La muraille invisible d’Henning Mankell

La muraille invisible d'Henning MankellQuel rapport entre un informaticien qui s’écroule, semble-t-il, d’une crise cardiaque devant un distributeur de billets et deux adolescentes en furie qui poignardent un chauffeur de taxi ? A priori, aucun. C’est ce que croira le commissaire Wallander pendant un bon moment avant d’établir quelques liens et rapprochements grâce, notamment, à sa fabuleuse intuition. Dans La muraille invisible, Henning Mankell nous entraine dans les entrailles de la finance internationale et de la cybernétique. Un monde sombre et complexe auquel Wallander ne comprend pas grand-chose dans un premier temps. Comme toujours, l’histoire est très bien menée et le suspense haletant. J’ai retrouvé avec un réel plaisir le commissaire Wallander et son équipe dont je « reconstitue » l’histoire, au fur et à mesure de mes lectures. Les personnages prennent donc peu à peu une autre identité, une autre épaisseur. Ce ne sont plus les protagonistes d’un roman sans suite mais des personnages auxquels on s’attache, dont on connaît peu ou prou la psychologie : Wallander et son éternelle solitude, ses nuits sans sommeil, ses questionnements incessants sur le sens de sa vie et de la vie en général au regard de la violence qu’il voit, chaque jour, prendre de l’ampleur. Ann-Britt Höglund, sa collaboratrice, divorcée avec deux enfants, au sixième sens très développé, Martinsson et son goût pour l’informatique…

Vous devriez passer un très bon moment avec ce polar là sorti en 1998 à une époque où Internet n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui et dix ans avant la crise que nous connaissons depuis maintenant cinq ans. Tout est plausible dans ce roman.

Extrait, page 28 : « Wallander soupira et se força à redevenir policier. Il ouvrit le dossier et le parcourut en constatant comme d’habitude que Martinsson avait rédigé un rapport clair et succinct. Il s’enfonça dans son fauteuil et réfléchit à ce qu’il venait de lire. Deux filles, âgées de dix-neuf et quatorze ans, avaient téléphoné d’un restaurant à vingt)deux heures le mardi soir pour commander un taxi. Elles avaient ensuite demandé à être conduites à Rydsgard. L’une des deux était montée à l’avant ; à la sortie de la ville, elle avait demandé au chauffeur de s’arrêter, disant qu’elle préférait tout compte fait voyager à l’arrière. Le taxi s’était arrêté au bord de la route. La fille assise à l’arrière avait alors brandi un marteau et frappé le chauffeur à la tête pendant que l’autre lui enfonçait un couteau dans la poitrine. Elles l’avaient dépouillé de son portefeuille et de son portable avant de prendre la fuite. Malgré ses blessures, le chauffeur – Johann Lundberg, soixante ans, dont quarante au volant de son taxi – avait réussi à donner l’alerte et à fournir un bon signalement des deux filles. (…). Wallander fit la grimace. Il n’avait jamais de sa vie été confronté à une chose pareille : deux jeunes filles passant à l’acte avec une violence incontrôlée. » Henning Mankell.

 

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Classé dans Les critiques, Les extraits

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