Je vous écris comme je vous aime d’Elisabeth Brami

Je vous écris comme je vous aime-EBrami

Émilie, 50 ans, scénariste vivant à Paris, rencontre, le temps d’un festival qui a lieu sur l’Ile de la Réunion, Gabrielle, 80 ans, propriétaire d’un ancien domaine colonial. Une seule soirée. C’est le temps qu’elles passeront ensemble, physiquement. Une soirée qui bouleversera à jamais leur vie et qui les pousse, toutes deux, à s’écrire, s’écrire et s’écrire.

C’est avec délicatesse, pudeur et émotion qu’Elisabeth Brami, psychologue clinicienne et auteur de nombreux livres pour enfants, relate la rencontre de deux femmes que beaucoup de choses séparent : leur âge, leur histoire, leur lieu d’habitation, leur vie. Pourtant, entre elles deux, un lien indicible se noue, comme un appel venu du plus profond de leur être, audible par elles seules, irrésistible et un point commun : la passion de l’écriture. C’est donc par les mots, leur sonorité, leur générosité, leur rugosité, qu’elles s’aimeront.

Tout simplement beau.

Extrait, page 72, lettre d’Émilie à Gabrielle : «  (…) Depuis vous, je brûle d’une sorte de fièvre qui me donne un regain de vitalité, une légère ébriété m’enivre dont je ne souhaite nullement sortir. J’aimerais tant que vous soyez atteinte du même mal que moi ! Mais c’est trop demander que la réciprocité et je me contente d’en rêver en attendant votre réponse…

Ma Dame, ma silencieuse, ma muette, tout ce fatras que je déverse à vos genoux a-t-il un tant soit peu de sens pour vous ? J’en serais si heureuse…

Je vous entoure de ma lointaine et chaude affection. Le sentez-vous ? L’acceptez-vous ? Votre Émilie.

Dans son lit, par cette tiède nuit d’été austral, Gabrielle s’étonne des remous imprévisibles que créent en elle les mots de la lumineuse Émilie. Égarée, emportée dans un vertigineux tourbillon, il lui revient en mémoire la détresse d’Ulysse sur le point de succomber au chant mortel des sirènes. Elle en sourit, songeant qu’il lui sera décidément impossible de s’attacher elle-même au mât.

Voilà, c’est évident. Elle ne peut plus reculer, forcée d’écouter son propre chant intérieur. Il fait irrésistiblement écho à celui d’Émilie. Ah, être à nouveau réunies ! Oui, elle aime. Elle ne comprend rien à cet amour mais elle aime. » Elisabeth Brami.

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