Un été sans les hommes

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

Mia, 55 ans, décide de quitter New York le temps d’un été pour se mettre à l’abri de la vie qui la chahute et de son mari Boris dont elle vient de découvrir qu’il entretient une liaison avec une jeune femme. Profondément meurtrie, elle loue une maison dans un petit village du Minnesota où sa mère vit, avec quatre autres amies, dans une maison de retraite. L’occasion pour elle de s’interroger sur son couple et sa vie de femme, sur les relations hommes / femmes mais aussi sur le temps qui passe et les outrages qu’il inflige aux êtres. Son été s’égayera cependant grâce à l’atelier de poésie qu’elle met en place et auquel sept adolescentes du village participent…

Lors de la sortie de ce livre en France en mai dernier, les critiques n’ont pas tari d’éloges, valorisant ici la tentative de définition du féminin sans pour autant l’opposer au masculin, mettant en exergue là la sensibilité avec laquelle Siri Hustvedt, par ailleurs femme de Paul Auster, explore la capacité des êtres humains à se reconstruire, après un traumatisme. Tout y est certes. Mais je me suis personnellement ennuyée durant les 100 premières pages, malgré des passages merveilleusement bien écrits. Ce sont, je crois, ses digressions poétiques et psychanalytiques régulières, interrompant le fil de l’intrigue, qui m’ont agacée. Sans doute parce que je ne suis pas une grande amatrice de poésie. La fin du roman est cependant touchante, sensible, pleine d’humanité.

Extrait, page 13 : « Quelques temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas dit : Je ne veux plus jamais te revoir, ni : C’est fini, mais, après trente années de mariage, pause suffit à faire de moi une folle furieuse dont les pensées explosaient, ricochaient et s’entrechoquaient comme des grains de popcorn dans un four à micro-ondes. J’étais arrivée à cette lamentable constatation alors que je gisais sur mon lit dans l’aile sud, si alourdie par le Haldol que bouger m’était odieux. Les cruelles voix rythmées s’étaient adoucies, mais elles n’avaient pas disparu et lorsque je fermais les yeux je voyais des personnages de dessin animé courir à toute vitesse sur des collines roses et disparaître dans des forêts bleues. A la fin, le Dr P. posa son diagnostic : je souffrais d’une « crise psychotique », appelée parfois « bouffée délirante », ce qui signifie que vous êtes réellement fou mais pas pour longtemps. Si cela dure pendant plus d’un mois, une autre appellation s’impose. Il semble qu’il y ait souvent un déclencheur – dans le parler psychiatrique, un « stresseur » – à l’origine de ce genre d’affection. Dans mon cas, c’était Boris, ou plutôt l’absence de Boris, le fait que Boris s’accordât une pause. » Siri Hustvedt.

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Classé dans Les critiques, Les extraits

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