La dame de fer

La dame de fer de Phyllida Lloyd

J’ai longtemps hésité à aller voir le film de Phyllida Lloyd consacré à Margaret Thatcher, influencée que j’étais par les critiques lues ici et là. La plupart mauvaises. Et pourtant. Phyllida Lloyd a fait le choix de se concentrer sur la femme plus que sur le Premier ministre, sur son intimité plus que sur son action politique. Si l’angle peut surprendre étant donné le rôle que Margaret Thatcher a joué onze années durant en Grande-Bretagne, privatisant à tout va, libéralisant l’économie avec force, stigmatisant ceux qui vivent des allocations versées par l’Etat (tiens, cela me rappelle quelqu’un !), il n’en est pas moins intéressant. C’est une Margaret Thatcher retraitée et affaiblie par la maladie que nous retrouvons dès le début du film. Dans sa maison gardée par des agents de sécurité, une foule d’objets l’entourent. Tous ont une histoire qui sont prétextes à raconter son histoire. Fille d’un épicier membre du parti conservateur, Margaret Roberts a grandi dans le dogme du « quand on veut, on peut ». Intransigeante avec elle-même, elle l’est aussi avec les autres, y compris ses propres enfants. Seul compte l’atteinte de l’objectif. Une ligne de conduite qui fonctionne puisqu’elle sera la première femme du monde occidental à devenir Premier ministre. Elue en 1979 à la tête d’une Grande-Bretagne exsangue, elle incarnera un temps la figure du changement, capable de relancer l’économie. On connaît la suite. Inflexible et volontiers cassante, elle finira par être poussée dehors par les membres de son propre parti. C’est cela que donne à voir La dame de fer mais sans doute pas dans les proportions qu’auraient espérées les détracteurs du film. Si Phyllida Lloyd évoque les nombreuses et violentes manifestations qui ont eu lieu en Grande-Bretagne durant le mandat de Margaret Thatcher tout comme la guerre des Malouines ou encore l’entêtement du Premier ministre à poursuivre sa politique de libéralisation de l’économie, hermétique aux critiques, sourde aux grévistes de la faim qu’elle laissera mourir, la réalisatrice s’attarde aussi beaucoup sur la relation qu’entretenait Margaret Thatcher avec son mari, Denis. Un homme qui, dès son mariage, s’est effacé pour permettre à sa femme de faire carrière en politique. Certains critiques ont dénoncé ce parti pris, craignant que ce film ne rende sympathique une femme qui, certes s’est hissée au plus haut rang de la classe politique à force de volonté et d’intelligence, mais a fait beaucoup de mal à son pays. Pour ma part, La dame de fer ne me rend pas sympathique Margaret Thatcher mais me permet de mieux comprendre sa politique. La rigidité est dans sa nature et la fidélité morale au père, une exigence. Cela n’excuse rien mais aide à comprendre. Je terminerai par celle qui incarne à l’écran Margaret Thatcher. Meryl Streep est tout simplement phénoménale dans ce rôle. Les Américains ne s’y sont pas trompés d’ailleurs puisqu’elle a reçu, pour ce rôle, l’Oscar de la meilleure actrice le 26 février dernier.

Et maintenant la bande annonce…

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