Un vélo dans la tête

course cycliste

Crédit Istockphoto | Saintho

Ah le mois de juillet ! L’été qui s’installe, les villes qui se vident en même temps que les plages se couvrent de corps pour le moins dénudés, enduits ou pas de crème solaire et … le tour de France bien sûr !

Si j’aime le vélo, je ne me lancerais ni dans l’analyse des performances des coureurs, ni dans celle du parcours de Düsseldorf aux Champs Élysées. En revanche, je vous recommande vivement les chroniques qui paraissent dans la version en ligne du journal Le Monde. Tour à tour assurées par Olivier Haralambon, auteur et ancien cycliste amateur, Guillaume Martin, équipe Wanty-Groupe Gobert, auteur d’un mémoire de master de philosophie sur Nietzsche [on appréciera la performance lorsqu’on a une étape de tour de France dans les mollets !] et Antoine Vayer, entraîneur, ces chroniques sont une réjouissance. Elles invitent le lecteur dans et hors du peloton en lui proposant des angles inédits, une vision à contre-courant de ce que la compétition cycliste a donné à voir ces dernières années, entre dopage et néologisme du type « à l’insu de mon plein gré ». Elles présentent en outre un autre intérêt : celui de nous donner une envie furieuse de grimper sur un vélo pour éprouver le corps et la tête car le corps seul ne suffit pas dans une compétition sportive.

Extrait de l’article d’Olivier Haralambon, paru ce jour sur lemonde.fr dans lequel le cycliste amateur s’interroge sur les images prises durant les différentes étapes, au plus près des coureurs, grâce à des drones ou des caméras embarquées, qui fixées sur un cintre, qui accrochées à une selle de vélo : « Ce qui est visé, c’est donc le spectacle total : qui donnerait à la fois le point de vue en surplomb, sur le corps serpentin du peloton, et celui de chacun des coureurs. Ainsi vit-on apparaître de très prometteuses petites vidéos. Et ce qui m’attriste n’est pas qu’elles soient restées insurpassées (parce que leur qualité suppose un gros travail de réalisation), mais qu’il y ait une illusion au principe même de cette compilation de toutes les perspectives possibles. Filmer depuis le cintre ou le casque d’un coureur et reproduire plus ou moins fidèlement ce qui apparaît dans son champ visuel, ça n’est pas encore se glisser dans sa peau, se substituer à lui ou vivre à sa place. La dimension visuelle n’épuise pas l’épaisseur des images, qui concernent tous nos sens : elles sont olfactives, tactiles, auditives, bien sûr. Et toutes laissent un goût sur la langue, on le sait. D’essence ou de madeleine, c’est selon. Ce qui se donne à la caméra n’est que ce que l’écume est à la vague. Cette façon d’accorder plus de réalité au spectacle qu’au spectateur qu’on est soi-même incite à la paresse : pour s’approcher de ce que vivent les acteurs, il faut produire un effort. D’imagination, ­certes, mais un effort bel et bien ».

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