Prince d’orchestre de Metin Arditi

Couverture Prince d'orchestre de Metin Arditi

Au sommet de son art, Alexis Kandilis, chef d’orchestre adulé dans le monde entier, séducteur impénitent, voit son aura se flétrir à la suite d’une altercation avec l’un des musiciens avec lequel il travaille. Ce qu’il pense n’être qu’une anicroche dans le domaine professionnel marquera un tournant dans la vie de cet homme au ton volontiers cassant, dépourvu d’empathie, dont les souvenirs et les blessures d’enfance vont soudainement l’assaillir. Des souvenirs qui sont autant de fausses notes dans une mélodie qui se voulait parfaite.

Qu’il est réjouissant de se plonger dans les livres de Metin Arditi. Si Le Turquetto (https://lekawalitt.wordpress.com/2013/11/12/le-turquetto-de-metin-arditi/) nous plonge dans l’univers de la peinture au XVIe siècle, très contrainte par l’église catholique Prince d’orchestre nous invite à découvrir la vie d’un chef d’orchestre, l’endroit comme l’envers, ses angoisses face à un public exigeant, ses doutes, ses rêves de tutoyer les plus grands, ses rapports avec les concertistes, la nécessaire alliance à construire avec eux et ses fantasmes de toute-puissance. Point commun de ces deux livres qui semble tracer la ligne directrice de l’œuvre de Metin Arditi : les comportements que génèrent, chez l’être humain, la volonté de puissance et de gloire, tant positifs que négatifs.

En tous les cas, pas l’ombre d’une dissonance dans ce solo de Metin Arditi !

Extrait, page 43 : « Maintenant, il était dans l’angoisse. Pourquoi Wassermann n’avait-il pas voulu dîner avec eux ? Il était arrivé de New York le matin même. « La fatigue et l’âge, mon cher ! », avait-il dit à Ted. Wassermann avait voulu éviter une discussion. Cela lui paraissait évident. À table, il aurait fallu qu’il se dévoile… Un lâche, ce Wassermann…

Mais il se ressaisit vite. Il n’était pas n’importe qui… Il avait enregistré quatre-vingt-douze CD… Quatre-vingt-douze ! Dans les meilleures maisons ! Sony Classical, EMI, DGG… Un Ring complet avec les Berliner… Les symphonies de Bruckner en intégrale… Les neuf de Beethoven avec le London Symphony… La Carmen du siècle avec Domingo et Troyanos… Qui pouvait présenter un tel bilan. Pas ce cabotin d’Akrashoff, en tout cas. Lui avait peut-être enregistré trente ou quarante CD. Et encore, il fallait voir avec qui…

Cela l’irritait beaucoup, qu’Akrashoff ait le même agent que lui. Il allait demander à Ted de choisir. Si Ted voulait Akrashoff, qu’il se le garde ! Lui-même allait se trouver un autre agent. Tous étaient à sa porte ! » Metin Arditi.

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Classé dans Les critiques, Les extraits

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