Rapides de Tim Parks

Couverture Rapides de Tim Parks

Un stage de kayak dans les Alpes italiennes par un été caniculaire. Un couple anglo-italien pour moniteurs, tendance altermondialiste. Un groupe d’adultes et d’adolescents plus ou moins rompus à la pratique de ce sport en eau vive dont l’un est banquier à la City de Londres. Voilà posé le décor de Rapides, le dixième roman de Tim Parks. Confrontés à la nature dans ce qu’elle a de plus sauvage, intégrés dans un groupe qui n’existait pas avant qu’ils ne le forment, les participants à ce stage vont tour à tour être amenés à se remettre en question, à tenter ce qu’ils ne se seraient jamais cru capables de faire, à s’extirper du confort dans lequel ils se sont peu à peu installés. Parfois dans la douleur, parfois dans la surprise et dans la joie, toujours dans l’authenticité. Une expérience groupale forte qui amènera chacun dans sa vérité.

J’ai beaucoup apprécié ce livre malgré ses nombreuses descriptions techniques de la pratique du kayak. Elles étaient néanmoins nécessaires pour plonger avec les participants, ressentir leurs peurs et aussi leurs joies d’avoir réussi à négocier un passage difficile. C’est un roman écrit quasiment de manière physique, au rythme rapide, comme si l’écriture de Tim Parks suivait le cours de la rivière.

Extrait, page 62 : « Tom préféra se joindre aux adultes pour le petit-déjeuner. Satanées cloches ! Le jeune homme était tour à tour emprunté et agressivement assuré. Vince avait été réveillé dix minutes avant le carillon matinal par l’arrivée d’un message sur le téléphone mobile de sa fille. Ils se tenaient dans la tente-cuisine ; le sol était boueux. Qui paie ce type pour se lever si tôt chaque jour et sonner les cloches ? Adam secouait la tête. Mandy voulait savoir comment diable Michela avait appris à si bien parler l’anglais, n’ayant vécu que quelques mois en Grande-Bretagne. Elle n’avait même pas étudié à l’université. À cause de l’humidité de l’herbe, ils préféraient rester debout. Le thé est prêt ! annonça Keith. Je ne suis pas née dans le bon pays, dit l’Italienne en riant. Le soleil effleurait les cimes lointaines, mais la vallée demeurait dans l’ombre. Le clocher de l’église était chapeauté d’un bulbe de bronze étincelant, visiblement neuf. » Tim Parks.

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Classé dans Les critiques, Les extraits

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