Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier

affiche Quai d'Orsay

Printemps 2002. Au ministère des Affaires étrangères, Alexandre Taillard de Worms, le détenteur du poste suprême, est fort occupé entre une crise en Afrique, une autre à Madagascar et une autre encore au Lousdémitan (comprenez l’Irak que Bertrand Tavernier n’a pas cité dans son film), sans compter les pays partenaires qu’il faut penser à préserver, remercier, encourager, écouter… Bref, un travail de diplomate. Ça tombe bien, c’est justement ce qu’est Alexandre Taillard de Worms, la grandiloquence et le nombrilisme en plus ! Pour mener à bien toutes ces missions, il engage un jeune universitaire, Arthur Vlaeminck, qu’il charge de « ses langages », comprenez « ses discours » ! Un poste passionnant… à condition de comprendre ce que veut le ministre en question et quelles pensées se cachent derrière les mots qu’il utilise car, pour son premier discours qu’Alexandre Taillard de Worms doit tenir devant l’ONU à New York, Arthur se voit donner trois mots : légitimité, lucidité, efficacité.

Bravo à Bertrand Tavernier qui adapte ici la bande dessinée éponyme de Christophe Blain et Abel Lanzac (de son vrai nom Antonin Baudry, « nègre » de  Dominique de Villepin de 2002 à 2004). Dans ce film truculent dans lequel le ministre brasse du vent à longueur de journée, souligne des passages de son livre de chevet (en l’occurrence Héraclite) au Stabilo jaune, claque des portes et maltraite ses collaborateurs, on rit beaucoup. Jaune en réalité tant on constate la perte d’énergie, de temps qu’il génère ainsi que l’usure qu’il provoque chez ses collaborateurs, qui font, défont, refont leur travail en fonction des commentaires lapidaires et, la plupart du temps, non justifiés du maître des lieux, contraints de travailler jour et nuit pour rattraper les bourdes du ministre ou pour le moins son inconséquence, trop occupé à se regarder le nombril ou à préparer sa rencontre avec le prix Nobel de littérature (incarné par une Jane Birkin parfaite !). Et dire que Bertrand Tavernier a déclaré, à propos de son film, que ce n’était pas une caricature ! Vive la France !

Pour voir un extrait :

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