DSK, Marcela et patati et patata

La Une du Nouvel Observateur -260213

Sur le site du Nouvel Observateur

La nouvelle tourne en boucle depuis ce week-end et plus encore aujourd’hui puisque DSK a demandé une audience en référé qui a eu lieu ce matin. Et il y avait foule au palais de justice à Paris vers 11h00 ce jour. Peut-être d’ailleurs que le mot le plus approprié pour ce que j’ai vu sur l’une des chaines d’informations continues que nous offre désormais la TNT est « meute ». Une meute d’avocats, d’anonymes, de journalistes tendant leur micro, levant le bras – armé d’un appareil photo – pour prendre un cliché. Peu importe ce qu’on prend, il sera toujours temps de légender la photo, façon de dire « j’y étais ! ». Mais où exactement ? Le plus grand capharnaüm régnait au palais, tant à l’arrivée de DSK, qu’on nous a montré sous tous ses profils qu’à la sortie, vers 13h30 environ. Tout cela pour apprendre quoi ? Pas grand-chose puisque le tribunal rendra sa décision ce soir comme nous en informe le bandeau qui défile sans cesse en bas de l’écran. DSK, drapé dans sa dignité, le visage fermé, qualifie de « méprisable » et « mensonger » ce qu’a écrit Marcela Iacub, romancière, essayiste, directrice de recherches au CNRS et chroniqueuse à Libération. Elle, ne se prononce pas. Elle n’est d’ailleurs pas présente à l’audience. Dans Le Nouvel Observateur paru fin de semaine dernière, elle déclarait juste que l’interview qu’elle accordait au magazine serait la « seule (…) qu’[elle] donnerait à propos des faits qui ont été à l’origine de ce livre. (…) » Et d’ajouter qu’[elle] « le fait parce qu’[elle] a compris que ces précisions pouvaient donner à ce récit toute sa force. ». Sa force ? A lire les bonnes feuilles, cela relève plus du énième pavé jeté dans une mare déjà nauséabonde.

Me viennent alors une multitude de questions à l’esprit. Au-delà de cette histoire plus ou moins sulfureuse – mais sait-on jamais ce qui se passe dans les alcôves, lorsque l’intime parle et que tombe le masque ? -, qu’est-ce que cela dit sur notre société ? Est-elle affreusement voyeuriste ? Exige-t-elle simplement d’être informée de tout sur tout à toute heure puisque les technologies de l’information le permettent ? Qu’est-ce que le traitement de cet « événement » dit de la façon de transmettre, comprendre, entendre une information au XXIe siècle en France ? D’ailleurs, l’aventure de DSK et Marcela Iacub constitue-t-elle une information ? Admettons que Marcela Iacub ait vécu une relation similaire avec un homme totalement anonyme, nous aurait-elle gratifiés d’un roman que son entretien avec Le Nouvel Observateur nous présente comme une sorte d’étude anthropologique ? En tout être humain règnerait, selon la chercheuse, un « cochon », la part libre et vraie de notre être, celle « qui ne vit qu’au présent, veut tout et ne calcule rien, et que notre époque, qui croit avoir fait la paix avec elle, ne cesse en réalité d’avilir ». Soit. Une fois ce postulat posé, que prouve l’expérience de Marcela Iacub ? Est-elle extrapolable à tous les êtres de la terre ? Qu’est-ce que cela raconte de plus sur DSK, qui, en l’espace de quelques jours en mai 2011, est probablement devenu l’homme à la fois le plus célèbre et le plus honni de la planète ? DSK serait-il une allégorie de la nature humaine ? Décidément, je ne comprends pas. Pendant ce temps-là néanmoins, d’autres témoins meurent. C’est le cas d’Olivier Voisin, 38 ans, reporter photographe indépendant. Parti en Syrie pour la troisième fois depuis le début de ce conflit fratricide, il est mort après avoir été touché par des éclats d’obus au bras et à la tête. Mais la Syrie intéresse peu de monde. Et puis, la Syrie, c’est loin…

 

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