Steve Jobs de Walter Isaacson

Couverture Steve Jobs de Walter IsaacsonSorti en 2011, quelques semaines seulement après la mort de Steve Jobs, le livre de Walter Isaacson, ex-dirigeant de CNN et de Time Magazine, dresse un portrait sans concession du patron d’entreprise probablement le plus célèbre au monde. Construit à partir d’une quarantaine d’entretiens avec le fondateur d’Apple et d’une centaine d’interviews de proches mais aussi de rivaux, Steve Jobs n’est pas l’hagiographie à laquelle on aurait pu s’attendre. Génie hors du commun qui n’a jamais su écrire deux lignes de programmation, Steve Jobs était un visionnaire, un homme de marketing doté d’un goût quasi obsessionnel pour l’esthétisme. Piètre gestionnaire, il était aussi un manager médiocre, n’hésitant pas à humilier ses salariés devant témoins ou à tenter d’amadouer ses rivaux en fondant en larmes dès la moindre opposition. Qu’on aime ou qu’on déteste, il n’en reste pas moins que cet homme, qui n’a jamais été un élève et plus tard un étudiant sérieux et assidu, a révolutionné six industries : les ordinateurs personnels, les films d’animation avec Pixar, la musique, la téléphonie, les tablettes et l’édition numérique.

Extrait, page 174 : « Malgré ses remarques déplaisantes, Jobs savait insuffler à l’équipe un esprit de corps. Après avoir humilié les gens, il trouvait le moyen de les relever et de leur montrer que le projet Macintosh était une expérience unique pour eux. Tous les six mois, il emmenait le gros de l’équipe pour deux jours de séminaire dans un hôtel de la région. Le séminaire de 1982 se passait au Pajaro Dunes dans les environs de Monterey. Une cinquantaine de personnes s’installèrent dans la salle à manger où trônait une grande cheminée. Jobs s’assit sur une table en face d’eux. Il parla tranquillement pendant un moment, puis marcha vers un tableau et commença à inscrire ses principes.

Le premier : « Refuser tout compromis. » Une injonction qui, avec le recul, fut aussi salutaire que néfaste. La plupart des équipes dans le domaine des hautes technologies faisaient des concessions. Le Mac, certes, grâce à l’acharnement de Jobs et de ses acolytes, serait « incroyablement génial », mais il ne serait terminé que seize mois plus tard, bien au-delà de la date prévue. Quand Jobs donnait une date de livraison, il ajoutait souvent : « Mieux vaut dépasser que de bâcler ». Un autre type de dirigeant, acceptant les compromis, aurait bloqué une date après laquelle plus aucun changement ne pourrait être apporté au projet. Mais Jobs n’était pas de cette espèce. Il écrivit une autre consigne : « Rien n’est terminé tant que le produit n’est pas dans les cartons ».

Il écrivit également un autre commandement, à la manière d’une phrase Köan : « Le voyage est la récompensée (sa maxime préférée comme il me le confiera). L’équipe Mac, comme il se plaisait à le dire, était un corps d’élite, investi d’une mission sacrée. « Un jour, lorsqu’ils songeront à cette époque où ils étaient ensemble, ils oublieront les moments difficiles, ils en riront même, et considèreront cet épisode comme la plus grande expérience de leur vie, un moment de grâce ». Walter Isaacson.

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