L’Homme de Lyon de François-Guillaume Lorrain

Couverture L'homme de Lyon François-Guillaume Lorrain

Très beau livre que celui-ci entre autobiographie et polar historique. A 38 ans, le narrateur se voit remettre, de sa mère, le jour de la nouvelle année une boîte contenant six photos. C’est le cadeau de son père, mort huit ans plus tôt. Les photos ne donnent que des bribes d’information. Seul point commun : Lyon et la Seconde guerre mondiale. C’est ainsi que le fils, journaliste spécialisé dans le cinéma, dont les relations avec son père étaient plutôt ombrageuses, se lance dans une enquête qui le mènera de Paris à Lyon puis Berlin et Menton. Sur les traces de son père, il tentera de comprendre qui était cet homme taiseux, à la fois sensible et intransigeant, toujours sur ses gardes, le pire étant – selon lui –  certain. Une histoire incroyable écrite comme un polar avec une plume à la fois acérée et délicate. Une histoire familiale enfouie sous les non-dits dont le narrateur essayera de se libérer pour enfin vivre sa vie et cesser de porter ce qui ne lui appartient pas.

Extrait, page 12 : « Nous sommes le 1er janvier 2009. Au premier de l’an on fait des cadeaux et Maman vient justement de m’en remettre un. Il est de mon père : une étrenne post-mortem. Elle est allée le rechercher au sous-sol de la banque où il l’avait déposé avant sa mort, en 2001. La première fois qu’il m’avait emmené dans ce sous-sol, j’avais onze ans. Son coffre culminait à des hauteurs interdites et en faisant de grands bonds de kangourou, j’avais aperçu des billets et de petits sachets en velours. Ce jour-là, il avait ajouté un diamant en forme de pomme rapporté de New York. Une surprise pour Maman, qu’il avait agité sous mon nez avant de la ranger dans le coffre. Car s’il venait à mourir, il fallait, pour le bijou, que quelqu’un sache. Tu t’en souviendras ? Jure que tu t’en souviendras. Si je ne suis plus là, qu’elle ait au moins ça pour se consoler. J’avais juré. Je n’étais qu’un petit garçon, mais il me préparait déjà à l’idée de sa mort.

Mon père a choisi un papier bleu qui n’est ni laid ni joli. Le bleu est juste la couleur des garçons. Le paquet est bardé de scotch, le rouleau entier a dû y passer, on dirait une momie. Je ne sais pas défaire les cadeaux que j’éventre aux ciseaux. Je fais donc un massacre et je tombe sur une boîte en carton marquée fragile. Le fragile est en l’occurrence une liasse de photos et de documents, avec une lettre datée du 8 janvier 2001. Il nous a quittés le 5 février. Vingt-huit jours avant sa mort, il m’aura donc consacré un peu de son temps. » François-Guillaume Lorrain.

 

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Classé dans Les critiques, Les extraits

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