La cinquième femme de Henning Mankell

Couverture la cinquième femme d'Enning MankellExcellent polar que La cinquième femme d’Henning Mankell. Nous retrouvons le commissaire Wallander, tout juste rentré d’un voyage à Rome avec son père, aux prises avec une enquête difficile dans laquelle il ne cessera d’être bringuebalé d’une piste à une autre. Les meurtres auxquels il est confronté sont particulièrement violents voire relèvent du pur sadisme. Mais il y verra l’expression d’un langage, celui d’un meurtrier qui, à travers ses actes, veut dire quelque chose. Reste à comprendre quoi et pourquoi ? 581 pages d’un suspense prodigieux qui vous empêche de trouver le sommeil !

J’ai aussi beaucoup aimé le portrait sociologique qu’Henning Mankell dessine de la Suède des années 90, confrontée aux milices citoyennes qui rêvent de faire justice elles-mêmes. Je n’avais pas cette image de la Suède, ce pays scandinave qu’on nous décrit si souvent comme un pays modèle sur tous les plans, fort d’un Etat-Providence solide.

Extrait, page 90 : « A sept heures, ils étaient à nouveau rassemblés, dans la lumière grise du petit matin. Le météorologue avait eu raison. Il ne pleuvait plus. Au lieu de cela, le vent soufflait et il faisait nettement plus froid. Les policiers restés sur place avaient dû fabriquer des fixations provisoires pour empêcher la bâche de s’envoler. Puis la pluie avait soudain cessé, et Nyberg avait piqué une crise contre les dieux capricieux de la météo. Comme une nouvelle averse paraissait peu probable, ils avaient démonté la bâche, de sorte que Nyberg et les autres techniciens travaillaient à présent dans le fossé sans aucune protection contre le vent cinglant.

Pendant le trajet jusqu’à la ferme, Wallander avait essayé de réfléchir à la meilleure manière d’organiser l’enquête. Ils ne savaient rien de Holger Eriksson, sinon que c’était un homme riche. Cela pouvait constituer un mobile. Mais Wallander, d’emblée, était sceptique. Les pieux de bambou acérés parlaient un autre langage. Il ne pouvait pas l’interpréter pour l’instant, il ne savait même pas dans quelle direction il fallait chercher, mais il s’inquiétait déjà à l’idée qu’ils allaient peut-être au-devant d’une réalité qu’ils n’avaient pas les moyens de comprendre. Comme toujours lorsqu’il était en proie au doute, ses pensées revenaient vers Rydberg, le vieux policier qui lui avait tout appris et sans lequel il aurait fait un enquêteur assez médiocre. Rydberg était mort d’un cancer. Cela ferait bientôt quatre ans. Wallader eut un frisson à la pensée que le temps avait passé si vite. Puis il se demanda ce qu’aurait fait Rydberg à sa place. Patience, pensa-t-il. Rydberg m‘aurait récité son Sermon sur la Montagne. Il m’aurait dit que la règle de la patience s’imposait plus que jamais. » Henning Mankell.

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