D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan

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Auteure à succès, la narratrice de ce livre – Delphine de Vigan ? – raconte sa rencontre ou plutôt son coup de foudre amical avec L. Une femme aussi séduisante que mystérieuse dont le métier est d’écrire pour les autres, sans jamais signer de son nom un seul manuscrit. Deux vies s’entremêlent. L’une est dans la lumière, trop. Son dernier livre, largement autobiographique, lui vaut quelques inimitiés voire des menaces et l’a usée de promotions en émissions littéraires. L’autre est dans l’ombre et a un grand besoin d’exister, d’être reconnue, aimée, désirée.

Magistral livre que celui commis par Delphine de Vigan déjà couronné par le prix Renaudot et le Goncourt des lycéens (un très bon indicateur en règle générale !). D’après une histoire vraie se lit comme un polar et raconte l’histoire d’une attraction fulgurante entre deux êtres, d’une emprise de l’une sur l’autre sur fond de réflexion sur ce que doit être la littérature aujourd’hui. Les écrivains doivent-ils donner à lire le vrai, l’authentique, la vie ou doivent-ils au contraire imaginer, construire de pures fictions, sans lien avec la réalité, leur réalité ?

Commencer un livre de Delphine de Vigan est la promesse de ne pouvoir s’en dessaisir avant le point final. Ce livre est troublant, haletant même, vertigineux aussi parfois, pour ce qu’il interroge, pour sa construction en abîme où l’on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, pour cette histoire entre deux femmes qui éprouvent l’une pour l’autre une grande admiration, pour son intensité dramatique savamment distillée au fil des pages et ce doute, cet effroyable doute qui s’immisce peu à peu comme un poison. Le livre refermé – dont la chute est saisissante -, une question flotte dans l’air, un peu comme un parfum…

Si vous commencez ce livre, prévenez votre entourage, vous risquez de ne pas être très disponible dans les heures et les jours à venir !

Extrait, page 91 : « L. avait-elle été pour moi un objet de désir ? Compte tenu de la manière dont nous nous sommes rencontrées, et de la rapidité avec laquelle elle a pris une place si importante dans ma vie, je me suis, bien sûr, posé la question. Et la réponse est oui. Oui, encore aujourd’hui, je serais capable de décrire avec précision le corps de L., la longueur de ses mains, cette mèche qu’elle glissait derrière son oreille, le grain de sa peau. La souplesse de ses cheveux, son sourire. J’ai eu envie d’être L., d’être comme elle. J’ai désiré lui ressembler. Il m’est arrivé d’avoir envie de caresser sa joue, de la prendre dans mes bras. J’aimais son parfum. J’ignore quelle est la part du désir sexuel dans tout cela, peut-être n’est-il jamais parvenu à ma conscience ? » Delphine de Vigan.

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