Dans la maison de François Ozon

Autant le dire tout de suite, j’ai été déçue par le dernier film de François Ozon. Pourtant, le thème, celui du voyeurisme et de la manipulation, était bigrement intéressant.

Lors d’une rentrée scolaire, un professeur de français d’une cinquantaine d’années, Germain Germain, demande à ses nouveaux élèves de lui raconter leur week-end par écrit. Les copies qu’il lit à son retour chez lui le désolent tant elles sont pauvres sur le plan stylistique. Un devoir pourtant sort du lot. Celui d’un jeune homme prénommé Claude. Il écrit qu’il a passé le week-end chez un ami et présente, avec force détails, la maison et ses habitants, le père, la mère, le fils. Le ton est légèrement méprisant mais l’écriture prometteuse. Le devoir se termine par un énigmatique « À suivre ».

Il n’en fallait pas plus à M. Germain, interprété par Fabrice Luchini, qui pour une fois, n’est pas dans l’emphase, pour qu’il pousse le jeune homme à écrire, à raconter la suite, à travailler son style, à donner du relief à ses personnages, à affiner leur psychologie… Le jeune homme se prend au jeu et se débrouille pour être de plus en plus présent chez son camarade de classe, pour trouver la matière de son écriture, alimentant ainsi la curiosité de son professeur en même temps que sa propre soif de reconnaissance. Un étrange jeu de « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » se met en place… auquel participe la femme de Germain, galeriste, interprétée par Kristin Scott Thomas.

Le début du film de François Ozon est très réussi. Un climat malsain s’installe assez rapidement et la tension monte crescendo au fur et à mesure des copies que Claude rend à son professeur. Pourtant, le suspense ne tient pas au-delà de la première heure du film. Certaines scènes n’apportent rien à ce dernier, notamment celles où Fabrice Luchini s’immisce, par la pensée, dans l’histoire que raconte Claude, donnant son avis sur les rôles que le jeune homme fait tenir à ses personnages. Le manipulé devient le manipulateur et inversement, le lecteur acteur, et le spectateur, un peu tout cela à la fois. Certes ! Mais la salle rit à ce moment-là. Or ce n’est pas un rire d’angoisse qui interviendrait pour soulager un trop plein de tension, mais bien un rire qui exprime le grotesque car les situations dans lesquelles se retrouvent les personnages ne sont pas crédibles. Quant à la fin, elle m’a remémoré celle du film Profs de Patrick Schulmann, sorti en 1985, avec déjà Fabrice Luchini, interprétant un prof d’arts plastiques. Je ne vous la raconterai pas mais je la trouve pathétique. Pour moi, Dans la maison ne tient pas ses promesses, François Ozon n’a pas su choisir entre le thriller et le traitement humoristique. Dommage !

Pour voir la bande-annonce, c’est par là…

 

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