Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti

Joli roman que celui de Katarina Mazetti !

Désirée, la trentaine, bibliothécaire un peu bobo, fan de Lacan et de Schopenhauer est déjà veuve. En se rendant régulièrement sur la tombe de son mari, elle rencontre Benny, à peine plus âgé qu’elle, paysan pur jus, éleveur de vaches, en deuil de sa mère dont la tombe jouxte celle du défunt mari de Désirée. Entre les deux, une attirance physique irrépressible. Mais qu’ont-ils de commun mis à part le plaisir qu’ils ont à faire l’amour et à se chamailler sur les petits travers de chacun. Une vie à deux est-elle possible entre une intellectuelle et un manuel ?

Si le thème de l’amour impossible a déjà été exploré de nombreuses fois, force est de constater qu’il y a encore des choses à dire sur ce sujet. Tout réside dans la façon de le faire et Katarina Mazetti le fait bien, c’est-à-dire avec humour.

J’ai beaucoup ri au fur et à mesure de ce livre de 235 pages organisé en chapitres où Désirée et Benny s’expriment alternativement, chacun ayant une lecture différente du même événement.

Un livre à lire entre deux romans un peu plus profonds pour oublier la grisaille ambiante !

Le mec de la tombe d’à côté a un tel succès qu’il a été adapté au théâtre et que Katarina Mazetti a imaginé une suite… Le caveau de famille paru en mars 2011.

Extrait, page 55, Benny est allé à la rencontre de Désirée à la bibliothèque : « J’étais en train de parler avec une petite fille outrée qui trouvait Blanche-Neige complètement idiote. « Elle n’a même pas reconnu sa marâtre avec la pomme ! C’est vraiment nul ! » a-t-elle dit. Ça nous a fait rire.

Quelqu’un m’a tapoté sur l’épaule. J’aurais presque dit le bras de la Justice, mais c’était le Forestier ! Il portait son habituel blouson criard mais il avait enlevé la casquette et des mèches d’une couleur poussiéreuse tombaient sur son front. Il avait l’air en colère et il s’est lancé dans une diatribe incompréhensible sur un ton autoritaire. Je me suis dit qu’il devait désapprouver ma façon de soigner la tombe et il m’a fallu un moment pour comprendre qu’en fait il cherchait un livre.

– Demander à l’accueil, c’est ma pause de midi ! l’ai-je rembarré.

Il n’arrivait pas à contrôler son visage, il était plein de tiraillements. Puis il a demandé si ça me disait de faire un tour de cimetière.

L’enfant l’a regardé avec beaucoup d’intérêt.

Et soudain j’ai compris que je m’étais trompée quelque part et qu’il y avait un tas de choses que j’ignorais totalement.

Nous sommes allés déjeuner ensemble. Il a englouti des quantités faramineuses de daube avec des betteraves rouges et du pain, et il a bu du lait, il le sirotait assez bruyamment alors que moi, je n’ai fait que profiter des rayons de son sourire. Sans la casquette et avec le visage animé par l’attention, il n’avait l’air ni triste ni vieux, seulement très réel. Et ses cheveux en bataille, eh bien ils étaient tout simplement désarmants ». Katarina Mazetti.

 

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