La maison du sommeil de Jonathan Coe

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Cinq étudiants dans l’Angleterre des années 80 vivent dans une vaste maison juchée sur une falaise au bord de la mer. Il y a tout d’abord Sarah, atteinte de narcolepsie, faisant sans cesse des rêves qui se confondent avec la réalité. Puis Gregory, son étrange compagnon. Terry, passionné de cinéma, qui vit dans son monde, Véronica dont Sarah tombera amoureuse et enfin Robert, mal dans sa peau, plus à l’aise dans des habits de femme que d’homme et amoureux de Sarah. La vie les sépare pendant douze années jusqu’à ce qu’elle les convoque une nouvelle fois à Ashdown, dans cette maison lugubre devenue une clinique pour personnes ayant des troubles du sommeil. Y règne d’une poigne de fer l’inquiétant professeur Dudden. Le bruit court qu’il se livrerait à des expériences curieuses dans les sous-sols de la clinique. Un patient aurait même disparu…

Jonathan Coe fait partie de ces auteurs dont j’achète les livres sans avoir lu la quatrième de couverture, tant j’aime son écriture et les intrigues qu’il construit. La maison du sommeil a tenu ses promesses, à cela près que Jonathan Coe ne se livre pas à une critique acerbe de la bonne société anglaise comme à son habitude. Ce livre, dans l’histoire qu’il retrace, dans la façon dont il est écrit, a tout du polar. Le lecteur suit les cinq personnages à la fois dans les années 80 et durant la deuxième quinzaine de juin 1996. Il en est d’ailleurs averti dès le début du roman : les chapitres impairs se déroulent pour l’essentiel en 1983 et 1984, les chapitres pairs en 1996.

Au-delà de cette construction narrative originale – à laquelle vous vous adapterez très rapidement -, La maison du sommeil parvient à mobiliser l’attention du lecteur jusqu’à la dernière page, l’emmenant de surprises en rebondissements. À en perdre le sommeil ou à rêver plus fort encore chaque nuit, jusqu’à ne plus pouvoir distinguer le réel du rêvé.

Extrait, page 47 : « Étonnante, grise et imposante, la propriété d’Ashdown se dressait sur un promontoire, à une vingtaine de mètres de la falaise à pic, qu’elle surplombait depuis plus d’un siècle. Toute la journée, les mouettes tournoyaient autour de ses flèches et de ses tourelles, avec des gémissements stridents. Jour et nuit, les vagues se brisaient furieusement contre la paroi rocheuse, et résonnaient comme un grondement de camions dans les salles glaciales et le dédale de couloirs de la vieille bâtisse. Même les recoins les plus vides d’Ashdown – qui était désormais presque entièrement vide – n’étaient jamais silencieux. Les pièces les plus habitables se concentraient frileusement au premier et au deuxième étage, face à la mer, et dans la journée un froid soleil les inondait. La cuisine, au rez-de-chaussée, était longue, en forme de L, avec un plafond bas ; elle n’avait que trois fenêtres minuscules, et était constamment plongée dans l’ombre. La beauté sinistre et arrogante d’Ashdown masquait le fait qu’elle était profondément inadaptée à toute présence humaine. » Jonathan Coe.

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