La poursuite du bonheur de Douglas Kennedy

Couverture à la poursuite du bonheur de Douglas Kennedy

Le jour de l’enterrement de Dorothy Malone, Kate, sa fille, une petite quarantaine, croise le regard d’une inconnue parmi les personnes s’étant rendues aux obsèques. Si sa présence l’intrigue quelque peu, elle n’en fait guère plus de cas, son esprit vagabondant sur le sens de la vie.

Kate n’a désormais plus de parents et son frère, fâché avec sa mère depuis une dizaine d’années, n’a même pas daigné se présenter à la cérémonie.

Un peu plus tard dans la journée, Kate, qui a souhaité passer une dernière soirée dans l’appartement de sa mère, reçoit un appel téléphonique. Un « Pardon, je me suis trompée » vient interrompre le long silence qui s’est installé sur la ligne.

Le lendemain, Kate reçoit un courrier d’une dénommée Sara Smythe lui présentant ses condoléances et lui demandant de bien vouloir la rencontrer. Cette dernière dit connaître Kate depuis son enfance. Pour le lui prouver, elle lui fait remettre un album photos contenant moult clichés d’elle petite, de son frère et de ses parents. Mais qui est donc cette femme ?

C’est dans ce contexte que démarre La poursuite du bonheur de Douglas Kennedy. Paru en 2001, on y retrouve les thèmes qui sont chers à cet auteur comme celui des choix que l’on fait dans nos vies, plus ou moins conscients, et parfois lourds de conséquences ou encore celui de la trahison.

Ce roman est bien mené malgré quelques facilités dans l’écriture, probablement liées à la traduction. Il nous ramène dans l’Amérique d’après-guerre, au cœur des années maccarthystes pendant lesquelles tout Américain soupçonné de nourrir des affinités avec les communistes passait au grill de la commission du même nom, avec le risque d’être purement et simplement exécuté.

Douglas Kennedy excelle aussi – et comme toujours ai-je envie d’écrire – dans la façon qu’il a de construire le profil psychologique de ses personnages. Ce ne sont ni des héros ni d’infâmes êtres. Juste des hommes et des femmes, avec leur histoire, leurs failles, leurs rêves, leurs forces. C’est ce qui fait qu’il est difficile de ne pas se reconnaître dans l’un ou l’autre des personnages qu’il met en scène, dans les sentiments que ces derniers expriment. C’est aussi ce qui nous fait tourner les pages des romans de Douglas Kennedy.

 

Extrait, page 125 : « Cela peut paraître assez prétentieux et idéaliste, mais voilà, j’en étais encore tout au début de ce que l’on appelle l’âge adulte et j’étais parvenue à la conclusion – oh, très simple ! – que l’avenir est le champ du possible, à condition … À condition de se donner la chance de l’explorer. Or, justement, la plupart des gens de ma génération se contentaient d’entrer dans le moule, de faire ce que l’on attendait d’eux. Plus de la moitié des filles de ma promotion à Bryn Mawr avaient leurs noces programmées pour l’été, et tous ces garçons qui commençaient à rentrer de la guerre ne pensaient en général qu’à trouver un emploi, à « s’installer ». Nous, la jeunesse qui était censée récolter les fruits de la prospérité revenue, qui, comparée à nos parents, n’avait que des raisons d’être optimiste, qu’avons-nous accompli, pour la plupart ? Nous sommes devenus des salariés disciplinés, des femmes au foyer sans histoire, de braves consommateurs. Nous avons bouché notre horizon en nous enfermant nous-mêmes dans une existence étriquée.

Tout cela, bien entendu, je ne m’en suis rendu compte que des années plus tard. On est toujours plus lucide avec le recul, n’est-ce pas ? Mais, en ce printemps 1943, ma seule et unique préoccupation était de rendre ma vie « intéressante », ce qui supposait essentiellement de ne pas épouser Horace Cowett… et d’entrer à Life. » Douglas Kennedy.

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