Archives mensuelles : juillet 2017

Espèce d’idiome !

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Quand vient l’été, les journaux papier s’allègent quelque peu… comme si l’actualité se mettait elle-même en congés ! Les quotidiens nationaux et régionaux doivent pourtant sortir chaque jour. C’est l’occasion pour eux de proposer des articles et des angles un peu différents… dont cette rubrique, dans le journal Le Monde, « Espèce d’idiome » tenue par Muriel Gilbert, correctrice dans le quotidien et auteure de Que votre moustache pousse comme la broussaille ! Expressions des peuples, génie des langues aux éditions Ateliers Henry Dougier, paru en 2016. Hier, elle a offert aux lecteurs du Monde des variantes colorées des expressions « Prendre la poudre d’escampette » et « Pétaouchnok ». Le Français utilise cette dernière expression pour désigner un endroit lointain, très lointain, aussi loin que possible. De temps à autre, il en change pour dire la même chose avec les expressions « Tataouine », « Diable vauvert » ou encore « Trifouillis-les-Oies ». Le Belge dit plutôt : « Houte-si-Plou » ou « Macapète » alors que l’Espagnol part loin « là où Jésus-Christ perdit le béret », le béret pouvant se muer en « soulier », « pantoufle » ou « briquet ». Dans le même esprit, le Chilien dit qu’il va « là où le diable a perdu son poncho ». Et le Québécois, que dit-il ? Qu’il s’en va à « Saint-Profond-des-Meumeu ». Poétique, non ?

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Fendre l’armure d’Anna Gavalda

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Anna Gavalda revient sur les étals des libraires avec non pas une mais sept histoires. Sept histoires écrites à la première personne du singulier. Sept histoires de gens ordinaires, c’est-à-dire de personnes dans lesquelles les lecteurs que nous sommes – dans le métro, le bus, le train, sur le canapé, au fond d’un lit, dans une salle d’attente – peuvent se reconnaître. Certains sont un peu plus cabossés par la vie que d’autres, tous ont quelque chose d’infiniment touchant et c’est précisément ce qui m’a plu dans ces sept nouvelles. Comme l’histoire – La maquisarde – de ces deux femmes qui se rencontrent dans un bar. L’une est veuve, l’autre aime un homme marié, ou encore l’histoire – Le fantassin – de cet homme d’affaires que sa femme quitte parce qu’il n’est jamais là, trop accaparé par son travail, et qui, un soir, dans un hôtel à Séoul, évoque Louis son voisin de pallier. Il y a de l’humanité dans ces nouvelles, de l’empathie, sans pour autant tomber dans le pathos. Bien sûr, les détracteurs de toujours d’Anna Gavalda s’en sont donné à cœur joie. Certains avec une telle hargne – Eric Chevillard dans Le Monde – qu’on en vient à s’interroger sur les ressorts de cette animosité. Serait-il jaloux du succès qu’Anna Gavalda aura assurément avec ce livre ?

Extrait, page 188 : « Louis. Me revoilà. Plusieurs mois ont passé et me revoilà aujourd’hui plus calme et moins grossier, mais je me pose toujours les mêmes questions, vous savez… Je me pose les mêmes questions et j’en arrive toujours à la même conclusion : vous me manquez l’ami. Vous me manquez terriblement. Comment aurais-je pu imaginer que vous me manqueriez autant ? Ce n’est pas une expression, je ne dis pas « Vous me manquez » comme je viendrais me plaindre à vous d’un manque de sommeil, de soleil, de courage ou de temps, je vous le dis comme s’il me manquait une part de moi-même. La meilleure peut-être. La seule paisible et la plus bienveillante. La mieux veillante. Vous me veillez aujourd’hui comme vous aviez veillé sur moi il y a deux ans. Deux ans, Louis, deux ans. Comment est-ce possible ? D’avoir mis tant de vie dans si peu de jours …»

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A nickel and a nail de Don Bryant

À découvrir en ce vendredi soir qui fleure bon les vacances ce magnifique morceau de Don Bryant, A nickel and a nail, issu de l’album Don’t give up on love (Ne renonce pas à l’amour). De la soul du sud des États-Unis comme on les aime, mélange de gospel et de blues, rappelant tout à la fois Otis Redding et Al Green. Sorti au printemps dernier, cet album est le deuxième de la carrière musicale de Don Bryant, 75 ans depuis le mois d’avril (respect !). Le premier est sorti en 1969. Un album qu’il dédie à sa femme, la chanteuse Ann Peeble.

 Allez, arrêtez tout et laissez-vous cueillir par ce morceau à la sensualité exacerbée.

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De l’éditeur au lecteur

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Reçu ce jour par La Poste directement de l’éditeur, l’excellent La Clé à molette à Montbéliard, au lecteur, le quatrième opus de Frédérique Germanaud, après La Chambre d’écho, Quatre-vingt-dix motifs et Vianet. Plaisir à venir certain.

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Lyon, une ville à vivre

Ce soir, aux alentours de 21h00. En traversant le Rhône.

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La Corse, à la vie, à la mort

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Capture d’écran du site Le Monde

À découvrir dans M, le magazine du Monde, un très intéressant article signé Antoine Albertini, rédacteur en chef adjoint au quotidien Corse-Matin et correspondant du Monde sur l’île de Beauté. Intéressant à deux titres. D’abord parce que l’angle choisi pour traiter ce papier prend le contrepied des articles que l’on pourrait s’attendre à lire en ce moment alors que les vacances d’été ont démarré. Qui ne s’est pas dit un jour « je partirais bien en Corse cette année ? ». La Corse, terre idéale de vacances, soleil et dépaysement garantis. Ensuite pour l’analyse elle-même. Sans concession. Oui, la Corse est belle. Mais ce n’est pas sous ce jour qu’Antoine Albertini a voulu nous la montrer. La Corse d’Antoine Albertini est celle des règlements de compte et des balles perdues, celle qui compte plus de morts en 29 ans que de « militaires tués au cours d’opérations extérieures menées par l’armée française depuis 1963 » : environ 700 personnes ! Dans cet article qui commence par une promenade au cœur du vieux Bastia, Antoine Albertini égrène les morts : ici un instituteur sans histoire, quelques pâtés de maisons plus loin, un militant nationaliste. Certaines des victimes lui étaient proches, comme cet ancien camarade de classe. Au-delà de cette litanie macabre, Antoine Albertini pose la question de la place de la violence dans la société corse. Une violence qui, admet le journaliste, fait sans doute partie de la culture corse.

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Un vélo dans la tête

course cycliste

Crédit Istockphoto | Saintho

Ah le mois de juillet ! L’été qui s’installe, les villes qui se vident en même temps que les plages se couvrent de corps pour le moins dénudés, enduits ou pas de crème solaire et … le tour de France bien sûr !

Si j’aime le vélo, je ne me lancerais ni dans l’analyse des performances des coureurs, ni dans celle du parcours de Düsseldorf aux Champs Élysées. En revanche, je vous recommande vivement les chroniques qui paraissent dans la version en ligne du journal Le Monde. Tour à tour assurées par Olivier Haralambon, auteur et ancien cycliste amateur, Guillaume Martin, équipe Wanty-Groupe Gobert, auteur d’un mémoire de master de philosophie sur Nietzsche [on appréciera la performance lorsqu’on a une étape de tour de France dans les mollets !] et Antoine Vayer, entraîneur, ces chroniques sont une réjouissance. Elles invitent le lecteur dans et hors du peloton en lui proposant des angles inédits, une vision à contre-courant de ce que la compétition cycliste a donné à voir ces dernières années, entre dopage et néologisme du type « à l’insu de mon plein gré ». Elles présentent en outre un autre intérêt : celui de nous donner une envie furieuse de grimper sur un vélo pour éprouver le corps et la tête car le corps seul ne suffit pas dans une compétition sportive.

Extrait de l’article d’Olivier Haralambon, paru ce jour sur lemonde.fr dans lequel le cycliste amateur s’interroge sur les images prises durant les différentes étapes, au plus près des coureurs, grâce à des drones ou des caméras embarquées, qui fixées sur un cintre, qui accrochées à une selle de vélo : « Ce qui est visé, c’est donc le spectacle total : qui donnerait à la fois le point de vue en surplomb, sur le corps serpentin du peloton, et celui de chacun des coureurs. Ainsi vit-on apparaître de très prometteuses petites vidéos. Et ce qui m’attriste n’est pas qu’elles soient restées insurpassées (parce que leur qualité suppose un gros travail de réalisation), mais qu’il y ait une illusion au principe même de cette compilation de toutes les perspectives possibles. Filmer depuis le cintre ou le casque d’un coureur et reproduire plus ou moins fidèlement ce qui apparaît dans son champ visuel, ça n’est pas encore se glisser dans sa peau, se substituer à lui ou vivre à sa place. La dimension visuelle n’épuise pas l’épaisseur des images, qui concernent tous nos sens : elles sont olfactives, tactiles, auditives, bien sûr. Et toutes laissent un goût sur la langue, on le sait. D’essence ou de madeleine, c’est selon. Ce qui se donne à la caméra n’est que ce que l’écume est à la vague. Cette façon d’accorder plus de réalité au spectacle qu’au spectateur qu’on est soi-même incite à la paresse : pour s’approcher de ce que vivent les acteurs, il faut produire un effort. D’imagination, ­certes, mais un effort bel et bien ».

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