En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

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Un enfant devenu grand se souvient de l’histoire d’amour qu’ont vécu ses parents. Une histoire semée de grains de folie dans un appartement à l’image de leurs propriétaires c’est-à-dire délirant avec pour animal de compagnie une grue de Numidie, surnommée Mademoiselle Superfétatoire et pour principal ami du couple, L’Ordure le sénateur. Georges aime raconter des histoires « sans queue, ni tête » et les écrit. Il a rencontré sa femme – dont le lecteur ne connaît pas le prénom exact puisque Georges la prénomme différemment tous les deux jours – lors d’un dîner chez une connaissance commune. Une femme fantasque – pour le moins – qui ne se déplace jamais sans son tourne-disque et le vinyle M.Bojangles de Nina Simone. De leur vie, ils décident de faire une fête de tous les instants, loin de toutes les contraintes du monde réel.

Pour Olivier Bourdeaut, 35 ans, c’est un premier roman. Et pour le lecteur, un pur bonheur à lire goulûment en se laissant porter par la folie – au propre comme au figuré – de ces deux êtres que rien ne semble pouvoir séparer. L’écriture est alerte, drôle, poétique et touche le lecteur au cœur, à condition que ce dernier daigne lâcher le monde réel. La folie est bien plus amusante !

Extrait, page 10 : « Je n’ai jamais bien compris pourquoi, mais mon père n’appelait jamais ma mère plus de deux jours de suite par le même prénom. Même si certains prénoms la lassaient plus vite que d’autres, ma mère aimait beaucoup cette habitude et, chaque matin dans la cuisine, je la voyais observer mon père, le suivre d’un regard rieur, le nez dans son bol, ou le menton dans les mains, en attendant le verdict.

– Oh non, vous ne pouvez pas me faire ça ! Pas Renée, pas aujourd’hui ! Ce soir nous avons des gens à dîner ! s’esclaffait-elle, puis elle tournait la tête vers la glace et saluait la nouvelle Renée en grimaçant, la nouvelle Joséphine en prenant un air digne, la nouvelle Marylou en gonflant les joues.

– En plus, je n’ai vraiment rien de Renée dans ma garde-robe ! » Olivier Bourdeaut.

En prime, la magnifique chanson de Nina Simone que je vous recommande d’écouter en même temps que vous lisez En attendant Bojangles. Un délice.

 

 

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