Le détroit du Loup d’Olivier Truc

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Laponie norvégienne. Détroit du Loup. Alors que le printemps pointe doucement ses bourgeons et que les heures d’ensoleillement n’en finissent plus de s’allonger, les éleveurs de rennes se préparent à faire traverser le détroit du Loup à leurs bêtes. Mais c’est soudain l’accident. Erik Steggo, jeune éleveur, se noie dans le tourbillon créé par la ronde des rennes au beau milieu du détroit. Un accident ? Vraiment ? Et si la mort d’Erik Steggo servait une autre cause comme celle des groupes pétroliers cherchant absolument à s’approprier les terres sur lesquelles paissent les troupeaux de rennes ? Et si la mort du maire d’Hammerfest avait un lien avec celle de l’éleveur ? Autant de questions que Klemet et Nina, deux membres de la police des rennes, vont très vite se poser…

J’ai retrouvé avec grand plaisir les héros du précédent livre écrit par Olivier Truc, Le dernier lapon, ainsi que l’atmosphère si particulière qui règne au-dessus du cercle polaire. Le rythme est toujours aussi lent mais l’intrigue est bien menée et permet aux lecteurs de découvrir et de comprendre tant la culture sami que les intérêts économiques et financiers qui se jouent dans cette partie du globe où la bêtise le dispute à la cupidité.

Un très bon roman à lire bien calé dans un canapé, loin de toute zone de turbulence, pour en apprécier la profondeur.

Extrait, page 36 : « Ils trouvèrent facilement Anneli, même si la marche dans la neige molle les fatigua. La jeune femme surveillait seule ses bêtes. Elle est presque plus blonde que moi, remarqua Nina avec étonnement. Elle avait de longs cheveux raides tombant sous les épaules, des lèvres charnues et de jolies pommettes. Le vent leur battait le visage. Anneli se tenait sur un rocher surplombant la petite vallée tachetée de bouleaux nains. Elle marqua un léger étonnement en voyant les policiers arriver, mais en même temps elle savait bien que la police des rennes allait toujours se renseigner quand des troupeaux étaient en retard ou en avance sur les périodes de transhumance. Une façon de prévenir les conflits entre éleveurs pour des questions d’accès aux pâturages. Anneli leur fit signe, d’un air enjoué. Quand ils furent assez près, elle chuchota d’un air plein d’excitation, leur faisant signe de s’approcher encore jusqu’au rocher.

– Regardez, une femelle va mettre bas.

On y voyait encore bien. Nina attrapa les jumelles et elle assista au précieux moment. Klemet était resté en retrait. Nina devrait se charger d’annoncer la nouvelle à la jeune femme.

– Le souffle du vidda appelle les jeunes rennes à la vie, murmurait Anneli tout à côté de Nina.

La policière voyait le jeune faon s’ébrouer, maladroit sur ses fines pattes. Elle sentait le souffle de la jeune femme dans son oreille.

– La sève ancestrale les traverse déjà, tu vois comme d’instinct ils trouvent leur mère et comment leur mère d’instinct s’inquiète déjà. Sais-tu qu’une mère apeurée abandonne son petit ? Le silence est leur premier voile de tendresse. Toute la magie de la vie se joue en cet instant.

Doux et purs, pensait Nina, émue par les mots d’Anneli. Le moment n’en était que plus insupportable. Elle se retourna vers Klemet, tapi dans l’ombre. Il lui fit un signe de la tête. Nina prit délicatement la main d’Anneli, et elle lui raconta. » Olivier Truc.

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