Mortes-eaux

Mortes-eaux de Donna Leon

Ce n’est pas à Venise qu’a lieu cette nouvelle enquête du commissaire Brunetti mais à Pellestrina, une petite île située en face de la lagune vénitienne. Deux pêcheurs y sont retrouvés poignardés dans leur bateau, qu’on a pris soin d’incendier et de couler. Arrivé rapidement sur place, Guido Brunetti ne tarde pas à comprendre qu’un code de loyauté relie tous les pêcheurs entre eux. Pas un ne parle et encore moins à la police. Le commissaire décide alors de missionner sur place et incognito, Elettra, sa secrétaire. Habituée des lieux, il pense comme cette dernière qu’elle n’aura aucun mal à obtenir des informations. C’était sous-estimer les pêcheurs de palourdes. Un polar encore une fois rondement mené et un suspense qui monte au fil des pages. Ci-dessous une étude de caractère que j’ai particulièrement appréciée, celle de la voisine fouineuse.

Extrait, page 184 : « Personne ne répondit quand il frappa aux portes des deux maisons suivantes ; manque de réaction pouvant être dû à l’absence, mais aussi à un choix réfléchi. La troisième en revanche, s’ouvrit alors qu’il avait à peine fini de frapper, et offrit ce que Brunetti crut être, sur le moment, le rêve de tout policier qui enquête : la voisine fouineuse. Il la reconnut du premier coup d’œil à ses lèvres serrées, à ses yeux scrutateurs et à sa posture, légèrement inclinée vers l’avant. Un vrai prototype. Elle avait beau ne pas se frotter les mains, elle n’en donnait pas moins l’impression, par son sourire avide, d’éprouver une grande satisfaction : enfin quelqu’un qui allait partager son horreur scandalisée des actes terribles dont ses voisins s’étaient rendus coupables. Elle avait les cheveux ramassés en un petit chignon sur la nuque, les mèches récalcitrantes étant retenues par une pommade graisseuse parfumée. Si elle présentait un visage aux traits aigus, elle était par ailleurs rondelette, sa taille et ses hanches ne faisant qu’un. Par-dessus une robe noire que l’âge et de multiples lavages avait rendue verdâtre, elle portait un tablier souillé qui, des années auparavant, avait dû présenter un motif floral ». Donna Leon.

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Classé dans Les critiques, Les extraits

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