La méthode Schopenhauer d’Irvin D.Yalom

La Méthode Schopenhauer de Irvin D Yalom

Psychothérapeute de renom à San Francisco, Julius Hertzfeld, la soixantaine passée, apprend, lors d’une visite de routine chez son médecin, qu’il est atteint d’un cancer. Ses jours sont comptés. Cette nouvelle le plonge dans des abymes de réflexion : qu’a-t-il fait de sa vie ? En tant que psychothérapeute a-t-il réellement réussi à aider ses patients ? Ont-ils rechuté ? À quoi, à qui va-t-il consacrer les mois à venir ?

Parcourant les dossiers de ses anciens patients, Julius Hertzfeld retrouve celui de Philip Slate. Un cas difficile dont il n’est pas certain que le psychothérapeute ait pu être d’une quelconque aide tant l’homme présentait le profil d’une personnalité schizoïde, coupé de ses émotions, incapable du moindre trait d’humour et souffrant d’une dépendance au sexe. Il décide pourtant de le recontacter avec le secret espoir de découvrir un homme transformé. Si la rencontre a bien lieu, c’est un tout autre scénario qui se met en place entre le psychothérapeute et son ancien patient.

Une fois de plus, Irvin D. Yalom, psychothérapeute et écrivain, nous régale. Dans un même livre, il réussit à conter l’histoire d’Arthur Schopenhauer, philosophe allemand du XVIIIe siècle, homme de lettres brillant mais totalement misanthrope, et celle d’individus cherchant à comprendre leur part d’ombre au XXIe siècle, le tout gravitant autour d’un thème central : l’apprentissage de la mort… donc de la vie ! Le résultat est magistral et me donne bigrement envie d’en savoir plus sur Arthur Schopenhauer. C’est ainsi qu’on apprend que bien avant Sigmund Freud, Arthur Schopenhauer a développé les concepts d’inconscient et de refoulement. Il a également beaucoup écrit sur l’importance et la place de la sexualité dans la vie humaine, tout en défendant l’idée que la seule manière de vivre heureux est de vivre sans désir quel qu’il soit. Je trouve par ailleurs ce livre puissant dans la mesure où l’on voit bien la filiation entre la philosophie, la psychologie et la thérapie. D’autant plus puissant que La méthode Schopenhauer se lit comme un roman, vraiment !

Extrait, page 54 : « En quittant le bureau de Philip, Julius se sentait comme assommé. Il s’accrocha à la rampe de l’escalier, descendit les marches d’un pas mal assuré et tituba vers la lumière du jour. Il se retrouva devant l’immeuble de Philip et se demanda s’il fallait aller à gauche ou à droite. La perspective d’une après-midi libre de toute obligation engendra dans son esprit plus de trouble que de plaisir. Car Julius avait toujours été quelqu’un de très organisé. Quand il ne voyait pas ses patients, d’autres activités ou projets importants – l’écriture, l’enseignement, la recherche, le tennis – absorbaient toute son attention. Or, ce jour-là, plus rien n’avait d’importance. Il en vint même à se dire que rien n’avait jamais eu d’importance, que son esprit avait arbitrairement donné à certains projets de l’importance, pour ensuite effacer sournoisement les traces de celle-ci. Ce jour-là, il perça la ruse de toute une vie. Ce jour-là, il n’avait rien d’important à faire. Alors, il se promena dans Union Street, sans but.

Vers la fin du quartier d’affaires, juste après Fillmore Street, une vieille femme s’approcha de lui en poussant bruyamment un déambulateur. « Mon Dieu, quelle vision ! » pensa Julius. Il détourna tout d’abord son visage, puis le redirigea vers elle pour dresser un état des lieux. » Irvin D. Yalom.

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