Archives quotidiennes : 22 septembre 2017

L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May

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En Écosse, un policier est envoyé sur l’île sur laquelle il a grandi afin de prêter main forte aux policiers sur place dans le cadre d’une enquête dont la mise en scène en rappelle une autre sur laquelle il travaille à Édimbourg.

Premier tome de cette trilogie écossaise, L’île des chasseurs d’oiseaux est un polar bien ficelé et très documenté qui entraîne le lecteur dans une Écosse aux rites ancestraux qui se chauffe à la tourbe, parle encore le gaélique et pratique le sabbat chrétien. Dans une atmosphère humide et brumeuse, Peter May perd le lecteur sur de fausses pistes, l’intrigue par des dialogues sibyllins et lui assène le coup de grâce à la toute fin, dans une scène qu’on imagine volontiers sur grand écran. Et l’on s’accroche à son livre comme à l’éperon d’une falaise pour ne pas tomber à notre tour.

Magistral !

Paru en 2009, L’île des chasseurs d’oiseaux peut se lire séparément des deux autres livres que sont L’homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu, quand bien même le lecteur y retrouve le policier Fin Macleod.

Extrait, page 98 : « Fin remontait la route en direction du village. Le vent lui soufflait doucement dans le visage. Il jeta un coup d’œil en bas de la colline et vit, au loin, Gunn qui se dirigeait vers Port of Ness pour récupérer la voiture. Il sentit quelques gouttes de pluie, mais le ciel, bien que menaçant, était déjà en train de se dégager et il se dit qu’en fait, il n’allait peut-être pas pleuvoir.

On avait beau être en août, quelqu’un avait allumé un feu. La brise lui amenait l’odeur caractéristique de la tourbe en train de se consumer, riche, à la senteur fumée. Cela le ramena vingt, trente ans en arrière. Il trouvait cela extraordinaire de voir à quel point il avait changé pendant cette période alors qu’ici, là où il avait grandi, presque rien n’avait changé. Il avait l’impression d’être un fantôme hantant son propre passé, errant dans les rues de son enfance. Il s’attendait presque à se voir, accompagné d’Artair, surgir au coin de la rue à côté de l’église, juchés sur leurs bicyclettes en direction du Bazar au pied de la colline, pour y dépenser leur argent de poche du samedi. » Peter May.

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