Archives de Catégorie: ça tourne!

Barbara de Mathieu Amalric

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Amateurs et amatrices de biographies sagement ordonnancées, méthodiquement cadrées, agencées, orchestrées, n’allez pas voir Barbara. Vous risqueriez d’être profondément déçus !

Plus qu’à la vie de l’artiste c’est à sa personnalité que Mathieu Amalric s’intéresse. Et le résultat est prodigieux et troublant tant, à un moment donné, le spectateur ne sait plus qui de la vraie – le film comporte des extraits de tournées de Barbara – ou de la fausse – Jeanne Balibar interprète le rôle d’une actrice, Brigitte, à qui l’on demande de tenir le rôle de Barbara… construction en abîme, résultat vertigineux – est la véritable Barbara, celle qui a tout donné à son public. De l’histoire de sa vie, on apprend peu de choses mais qu’importe, Barbara est là, sous nos yeux, ses chansons aussi et son interprétation toujours aussi poignante. Chacun y retrouvera les souvenirs qui lui sont propres de « Il pleut sur Nantes » à « L’aigle noir » en passant par « Dis, quand reviendras-tu ? » et « Göttingen » en version allemande s’il vous plaît.

Pour voir la bande-annonce, c’est par là :

Pour le plaisir, Barbara en 1962 :

 

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120 battements par minute de Robin Campillo

120 battements par minute

Grand prix du Festival de Cannes 2017, 120 battements par minute retrace les années d’activisme politique d’Act Up Paris au début de la décennie 90 alors même que le sida fait des ravages et qu’aucun gouvernement ne daigne réellement s’intéresser à cette pandémie. Pandémie dont beaucoup estiment, à l’époque, qu’elle ne concerne qu’une catégorie de personnes (gays, toxicos, prostituées) vivant en marge de la société. En parallèle, Robin Campillo met en scène la rencontre, lors d’une des réunions hebdomadaires de l’association, de Sean et Nathan. L’un est séropositif, l’autre pas.

Honni par les uns qui le trouve trop lacrymal et stéréotypé, encensé par les autres, 120 battement par minute ne peut sans doute laisser personne indifférent. Personnellement, je suis ressortie du cinéma dans un état de sidération. 120 battements par minute a l’intérêt de témoigner d’une époque – pas si lointaine – où la sexualité entre personnes du même sexe était taboue et de mettre en lumière des « invisibles » aux yeux d’une société soi-disant bien-pensante. Vingt-sept ans plus tard, la société a un peu évolué mais pas tant que cela, les gays sont un peu plus visibles – encore que là aussi, il existe une différence entre les hommes et les femmes -, sans doute un peu mieux acceptés – bien que cela dépende des milieux -, des programmes de prévention ont été mis en place – du moins dans les pays développés -, les recherches sur le sida ont progressé. La maladie continue cependant de tuer 2 millions de personnes chaque année.

Pour voir la bande-annonce…

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Aurore de Blandine Lenoir

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La cinquantaine, Aurore est en pleine séparation et la ménopause, avec ses soudaines bouffées de chaleur, la guette sauvagement. Pour couronner le tout, elle vient de perdre son emploi de serveuse dans un restaurant et sa fille aînée lui apprend qu’elle va devenir grand-mère. De quoi vaciller ou se relancer dans la vie d’une autre manière. Surtout, si, au détour d’une visite d’appartement, on retrouve par hasard son amour de jeunesse.

Sur un ton tragi-comique, Blandine Lenoir dénonce le sort que la société réserve aux femmes de plus de 40 ans une fois que celles-ci ont accompli leur devoir de mère tandis qu’en parallèle, un homme du même âge semble être promis à une seconde jeunesse. Et le résultat est magnifique, terriblement touchant. Un bel hommage aux femmes de tous les âges sans pour autant accabler les hommes et une bande-son extra, sans compter la prestation d’Agnès Jaoui, excellente de bout en bout.

Pour voir la bande-annonce, c’est par ici.

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Cleveland contre Wall Street de Jean-Stéphane Bron

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Cleveland dans l’Ohio intentant un procès à Wall Street, aux 21 banques du quartier d’affaires new yorkais, responsables, selon la ville, de la crise des subprimes de 2008. Si ce procès n’a jamais eu lieu dans les faits, la ville de Cleveland, dont 100 000 habitants ont été, au sens propre, expulsés de chez eux manu militari, a réellement sollicité un avocat en 2008 pour traîner les banques d’affaires devant les tribunaux. D’appels en recours interminables, le dossier n’a pas été instruit. Mais Jean-Stéphane Bron, réalisateur et scénariste suisse, s’est emparé de ce sujet, invitant chacun des « vrais » protagonistes – habitants spoliés, avocats des 21 banques et des habitants, courtiers, juge et jurés – de cette histoire, à venir s’exprimer devant la caméra et à dire ce qu’ils avaient préparé en vue du procès qui aurait dû se tenir. Un documentaire édifiant et désolant sur le gigantesque système de spoliation mis en place par les banques. Tourné en 2010, ce documentaire a fait l’objet d’une nouvelle projection au 26e festival du film documentaire « Traces de vies » qui s’est tenu à Clermont-Ferrand du 21 au 27 novembre dernier. À voir dès que l’occasion se présente !

Pour voir le documentaire, c’est ici: Cleveland contre Wall Street

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Réparer les vivants de Katell Quillivéré

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Simon a 16/17 ans. Sa vie c’est le surf et Juliette. Un matin, alors que le jour dort encore, il part avec ses deux amis pour une séance de surf dans une mer déchaînée. Le retour en voiture est fatal à Simon qui ne portait pas sa ceinture de sécurité. Là, sur ce lit d’hôpital, Simon semble endormi, son visage est serein malgré la multitude de tuyaux qui entrave son corps. Un corps encore chaud que les machines autour de lui maintiennent en vie.

À plusieurs centaines de kilomètres de là, une femme attend une greffe qui pourrait la sauver.

Adapté du livre de Maylis de Kerangal sorti en 2014 (vous pouvez retrouver mon billet au sujet de ce livre ici) et portant le même titre, ce film m’a fait le même effet que le roman. Un uppercut. Un film ramassé en 1h40, dense, fort, très documenté et porté par une kyrielle d’acteurs qui tous ont leur importance sans qu’aucun ne phagocyte l’autre. Chacun est le maillon d’une chaîne entre mort et vie. Au-delà de l’incommensurable chagrin de ses parents, Simon va vivre et faire vivre d’autres histoires, d’autres personnes. Tout le talent de Katell Quillivéré est ici, dans cette capacité qu’elle a à faire d’un événement dramatique une pulsion de vie qui diffuse tout autour d’elle. La mort génère de la rencontre et c’est la vie qui circule à travers tous ces êtres.

Vous sortirez du cinéma à coup sûr bouleversé, chamboulé, étrillé mais convaincu qu’il est crucial de faire connaître à vos proches votre souhait quant au don de vos organes en cas de mort cérébrale. Après avoir vu Réparer les vivants, on ne peut que vouloir donner.

Pour voir la bande-annonce : c’est par là …

 

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Poesia sin fin d’Alejandro Jodorowsky

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Jodorowsky raconté par Jodorowsky… A priori l’exercice semble périlleux tant il pourrait vite déraper vers l’autobiographie complaisante. Il n’en est rien. Dans Poesia sin fin, l’artiste franco-chilien aux multiples facettes met en scène le début de sa vie, de ses années adolescentes à Santiago du Chili, en pleine Seconde Guerre mondiale jusqu’à son départ pour la France alors qu’il a environ vingt d’ans. Des années marquées par un père autocratique voulant faire du jeune Alejandro un grand médecin alors que lui ne rêve que de poésie.

À 87 ans, Alejandro Jodorowsky (magistralement interprété à l’écran par l’un de ses fils, Adan) nous offre un film magnifique, d’une grande énergie, à l’image de la vie, à la fois noir et coloré, tendre et violent, désespérant et enthousiasmant. D’une grande richesse par les thèmes abordés, il mérite sans aucun doute d’être vu plusieurs fois. Mais pour cela, il faudra se presser quelque peu : Poesia sin fin est sorti le 5 octobre dernier et dans des cinémas d’art et d’essai…

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Crédit photo : Pascale Montandon-Jodorowsky

Pour voir la bande-annonce :

Alexandro Jodorowsky nous parle… écoutez-le, cet homme a une énergie incroyable !

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Juste la fin du monde de Xavier Dolan

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Après douze ans d’absence, Louis, 34 ans, devenu écrivain à succès, rentre dans sa famille. Une dernière fois. Il tient à revoir sa mère, son frère, la compagne de ce dernier ainsi que sa jeune sœur qui n’avait que dix ans lorsqu’il est parti. Pour leur dire au revoir. Car Louis va mourir. Mais comment va-t-il être accueilli lui qui n’est resté en contact avec sa famille que par des cartes postales d’anniversaire très convenues ? Saura-t-il trouver les mots ? Vont-ils pleurer ? Crier ? Le comprendront-ils ?

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Crédit photo : Shayne Laverdiäre -Sons of Manual

 

C’est un huis-clos familial oppressant et totalement hystérique que nous offre Xavier Dolan où les rancœurs le disputent aux ressentiments qui ne cessent de flirter avec les fantômes du passé, le tout nimbé d’un amour impossible à dire. Les personnages, de Gaspard Ulliel qui incarne Louis à Nathalie Baye (la mère) en passant par Vincent Cassel (le frère), Marion Cotillard (la belle-sœur de Louis) et Léa Seydoux (la sœur), ont tous une belle densité et incarnent parfaitement ce qui ressemblerait à quelque chose comme « vivre ensemble nous est impossible mais vivre loin les uns des autres l’est tout autant ».

 

Pour voir la bande-annonce, c’est par là :

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