Le silence pour preuve de Gianrico Carofiglio

Couverture Le silence pour preuve de Gianrico Carofiglio

Avocat à Bari, Guido Guerrieri est contacté par l’un de ses homologues et ami pour aider un couple à retrouver sa fille, Manuela, disparue depuis six mois. Il s’agirait de reprendre l’enquête pour trouver de nouvelles pistes avant que le juge ne puisse classer l’affaire. Tenté de refuser – après tout, il n’est pas détective privé -, Guido Guerrieri prend tout de même connaissance du dossier d’instruction que lui a remis son ami. Les questions fusent dans sa tête : pourquoi les témoignages des amies de la jeune fille sont-ils si brefs, si lisses ? Qu’a réellement fait Manuela en rentrant de week-end ? Est-elle rentrée à Bari directement ou est-elle allée à Rome ? Qui y a-t-elle rencontré ? Intrigué par un dossier trop vide d’informations, Guido Guerrieri reprend l’affaire, sans y croire vraiment. Jusqu’à ce qu’un détail ne le mette sur la voie, à l’instar du héros de Conan Doyle, Sherlock Holmes, dont il a suivi toutes les aventures.

C’est le quatrième livre que je lis de Gianrico Carofiglio depuis mi-octobre et je dois dire que j’y prends beaucoup de plaisir. L’écriture est fluide et précise, l’intrigue bien menée, avec, à chaque fois, un coup de théâtre saisissant. Comme dans les trois livres précédents mettant en scène Guido Guerrieri, Gianrico Carofiglio nous donne à voir l’Italie du Sud, ses mets délicats, son ambiance unique. Au fil des livres, se tisse comme une intimité entre le lecteur et cet avocat, pour le moins décalé, défendant les causes perdues, un peu gauchiste, aimant se promener à pied ou à vélo dans Bari, de nuit, fréquentant un bar pour homos bien qu’hétéro, passionné de littérature et connaissant par cœur certains passages des livres de ses auteurs favoris. Un régal pour le lecteur !

Extrait, page 16, Guido Guerrieri se remémore ses années d’études et son premier concours de droit auquel il a échoué, sans surprise puisqu’il ne l’avait pas vraiment préparé : « Je restais à Rome après mon abandon. J’avais déjà payé pour trois nuits, la durée du concours, une chambre dans une pension. Aussi, alors que mes amis se mesuraient au droit pénal et au droit civil, je m’octroyais les plus belles vacances romaines de toute mon existence. N’ayant rien à faire, je m’offris de longues promenades, achetai des livres à moitié prix, m’allongeais sur les bancs de la Villa Borghese, lus et même écrivis. Des poèmes affreux que, par chance, j’ai perdus. Sur l’escalier de la Trinité-des-Monts, je fis la connaissance de deux Américaines, avec qui je mangeai une pizza. Mais je déclinai l’invitation à poursuivre la soirée dans leur appartement après avoir saisi un regard de complicité entre elles : calculant qu’elles pesaient entre quatre-vingt et quatre-vingt-dix kilos chacune, je songeai que prudence est mère de sûreté.

Le monde regorgeait de possibilités infinies en ce tiède et inattendu mois de février, alors que j’hésitais entre la fin de mon adolescence et le début de l’âge adulte. Stationner sur ce seuil euphorique et provisoire avait été agréable. Seul ce qui est provisoire peut atteindre la perfection. » Gianrico Carofiglio.

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Classé dans Les critiques, Les extraits

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