trop lacrymal et stéréotypé, encensé par les autres, 120 battement par minute ne peut sans doute laisser personne indifférent. Personnellement, je suis ressortie du cinéma dans un état de sidération. 120 battements par minute a l’intérêt de témoigner d’une époque – pas si lointaine – où la sexualité entre personnes du même sexe était taboue et de mettre en lumière des « invisibles » aux yeux d’une société soi-disant bien-pensante. Vingt-sept ans plus tard, la société a un peu évolué mais pas tant que cela, les gays sont un peu plus visibles – encore que là aussi, il existe une différence entre les hommes et les femmes -, sans doute un peu mieux acceptés – bien que cela dépende des milieux -, des programmes de prévention ont été mis en place – du moins dans les pays développés -, les recherches sur le sida ont progressé. La maladie continue cependant de tuer 2 millions de personnes chaque année.

Pour voir la bande-annonce…

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Aurore de Blandine Lenoir

Aurore-de-Blandine-Renoir

La cinquantaine, Aurore est en pleine séparation et la ménopause, avec ses soudaines bouffées de chaleur, la guette sauvagement. Pour couronner le tout, elle vient de perdre son emploi de serveuse dans un restaurant et sa fille aînée lui apprend qu’elle va devenir grand-mère. De quoi vaciller ou se relancer dans la vie d’une autre manière. Surtout, si, au détour d’une visite d’appartement, on retrouve par hasard son amour de jeunesse.

Sur un ton tragi-comique, Blandine Lenoir dénonce le sort que la société réserve aux femmes de plus de 40 ans une fois que celles-ci ont accompli leur devoir de mère tandis qu’en parallèle, un homme du même âge semble être promis à une seconde jeunesse. Et le résultat est magnifique, terriblement touchant. Un bel hommage aux femmes de tous les âges sans pour autant accabler les hommes et une bande-son extra, sans compter la prestation d’Agnès Jaoui, excellente de bout en bout.

Pour voir la bande-annonce, c’est par ici.

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Cleveland contre Wall Street de Jean-Stéphane Bron

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Cleveland dans l’Ohio intentant un procès à Wall Street, aux 21 banques du quartier d’affaires new yorkais, responsables, selon la ville, de la crise des subprimes de 2008. Si ce procès n’a jamais eu lieu dans les faits, la ville de Cleveland, dont 100 000 habitants ont été, au sens propre, expulsés de chez eux manu militari, a réellement sollicité un avocat en 2008 pour traîner les banques d’affaires devant les tribunaux. D’appels en recours interminables, le dossier n’a pas été instruit. Mais Jean-Stéphane Bron, réalisateur et scénariste suisse, s’est emparé de ce sujet, invitant chacun des « vrais » protagonistes – habitants spoliés, avocats des 21 banques et des habitants, courtiers, juge et jurés – de cette histoire, à venir s’exprimer devant la caméra et à dire ce qu’ils avaient préparé en vue du procès qui aurait dû se tenir. Un documentaire édifiant et désolant sur le gigantesque système de spoliation mis en place par les banques. Tourné en 2010, ce documentaire a fait l’objet d’une nouvelle projection au 26e festival du film documentaire « Traces de vies » qui s’est tenu à Clermont-Ferrand du 21 au 27 novembre dernier. À voir dès que l’occasion se présente !

Pour voir le documentaire, c’est ici: Cleveland contre Wall Street

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